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Joey Kirks
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Re: L'Archipel du Dingue

le Dim 20 Mai - 11:43
Les soeurs Bolboreta regardaient les deux Stalkers avec un air attristé. C'était bien ça, une famille. Un lien de sang et de souffrance qui ne cesse que par accident. Il y avait presque quelque chose d'ironique dans ce spectacle, deux familles qui se détruisaient. Eleanor lança un rapide coup d'oeil vers sa soeur. Depuis qu'elle était condamnée par le poison, la femme-Charmillon sentait bien qu'Eleador était en proie à un stress immense, à une angoisse qui la rongeait. Elle se mit à se mordiller les lèvres, du moins ce qu'il en restait. Elle devait faire attention. Si Eleador commençait à s'identifier aux deux Stalker alors le combat serait fini, elles n'auraient plus aucune chance de gagner. Si elle y voyait le reflet de leur histoire...


??? : Vos émotions seront toujours vos plus grands adversaires dans une bataille.


Eleanor prit une profonde inspiration. Ce genre de préceptes lui revenaient souvent, comme des flash, lors de combats importants. Elle savait que c'était le cas pour sa soeur aussi. Malgré l'agitation de ses pensées, ces règles mainte fois entendues prenaient toujours le dessus sur leur volonté. Ce triste spectacle de deux soeurs en détresse la désolait, mais elle ne se sentait pas coupable. La perte du bras de Violetta n'était pas sa faute, tout comme elle ne pouvait leur en vouloir pour la mort certaine qui allait bientôt la frapper. Ce ne sont que des scènes du quotidien dans cet horreur perpétuel qu'est la guerre. Elles finiraient toutes broyées par cette machine implacable. Elle tenta de regarder sa soeur de manière à la rassurer. Son visage aurait dû la terrifier mais la peur de la perdre était bien plus forte.

Eleador regardait la scène en tremblant jusqu'à percevoir les yeux de sa soeur. Elle lui faisait tellement de peine... Lentement, elle calma sa respiration. Elle devait réagir. Vite. Si elle n'analysait pas la situation, elle savait que ce n'était pas Eleanor qui le ferait à sa place. Ses pupilles bougeaient sans cesse de gauche à droite, comme si elle lisait, passant rapidement de Violetta à Marisa. La femme-Rafflesia était mal en point ; c'était le bon moment pour attaquer. Encore fallait-il y arriver. L'aura jaune et menaçante de la femme-Joliflor devenait de plus en plus pesante... Elle savait que ce sourire n'était qu'une façade. Il y avait une certaine force là dedans, elle aurait aimé pouvoir se contenir aussi facilement. Elle lança un regard entendu à Eleanor et les soeurs Bolboreta acquiescèrent en même temps. Elles n'avaient pas vraiment d'autre choix. Sa priorité restait de sauver sa soeur... Et elles n'avaient sûrement pas besoin de la femme-Joliflor pour cela.

Eleador : Cette détermination est magnifique... Vous êtes une vraie famille, comme nous...


Elle prit une profonde inspiration et souffla alors une épaisse fumée mauve qui s'éleva pour former un épais nuage au-dessus du champ de bataille. Eleanor regardait tristement ce qui se déroulait sous ses yeux. Si sa soeur s'apprêtait à faire ce qu'elle pensait... De la poudre se mît à tomber du nuage, des spores oranges, verts, bleu... C'était un spectacle magnifique et terrifiant à la fois. La femme-Charmillon lança un regard inquiet vers sa soeur.

Eleador : Mais ce n'est pas pour ta sœur que tu devrais t'inquiéter le plus.

Eleanor prit sa lance à deux mains et la dirigea vers le nuage. Elle savait que sa soeur n'était pas au plus haut de ses capacités, mais elle s'inquiétait tout de même. Si Eleador devait finir le combat seule, alors il fallait qu'elle se ménage pour passer ensuite aux choses sérieuses. De toute façon, ce nuage n'était qu'une tentative désespérée : Violetta pouvait sûrement protéger Marisa des spores... A moins qu'elle n'intervienne. Après avoir dirigé la lance vers le nuage, elle la porta vers elle et l'utilisa à nouveau comme une paille, aspirant chaque spore et même le nuage. Son corps chancela un instant. Elle sentait sa faiblesse. Elle venait de raccourcir le peu de temps qui lui restait encore avec Eleador, mais c'était pour son bien. Sa lance, auparavant d'un noir de jais, était maintenant teinté des couleurs du nuage et des spores. La femme-Papinox lança un regard paniqué à sa soeur, comme si elle ne comprenait pas vraiment ce qu'elle voulait faire. La femme-Charmillon lui sourit faiblement.

Eleanor : Désolé, petite soeur... Les Bolboreta sont des êtres éphémères.

Eleador ferma douloureusement les paupières. Elle ne savait pas si sa soeur allait survivre ou pas, mais elle savait ce qu'elle devait répondre. Elle lui sourit et déclara haut et fort, d'une voix noyée par les larmes


Eleador : Ils ne sont jamais aussi beaux que dans la mort.

Eleanor acquiesça avec son plus beau sourire, un sourire tragique mêlé d'espoir et de crainte, d'amour et de résignation. Une multitude de reflets apparurent alors. La femme-Charmillon semblait omniprésente tant son image était partout. Dans une harmonie et une cohérence spectaculaire, ils effectuèrent tous les mêmes mouvements, comme s'il s'agissait d'une immense chorégraphie, une danse funèbre et guerrière où les Charmillons bougeaient avec une vitesse et une précision déconcertante qui aurait donné le tournis à n'importe quel spectateur. Alors qu'elles couraient toutes autour des deux soeurs Stalker, toutes les Charmillon explosèrent dans une nuée de couleurs et de spores qui semblaient plus être là pour aveugler que pour attaquer. Il n'en restait alors plus qu'une qui, à travers le bruit des explosions, surgit du brouillard multicolore pour projeter sa lance vers le torse de la femme-Joliflor

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Annie Panda
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Re: L'Archipel du Dingue

le Dim 20 Mai - 23:19
Marisa et Violetta restèrent figées de longues secondes face au nuage de spores qu'avaient provoqué leurs adversaires. Le spectacle était magnifique, cependant, en cet instant, les pensées des deux sœurs étaient ailleurs, leur yeux brillant en voyant ce véritable florilège de couleurs, leur rappelant toutes les deux en même temps cet instant qu'elles avaient autrefois partagées devant ce feu d'artifices. Elles furent cependant coupées dans leurs pensées quand le dit nuage fut absorbé rapidement par la lance d'Eleanor. Alors que leurs rêves se faisaient progressivement absorbés par l'arme de leur adversaire, par le fléau de la guerre, révélant de nouveau les pâturages sinistres de cet archipel. Marisa profita de ce court instant pour lancer un nouveau regard à Violetta, cette dernière ne sachant plus quoi dire.

-Marisa : On dirait qu'elles envoient vraiment le paquet ce coup-ci, reste en retrait ~

-Violetta : Sœurette... ?

-Ne t'inquiète pas, je t'ai fait une promesse, je compte bien la tenir !


Les sœurs Jünmager étaient liés par un lien très puissant entre leurs deux regards en cet instant. Marisa avait son plus grand sourire, et l'air le plus rassurant qui fut. Et ce fut exactement pour cette raison que Violetta se mit à trembler. Car c'était le sentiment qui ressortait plus que jamais de leurs yeux en cet instant, tels deux miroirs se réfléchissant éternellement. La même peur pétrifiante qu'elles vivent depuis des années déjà.

*Je ne veux pas te perdre !*

Des dizaines d'Eleanor apparurent alors autour d'elles telles des reflets, entamant une chorégraphie funèbre pour perturber les Jünmager. Mais alors que Violetta restait au sol en retrait comme on lui avait demandé, Marisa se mît à danser également, tournoyant dans tous les sens, son fouet entamant lui-même une chorégraphie aux courbes sublimes, le fouet s'illuminant de plus en plus.

-Marisa : Cesse de tourner autour du pot, je t'attends, Eleanor Bolboreta !

Soudain, tous les reflets explosèrent en des dizaines de spores, aveuglant les deux Stalkeuses alors qu'Eleanor en profitait pour surgir et attaque Marisa. Cette dernière ne paniqua cependant pas, les yeux fermés alors que son fouet semblant grandir de plus en plus, tel un ruban de danseuse, frottait légèrement avec l'air. Concentrant alors tous ses sens sur les mouvements de son arme, la femme Joliflor put sentit l'air se perturber à un endroit précis, et fronça immédiatement les sourcils, interrompant sa joyeuse danse pour abattre d'un seul coup brusque son fouet dans cette direction. Le coup fut d'une telle puissance lorsqu'elle claque de plein fouet sur la lance d'Eleanor, qu'une bourrasque d'air se propulsant depuis les deux combattants dissipa immédiatement les spores dans les airs après la diversion, et repoussa de plusieurs mètres en arrière Eleador et Violetta. Debout l'une face à l'autre, leurs auras éclatant de plein fouet alors que leurs regards se dévisageaient. Elles étaient toutes les deux emplies de détermination et d'un désir de protection intense, sachant qu'elles ne devaient pas reculer.

Car si elles ne faisaient pas ce qu'il y avait à faire, leurs sœurs respectives mourraient. Et il n'y avait aucune chance que cela arrive.


-Marisa : Je vais t'empoisonner jusqu'à ce que tu te décides à tomber ! Quelque soit le nombre de coups qu'il faudra !

En cet instant si court et pourtant si intense pour les combattantes, et alors que Violetta et Eleador n'avaient même pas encore eu le temps de se remettre de la bourrasque et de commencer à se relever, Marisa et Eleador se mirent à s'affronter en un duel frénétique. Tel un concours de danse dont dépendrait leur avenir, les deux femmes bougeaient dans tous les sens, l'une faisant claquer son fouet et l'autre pointant sa lance, chacun cherchant à atteindre l'autre. Toutes deux avaient une arme empoisonnée et mortelle, elle le savaient, et même sans ça, les dégâts d'une telle puissance déchaînée seraient inimaginables. Mais elles ne s'arrêtaient et ne paniquaient pas pour autant. Et leurs pensées et motivations résonnaient dans leur tête à chaque coup esquivé et rendu.

Elles survivraient.

Leurs soeurs allaient survivre.

Tout ceci finirait bien.

Elles se l'étaient promis.

Cela ne pouvait pas finir... Pas ici !


-Eleanor : Lance-Soleil !

Marisa écarquilla les yeux de surprise, Eleanor balançant un Lance-Soleil à bout portant tout d'un coup, malgré la vulnérabilité que ça lui impliquait. La femme Joliflor eut d'abord le réflexe d'esquiver, mais compris vite pourquoi la Charmillon avait fait ça. Dans son angle, juste derrière elle, se trouvait Violetta encore en train de se relever. C'était elle la vraie cible, et que Marisa esquivait ou non, cela ne changeait rien. Marisa grimaça et se mordilla la lèvre, et sans hésiter un instant, au lieu d'esquiver, donna un grand coup de fouet en direction de la rebelle. Le Lance-Soleil jaillit alors soudainement, légèrement dévié par l'influence de la jeune Joliflor, et s'élança dans le vide, passant à quelques décimètres seulement de Violetta. Celle-ci était pétrifiée, encore sous le choc de l'attaque l'ayant frôler de si peu, et regarda en direction de sa sœur. Elle aurait voulu la remercier, mais aucun mot ne pouvait sortir de sa bouche. Pas maintenant.

-Marisa : Dis, Eleanor...

La femme Joliflor était debout, mais avait un immense trou brûlé dans son corps, ayant perdu la moitié de son torse et son bras gauche,  du sang dégoulinant rapidement de sa bouche, alors que face à elle, Eleanor avait une immense plaie profonde le long du torse, laissant même voir ses os.

-Je me demandais... Si on était de bonnes, ou de mauvaises sœurs... pour elles...

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Re: L'Archipel du Dingue

le Mar 22 Mai - 14:26
Un souvenir la hantait. Le premier souvenir peut-être. Eleanor ouvrait les yeux, blottit contre sa sœur dans le lit de sa chambre. Elle ne se souvient plus de l'âge qu'elle avait. Mais c'est sans importance. Les Bolboreta ne font pas attention à leur âge, question de principe... Même une enfant comme elle le sait. Elle se réveille et s'attend à voir le visage de sa soeur Chenipotte. Elle se réveille et pousse un cri strident. Les beaux cheveux rouge de sa soeur sont devenu mauve en l'espace d'une seule nuit et son corps était comme momifié d'un épais tissu de la même couleur, qui ne laissait qu'apercevoir un œil rouge sang. Un œil vidé de vie et d'émotion. Alertée par le cri de la petite Chenipotte, une jeune femme-Charmillon d'environ 25 ans se précipite dans la chambre. Elle qui avait d'habitude un visage si strict et le regard si froid a alors son visage qui s'illumine d'un grand sourire. La petite Chenipotte est perdue. C'est peut-être la première fois qu'elle voit sa mère sourire.

Eleanor : Mais maman, pourquoi tu souris ? Elle est... Elle est toute mourue !

Sa mère rit doucement avec grâce et délicatesse. Elle ne l'a jamais vue aussi heureuse et aussi belle. Pourtant, elle n'arrive pas à partager ce moment avec sa mère ; elle sait qu'elle n'est pas au centre de l'attention. La belle femme-Charmillon se penche vers le lit et, comme si Eleanor n'existait pas, elle prend le corps d'Eleador dans ses bras et la porte. Celle-ci ne réagit pas et ne bouge pas d'un pouce.

-Ta soeur grandit c'est tout... Elle est vulnérable mais bien vivante. Elle évolue, elle.

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Eleanor est presque essoufflée d'avoir suivi sa mère. Le manoir des Bolboretta était immense : il fallait plusieurs minutes pour passer de sa chambre à la cour intérieure ou sa grand-mère, une femme Papinox qui atteignait presque l'âge vénérable de quarante ans, était assise en tailleur au milieu du jardin entre trois grandes stèles ou étaient gravés les noms de leurs ancêtres. Eleanor savait qu'il y avait quelque part le nom de son père et de sa grande-tante, mais elles n'auraient pas su dire où exactement. Elle avait l'habitude de voir sa grand-mère prier ici. Des centaines de papillons volaient autour d'elle. Son visage, si sévère et froid lorsqu'elle regardait sa fille, devenait doux et chaleureux dès qu'elle voyait les jumelles. La femme-Charmillon déposa le corps d'Eleador devant elle. La femme-Papinox alluma sa pipe, tira une longue bouffée et examina la fille-Blindalys. Un doux sourire illumina son visage.



-Bravo, Eleana. Ta fille va bientôt devenir une grande guerrière...

Eleanor : Et moi alors ? C'est moi l'aînée ! De dix minutes en plus...

La fillette soupira. Elle aurait tout fait pour être à la place de sa soeur... Elle la détestait presque pour ça. La grand-mère se mît à rire en voyant la Chenipotte bouder.


-Les enfants se précipitent sans cesse tandis que les vieillards voudraient rattraper le temps... Les Bolboretta sont des êtres éphémères ma chérie. Ils évoluent, grandissent et dépérissent à une vitesse vertigineuse. Ton temps viendra aussi... Ne te hâte pas trop. Vous serez toutes les deux de belles guerrières, de grandes Bolboretta !

Son ton se fît plus dur et amer, alors qu'elle déclarait :

-Pas comme votre mère.

Celle-ci baissa les yeux, regardant Eleador en se mordant la lèvre inférieure. La honte rongeait son coeur. Eleanor le sentait mais elle ne pouvait pas savoir pourquoi.

Eleanor regardait sa soeur endormie. Elle se demandait si elle aussi aurait des cheveux mauve comme cela... C'était injuste qu'Eleador soit la première. Elle prendrait sa revanche.


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Eleana : Bravo, Eleador ! Tu as encore battue ta sœur !

La fille-Papinox était encore félicitée par sa mère. Elle avait pourtant l'air totalement indifférente. Elle regardait sa soeur, au sol, sur le dos... La fillette-Charmillon n'était pas blessée heureusement, elles ne se battaient qu'avec des bâtons. Il ne s'agissait que d'entraînement après tout. Sans même faire attention aux paroles de sa mère, Eleador jeta son bâton au sol et alla aider Eleanor à se relever. Cette dernière n'osait même pas la regarder dans les yeux.

-Et toi, Eleanor... Quelle faiblesse, quelle honte ! Tu dois surpasser ta soeur, tu es l'aînée. Tu m'entends ? Sinon Shibusen ne voudra jamais de toi.

Elle hocha docilement la tête en écoutant sa mère. Surpasser sa soeur... Surpasser sa soeur et enfin exister aux yeux des Bolboretta... Surpasser sa soeur et vivre.


Dernière édition par Joey Kirks le Sam 26 Mai - 19:50, édité 2 fois

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Re: L'Archipel du Dingue

le Sam 26 Mai - 16:00
La famille Balairina était la famille la plus influente et puissante de l'archipel Blumm depuis des générations. Très matriarcale, la famille tournait autour de ses membres féminins, de magnifiques femmes Joliflor, suivies dans l'ombre par les mâles, des hommes Rafflesia, tous globalement en retrait par rapport à elles. Plutôt pacifique dans l'âme, cette famille ne se basait pas sur leur force militaire, mais plutôt sur leur forte pression social et diplomatique, usant de leurs relations et de leur charisme pour arriver à leurs fins. Même quand la situation devenait trop tendue pour être résolue par de simples mots, et que la force devenait nécessaire, les Balairina faisaient alors appel aux autres familles nobles de l'archipel qui suivaient leurs ordres, des familles souvent composées de guerriers ou d'assassins à leur service. La dernière dirigeante en date de cette famille était Angelina Bailarina, une quarantenaire Joliflor à la beauté et à l'intelligence incontestées dans le milieu. Elle possédait au total que deux filles jumelles, qu'elle gardait cependant dans l'ombre le temps de leur éducation et de leur développement personnel, la tradition voulant qu'elles ne fussent révélées au grand public qu'à leur majorité. Vivant dans un immense manoir verdoyant, aux milles et un jardins, et étant accompagnée de familles servantes très fidèles, la famille Bailarina vivait à part de ce monde, dans une bulle qu'Angelina leur dédiait pour que rien ne puisse venir troubler la paix de ses filles.

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-Marisa : Mère, mère, regardez le mouvement de danse que le professeur Sanderina vient de m'apprendre !

Une jeune et rayonnante adolescente Joliflor, d'environ seize ans, était entrée en trombe dans le bureau principal du manoir, celui de sa mère, Angelina Bailarina. Cette dernière était tout aussi belle que sa fille, mais à sa façon. N'ayant pas pris une ride, Angelina avait tout d'une femme Joliflor charismatique, maternelle et pleine d'assurance, alors que les rayons de lumière filtrant à travers la baie vitrée derrière son bureau, donnant sur l'une des plus grandes serres du manoir, rebondissaient sur elle comme un miroir, la faisant briller de mille couleurs, avec un côté presque mystique et inatteignable. Elle regarda avec un sourire sympathique et compréhensif sa fille, regardant avec attention ses pas de danse alors qu'elle était en pleine paperasse avec son mari, un homme Rafflesia beaucoup plus effacé et notoire, mais semblant en complète alchimie avec sa femme. Angelina eut l'air ravie en voyant les pas de danse gracieux et envoûtants de Marisa, son regard empli de fierté.

-Angelina : Effectivement, ma fille, vous avez appliqué son cours à merveille ~~

-Marisa : Avec ça, il ne fait aucun doute que je vais faire craquer tous les hommes de l'archipel, n'est-ce pas ? Vous verrez, pas un ne me résistera !

-Angelina : Huhu, voyons, Marisa... Etre à la hauteur de ses prétendants ne se suffit pas à quelques pas de danse... Ce qui compte, c'est le caractère... Mais je suis confiante également, là-dessus. Vous êtes si rayonnante, joviale, extravertie, tout ce que je pouvais rêver de mieux... ~~

-??? : Madame Bailarina !


Une femme Parasect arriva en toute urgence dans la pièce, à la suite de Marisa, avec une information clairement importante sur le cœur. Elle faisait partie d'une des familles servantes du manoir, celle en charge... Du développement des enfants.

-Angelina : Que se passe-t-il ? Ne me dîtes pas que...

-Parasect : Si, madame, Violetta a évolué !

-Marisa : Vraiment ?! Hihihi, enfin, je savais qu'elle y arriverait ! Je vais la féliciter de suite !

-Parasect : Attendez, mademois...


La servante n'eut pas le temps de rajouter quoique ce soit, la jeune adolescente étant déjà partie en trombe voir sa sœur jumelle aussi promptement qu'elle était arrivée dans ce bureau. La Parasect soupira, et s'approcha à la place d'Angelina, lui chuchotant quelque chose à l'oreille qui fit écarquiller les yeux à la maîtresse du manoir. Marisa, elle, était aux anges alors qu'elle courrait dans les couloirs, sachant parfaitement où trouver sa sœur. Dans la famille Balairina, les évolutions des filles se faisaient particulièrement tôt, et se soldaient toujours par une évolution en Joliflor, pour une bonne raison : Le contexte. Dès leurs évolutions en Ortide, les jeunes filles de la famille étaient isolées du reste, et confiées à la famille Sectina, la famille servante des Parasect. Cette dernière utilisait ses spores et des potions pour créer un climat parfait à l'évolution, où les jeunes filles étaient chouchoutées dans un confort et une isolation du reste du monde parfaite afin de devenir les plus magnifiques qu'il fut possible. Ainsi, Marisa avait fait son évolution sans difficulté, Violetta ayant un peu de retard sur elle. C'était apparemment dû à leurs caractères respectifs, l'une étant sans contexte bien plus confiante et sociale que l'autre, au point d'inquiéter un peu la famille Parasect. Mais finalement, elle avait évolué. Marisa était emplie de joie pour elle, sa sœur lui ayant énormément manquée. Il lui tardait de l'inviter à danser avec elle, dans leurs belles tenues assorties, et de parler des jolis jeunes servants avec elle. Après tout, tout se passait toujours bien pour elles, dans ce manoir. L'adolescente Joliflor rentra en trombe dans la pièce d'évolution, l'air plus enthousiaste et heureuse que jamais.

-Coucou Violetta ! C'est pas trop tôt, je t'ai presque attendue ! Je plaisante bien sûr ! Je savais que tu y arri... Violetta ?

Le sourire et l'enthousiasme de Marisa disparurent rapidement, laissant place à un visage déconfit et choqué, face à sa soeur, assise pliée dans un coin de la pièce, en train de pleurer. Elle n'avait pas de jolies cheveux avec des fleurs comme Marisa, ni un beau teint rayonnant, ni une tenue d'été affriolante. Non, elle était... différente. Elle était une Rafflesia.

-Marisa : Vi... Violetta... Tu es...

-Violetta : Désolée, sœurette... Je suis désolée... J'ai échoué...


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Plusieurs mois avaient passé depuis cette évolution. Marisa et Violetta étaient toutes deux sur l'escalier d'un des couloirs du manoir, la fille Joliflor coiffant les cheveux à sa sœur qui restait immobile, un peu crispée. Comme à son habitude, Marisa blablatait sans s'arrêter, l'air totalement détendu et jovial, là où Violetta était toute gênée et timide.

-Marisa : Et là, madame Sanderina me dit : "Tu bases trop tes mouvements sur tes fesses, là où tu devrais le baser sur tes hanches !", mais elle est marrante, ma tenue ne m'aide pas dans mes mouvements ! Même dans les cours de défense, elle me gênait tout le temps déjà !  C'est facile pour elle, sa tenue est parfaite pour ce qu'elle fait, c'est basé sur la souplesse et non sur l'élégance, elle ne peut vraiment pas comprendre !

-Violetta : Hmm... Te plains pas, toi tu arrives à danser au moins...

-Marisa : Roh, t'inquiète pas ! Tu as juste un style différent que la prof n'arriva pas à concrétiser ! Depuis des décennies elle a toujours fait cours qu'à des Joliflors et à sa propre espèce, normal qu'elle ait besoin de temps pour trouver son propre style !

-Oui, donc c'est bien de ma faute... Parce que je suis différente...

-Marisa : Roh, tout de suite ! Tu n'es pas différente, tu es unique ! La première femme Rafflesia de la famille depuis trois générations, c'est un exploit voyons ! Tu vas marquer l'histoire, tous les hommes ne voudront que toi car tu changeras des autres, je te le garantis !

-Violetta : Si tu le dis... Oh ?


A ce moment là, leur mère approcha du bout du couloir, passant à côté d'elles. Elle était accompagnée d'une autre personne, que Marisa ne connaissait pas, sûrement pour le travail. Les deux jumelles levèrent leur regard vers elle, Angelina les regardant à son tour.

-Marisa : Bonjour, mère !

-Violetta : Bonjour, mère...

-Angelina : ... Bonjour Marisa. J'ai une réunion importante, je ne peux m'attarder ici, on parlera après  ~~


La femme avait toujours son air bienveillant et maternel au regard, si charismatique. Et pourtant, malgré toute sa sympathie envers Marisa, le mépris qu'elle exprima à ce moment-là pour Violetta était omniprésent et brutal. L'adolescente Rafflesia baissa les yeux, l'air honteuse et penaude, alors que Marisa continuait à sourire à sa mère alors qu'elle s'éloignait. Mais derrière son sourire, elle se sentait mal pour sa sœur. Elle essayait sans cesse de rassurer cette dernière, mais c'était un fait : Leur mère détestait Violetta, comme une grande partie du manoir. Seul leur père, de part sa condition, continuait à lui offrir son amour. On ne maltraitait pas la jeune fille pour autant, et on lui assurait toujours son éducation. Mais depuis son évolution, Angelina n'avait plus une seule fois accorder de l'importance ou un sourire à Violetta, et les deux sœurs savaient parfaitement pourquoi. Violetta regarda le sol, la tristesse se lisant sur son visage. Le sourire de Marisa eut un petit rictus, et elle posa sa main sur le dos de sa sœur pour la réconforter.

-Marisa : Roh ne t'inquiète pas, ça va passer, il lui faut juste un peu de temps !

-Violetta : Arrête, ne te fais pas du mal... Tu sais très bien que ce n'est pas vrai...

-... Tu as raison, tiens ! Je ne vois pas pourquoi il faudrait du temps ! Je vais aller lui parler maintenant et lui dire deux mots ! Elle n'a pas à te traiter comme ça ! Ne t'inquiète pas, tout va s'arranger, soeurette !

-Tu dis ça à chaque fois, Marisa... A chaque fois...

-... A tout de suite, je reviens ! ~~


Gardant son faux sourire, Marisa partit en courant vers le bureau de sa mère, laissant Violetta sur place alors qu'elle déprimait. Sa sœur avait raison. A chaque fois que Marisa avait voulu la défendre, cela se soldait par un échec. Mais elle ne pouvait pas abandonner, c'était tout ce qu'elle pouvait faire. Et puis, elles vivaient dans d'excellentes conditions, cela ne pouvait que s'améliorer avec le temps.

-??? : Je vois que nous avons trouver un arrangement !

Alors que Marisa arrivait devant le bureau, elle s'arrêta soudainement en entendant cette voix à l'intérieur. Bizarrement, elle n'aimait pas du tout ce timbre de voix, il ne lui inspirait guère qu'un mauvais pressentiment. Elle eut alors une drôle d'hésitation, et décida d'épier la conversation plutôt que l'interrompre. Ses deux parents parlaient avec la femme inconnue de tout à l'heure, étant d'une espèce que Marisa, elle s'en rendait seulement compte, ne connaissait pas. Angelina parlait calmement, mais on sentait une certaine tension dans la pièce.

-Angelina : Effectivement... Shaymin, c'est cela ? Nous ne voulons poser aucun problème dans ce conflit mondial, ce n'est pas notre raison d'être. Nous vous fournirons toutes les ressources demandées comme prévu.

-Shaymin : Parfait ! Je suis contente que cela vous convienne ! Mais n'oubliez pas le plus important ! Nous voulons aussi votre garantie que lors de leur majorité, vous nous offrirez en offrande l'une de vos filles ~~


Marisa écarquilla les yeux en entendant cela, ne comprenant plus ce qui se passait. Tout cela n'avait aucun sens. Tout ce qu'elle pouvait, c'était regarder sa mère en espérant qu'elle refuserait. Qu'elle mette à la porte cette pimbêche. Qu'elle soit la mère qu'elle avait toujours crû avoir. Mais la vérité était tout autre, et son sang se glaça. Malgré l'air en désaccord de son mari, Angelina soupira et répondit finalement froidement à la dénommée Shaymin :

-Angelina : Si la survie de ma famille en dépend, très bien. Mais n'oubliez pas, ça devra être la Rafflesia.

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Re: L'Archipel du Dingue

le Dim 27 Mai - 13:49
https://www.youtube.com/watch?v=10A5egJh6OQ


Eleanor et Eleador se faisaient face dans la salle de combat du manoir. C'était une salle en retrait par rapport au manoir, en cas d'incident. Eleanor contemplait la salle d'un air impressionnée. C'était la première fois qu'elle y mettait les pieds. D'habitude, l'entraînement avait lieu dans la cour intérieure. Alors qu'elle marchait sur le plancher glacial, elle se demandait combien de ses ancêtres s'était rendu ici pour devenir de grands guerriers, afin de rejoindre Shibusen. Elle entendait les cris de ses ancêtres, elle voyait le sang des Bolboreta tâcher le sol... Son imagination exaltée fût interrompue lorsqu'elle vît sa grand-mère assise sur un cousin de soie, en retrait, pour assister au combat. La fille-Charmillon prit profondément sa respiration. Elle savait que sa grand-mère ne faisait aucune différence entre les deux fillettes. Pourtant, c'était le moment de faire ses preuves. Jusqu'ici, elle avait gagnée chaque combat de ces deux derniers mois, mais elle n'en ressentait aucune gloire. Sa mère avait décidée qu'Eleador se battrait à main nue tandis qu'elle continuerait à utiliser son bâton ou sa lance. De plus, Eleador avait un air sombre ces derniers temps. Elle ne riait plus comme avant. Son regard s'était éteint. L'espace d'un instant, Eleanor fut prise d'une soudaine nostalgie. Elle se rappelait sa petite enfance, lorsqu'elle n'était qu'une petite Chenipotte, tout comme sa soeur. Alors, elles riaient et couraient ensemble dans les jardins du Manoir. Elles discutaient des grandes guerrières qu'elles seraient toutes les deux... Il n'y avait aucune différence de niveau entre les deux filles à l'époque. Elles étaient chacune le reflet de l'autre. Le jour de l'évolution de sa soeur, quelque chose s'était brisée en chacune d'elle...

Sa réflexion fut interrompue par l'entrée de sa mère dans la pièce. Elle affichait un air calme et souriant, comme à son habitude. Elle tenait dans sa main une belle lance noire. L'arme d'Eleanor. La fille-Charmillon fronça les sourcils. Eleador n'avait rien d'autre que ses éventails, elle ! Ce n'était même pas des armes à proprement parler. Sa mère préparait déjà Eleador pour son entrée à Shibusen... Et elle, qu'allait-elle devenir ? Un échec, si elle ne l'était pas déjà. Alors que sa mère s'approchait pour lui donner la lance, Eleanor lui fît signe de ne pas s'approcher.

https://www.youtube.com/watch?v=Vf-GY3ezkHU&t=8s

Eleanor : Si elle n'a pas d'arme... Alors je n'en veux pas non plus.

Eleana : Tu es sûre ?

Le ton de sa mère était ferme et son regard glacé. La fillette frissonna un instant. Puis, tout d'un coup, elle s'emporta. Cette question remettait en cause tout ce qu'elle aspirait à être.

-Bien sûr que oui ! Tu vas voir... Eleador, je vais gagner ! Je vais vous montrer que la force des Bolboretta coule aussi dans mes veines. Avec ou sans armes, je vais vous montrer à tous à quelle point Eleador ne vaut RIEN face à moi !

La petite Papinox écarquilla les yeux et fut prise d'un frisson à son tour. Elle n'avait jamais vu sa sœur comme ça... Elle ne voulait pas la voir comme ça... Elle serra ses éventails, tandis que sa mère reculait et posait la lance au sol, face à elle. Elle était maintenant assise à côté de leur grand-mère, l'une toujours souriante et l'autre toujours passive, semblant plus concentré sur son thé que sur le cours des événements.

-Comme vous voulez. Ça tombe bien, ce combat sera le meilleur moyen pour vous de faire vos preuves. Si je vous amène ici pour la première fois... C'est parce que ce sera votre premier combat où vous avez le droit d'utiliser vos pouvoirs sans aucune restriction.

C'était une grande nouvelle pour les deux filles. Jusqu'ici, l'entraînement n'avait été que physique et mental... Les deux domaines où Eleador semblait meilleure. Les entraînements qui concernaient les pouvoirs des jeunes filles étaient privées et comme leur relation s'était clairement détériorée, les deux fillettes ne s'étaient jamais dits quelles étaient leurs pouvoirs depuis leur évolution. Depuis combien de temps avaient-elles évoluées déjà ... ? Aucune importance. Ce qui important, c'était ce combat où Eleanor allait montrer le fruit de tous ses entraînements. Elle se mît en garde, prêt à combattre.

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??? : Arrête ! Arrête, je t'en supplie !

La voix était déchirée par la douleur et la colère. La douleur physique et mental d'avoir perdu... La colère contre soi-même d'avoir perdu aussi facilement. La fillette-Charmillon se roulait au sol, des larmes coulaient le long de son visage cachée par ses mains. Toute la salle était couverte d'une épaisse couche noire, comme de la suie... De la même manière, le corps d'Eleanor était couvert de brûlures. Elle se roulait dans tous les sens, comme une démente.

-Ça brûle Eleador ! Pourquoi est-ce que ça brûle autant ? Je te hais, je te hais, tu m'entends ?

La fille-Papinox était tétanisée. Tout s'était passé tellement vite... Comment en étaient-elles arrivées là ? Elle voulait seulement donner tout ce qu'elle avait... Et maintenant sa sœur était dans un état pitoyable. La salle d'entraînement aussi... Elle ne comprenait même pas comment le bâtiment avait fait pour ne pas s'effondrer. Elle fut alors interrompue par un bruit d'applaudissement. Sa mère. Elle s'était protégée en combinant son attaque Abri avec celui de sa grand-mère. La femme-Charmillon courut vers Eleador et la prit dans ses bras. Son regard et ses gestes étaient plein de douceur et d'amour, une chaleur qui n'arrivait pourtant pas à atteindre la fillette qui semblait traumatisée et dont le regard restait rivée sur sa sœur en train d'agoniser.

- Tu as été magnifique, Eleador ! Une vraie Bolboretta... Oh, le recruteur de Shibusen sera si heureux lorsqu'il viendra... Tes mouvements, ta grâce, ta force... Lui aussi aimera tout ce que j'aime chez toi, tu sais ?

Le visage d'Elena se tourna vers la grand-mère qui s'avançait vers elle.

-Et vous mère, n'êtes-vous pas fière de moi ? Ma méthode éducative n'est-elle point parfaite ? N'ai-je point formée la plus belle et la plus puissante de toute les Bolboretta ? Êtes-vous aussi heureuse que moi ?

Le discours de la femme-Charmillon fut interrompue par la claque que la chef des Bolboreta venait de lui mettre. Le bruit résonna avec force dans la pièce. Le regard de la femme-Papinox était plein de reproche et de tristesse.

-Petite idiote. Tu n'as rien compris aux valeurs de notre famille.

L'honorable Papinox prit alors Eleador par la main et la tira hors de l'étreinte de sa mère. Elle se dirigea vers la fillette-Charmillon et posa sa main sur son front. Aussitôt, celle-ci tomba dans un profond sommeil. Avec une force déconcertante pour son âge, la grand-mère souleva le corps de sa petite-fille d'une main et la porta, emportant les deux enfants hors de la salle dévastée.

Il ne restait plus qu'Eleana qui poussa un long cri emplit de désespoir, comme une enfant abandonnée.


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https://www.youtube.com/watch?v=10A5egJh6OQ

Eleanor ouvrit douloureusement les yeux. Son esprit et le monde étaient flous. Elle était dans la chambre du médecin, un homme-Maskadra dont la famille soignait les Bolboreta de génération en génération. Elle reconnaissait la pièce, mais il n'était pas là. Le premier visage qu'elle vît était celui de sa grand-mère qui passait sa main dans ses cheveux. Son sourire plein de tendresse lui apparût comme un soleil que l'inquiétude voilait.


-Te voilà enfin réveillée ma chérie...

Eleanor : Grand-mère... Est-ce que... Est-ce que je me suis bien battue ?

La chef de famille fronça les sourcils l'espace d'un instant.

-Est-ce vraiment ce qui t'inquiète ? À mes yeux, tu t'es toujours bien battue. Le problème, ce n'était pas ta technique de combat, ta force ou ton agilité. Le problème c'était ton adversaire. Des sœurs ne sont pas fait pour s'entre-tuer ainsi...

Eleanor bougea avec difficulté pour se relever. Les traces de brûlures sur sa peau étaient parties. Elle se demandait combien de Soin avaient dû être utilisés pour que son corps ne soit plus marqué ainsi. Elle gardait cependant quelques cicatrices par-ci par-là... Son regard s'arrêta alors et elle fut saisie d'une profonde tristesse. Eleador se tenait appuyée sur le bout du lit, endormie. Elle était méconnaissable. Elle avait certainement maigrie car ses joues étaient creusées. Les cernes sous ses yeux trahissaient de nombreuses nuits blanche. Est-ce qu'elle avait veillée tout ce temps sur elle en attendant qu'elle aille mieux ?

-La dernière fois que je l'ai vue ainsi, c'était quand tu étais une petite Armulys. Elle a passée des jours à veiller sur toi, comme elle l'a fait cette semaine. Bien sûr, tu ne peux pas t'en souvenir. Elle était si heureuse que tu évolue et si triste à la fois de ne pas pouvoir jouer avec toi... Elle est restée à te surveiller pour être la première à te voir évoluer. Chaque jour, elle se disputait avec votre mère qui voulait la faire étudier... Elle refusait de te quitter. Cet enfant est d'une pureté...

Son regard se voila à nouveau. Elle prît la main de la fille-Charmillon et la serra contre elle. Pour la première fois de sa vie, elle voyait sa grand-mère exprimer une profonde détresse.

-Eleanor, tu dois la protéger de ce monde. Cette enfant a vite compris qu'elle ne pouvait pas compter sur sa mère. Elle n'a que nous deux et vous ne pouvez pas compter sur moi. Les Bolboreta sont des êtres éphémères et de mémoire d'homme aucun d'entre nous n'a vécu aussi longtemps que moi depuis des siècles... Bientôt, je m'éteindrai. Promet moi que tu la protégera de toutes tes forces.

Cette déclaration avait l'effet d'une tempête dans le crâne encore confus d'Eleanor. Elle ne comprenait rien... Elle serra les poings et la mâchoire tandis que des larmes coulaient le long de ses joues.

-La protéger ? Moi ? Comme si elle avait besoin de moi... C'est elle qui va te succéder, grand-mère. C'est elle la plus forte des Bolboreta.

-Regarde là et ose me répéter ce que tu viens de dire.

Un calme imperturbable se fît alors dans l'esprit de la jeune fille dès qu'elle regarda à nouveau sa sœur. Elle avait l'air si seule et désespérée, même dans un profond sommeil. Depuis combien de temps n'avait-elle pas dormi ? Pour la première fois, sa fragilité lui apparaissait de façon claire. Elle l'avait toujours vue forte, imperturbable en combat. Pourtant, ce n'était qu'une enfant qui ne survivrait pas toute seule. Comme elle. Eleador avait veillée sur elle. Maintenant, c'était à elle de le faire.
Sa grand-mère caressa sa joue et essuya ses pleurs.



-Ensemble, vous serez invincible. Ses pouvoirs sont sa force et son mental sa faiblesse. Elle n'est pas résistante émotionnellement. Toi, c'est tout l'inverse. Ta mère l'a très vite compris... C'est pour cela qu'elle ta donné mon nom. Le nom de la plus grande guerrière des Bolboreta... Eleanor.

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Re: L'Archipel du Dingue

le Jeu 26 Juil - 21:21
A peu près six mois avaient passés depuis que Marisa avait entendu les sinistres paroles de sa mère, mais dans les faits, les choses n'avaient pas vraiment changé dans la vie des jumelles Balairina. La vie suivait son cours, rien ne semblant venir perturber le cadre doux et chaleureux du manoir. Atteignant maintenant leurs dix-sept ans, bientôt dix-huit, Marisa et Violetta étaient cependant assez grandes pour prendre conscience avec du recul de ce qu'il se passait. Il y avait toutes ces rumeurs, sur le fait que le reste des archipels étaient dévastés et que la leur était une des rares à avoir survécu à ce sinistre, en grande partie grâce à l'influence de leur famille et de la prestance de leur mère Angelina. Mais dans le fond, bien qu'elle n'osait le dire à personne, Marisa savait pertinemment pourquoi ils échappaient encore aujourd'hui à tout ceci, avec uniquement quelques récoltes amoindries. Violetta...

-??? : On se concentre, Bailarina !

La jeune fille se prit alors un coup de paume de main à l'épaule, se faisant repousser fortement en arrière, la pauvre Joliflor tombant au sol les fesses la première. Elle ressentit une légère douleur et grimaça, bien que sachant pertinemment que le coup qu'elle venait de recevoir avait été retenu. Elle et sa sœur se trouvaient dans le dojo du manoir, seul endroit où toute violence était autorisée, sous le regard de quelques femmes de noblesse jugeant leurs performances dans ce cours d'auto-défense. Il s'agissait du seul moment où l'on apportait aux jeunes filles des connaissances sur le combat, afin de s'assurer qu'elles puissent se défendre un minimum le temps que les gardes viennent à leurs secours. Les situations de violence avaient beau être rares dans leurs familles, les femmes Bailarina n'étaient jamais à l'abri de l'esprit peu scrupuleux de certains prétendants mal avisés, ne prenant pas conscience de la gravité de leurs actes, et l'objectif de ce cours restait avant tout de limiter les pots cassés. Le professeur, monsieur Bartida, était un homme Jungko assez âgé et ferme, chef de la garde rapprochée des Bailarina, mais malgré son air intolérant, on sentait dans sa posture et sa force qu'il retenait ses coups. Il serait très mal avisé de sa part de blesser sérieusement la probable future dirigeante de la famille. Violetta fixait depuis un peu plus loin la scène, l'air clairement inquiète pour sa sœur, alors que les femmes de noblesse s'offusquaient contre le professeur.

-Femme 1 : Monsieur Bartida, vous êtes bien trop virulent avec cette jeune femme !

-Femme 2 : Tout à fait d'accord, vous vous comportez comme un goujat !

-Bartida : L'agresseur auquel mademoiselle Bailerina fera face sera bien moins tendre que moi. L'objectif de ce cours est de lui apprendre à se défendre, et elle n'atteindra pas cet objectif en rêvassant en plein combat.

-Femme 1 : Comment osez-vous...

-Marisa : Ne vous inquiétez pas, tout va bien ! Je n'ai rien senti, et le professeur a raison, je n'étais pas du tout concentrée ! Désolée, monsieur Bartida !


Mettant fin automatiquement au conflit, Marisa se redressa un grand sourire aux lèvres, toute trace de douleur ayant disparue de son visage. Les dames se calmèrent immédiatement, admiratives face au courage et à la diplomatie de la femme Joliflor alors que cette dernière s'inclinait devant le professeur et quittait le cercle de combat. C'était là la grande spécialité de Marisa, tout résoudre avec un sourire et de l'optimisme. C'était ce qu'on lui apprenait constamment à faire, et elle savait que c'était sa force, aussi la mettait-elle autant à profit que possible. Violetta s'avança alors à la place de sa sœur, prenant place devant le professeur Bartida en s'inclinant fébrilement et poliment. Cependant, malgré son manque évident d'assurance, l'ambiance dans le dojo avait changé, plus personne ne disant mot et Bartida étant nettement moins assuré que face à Marisa. On pouvait même sentir de la crainte dans son regard.

-Bartida : Oh... C'est déjà ton tour, Violetta...

-Ou-oui, j'espère être à la hauteur de vos attentes...

-Hmm... Oui... Hum, allons-y doucement, d'accord ? Je vais commencer...


Après une certaine hésitation, le professeur osa finalement attaquer avec un mouvement beaucoup plus rapide et puissant que contre Marisa. Cependant, là où on pourrait prendre ça pour du favoritisme envers la Joliflor, il s'agissait en vérité de crainte envers la Rafflesia, car celle-ci esquiva sans problème le coup. Des gens toussotèrent dans la pièce, et monsieur Bartida fronça les sourcils, enchaînant les coups sans aucun succès, se donnant pourtant à fond. Malgré son aisance à esquiver, Violetta restait cependant très hésitante, n'osant pas contre-attaquer. Cela dura un long moment, jusqu'à ce que Bartida fasse finalement une erreur : Sentant l'humiliation en public de ne pas pouvoir atteindre cette personne intouchable, il commença à s'énerver et à provoquer son adversaire, espérant la faire flancher.

-Bat-toi un peu ! Tu ne te protégeras pas en esquivant juste les coups ! Tu dois contre-attaquer !

-Violetta : Mais vous dîtes souvent qu'il faut juste gagner du...

-Ça suffit ! Te défendras-tu comme ça si vous êtes deux à être attaquées avec ta sœur ?! Faut-il que je la vise elle pour que tu le comprennes ?!


Violetta écarquilla les yeux en entendant cette phrase, et l'homme Jungko profita de cette occasion pour essayer de l'atteindre de la même façon que Marisa. Cependant, contrairement à sa sœur, la jeune femme Rafflesia ne se laissa pas du tout distraire, bien au contraire, son regard changeant du tout au tout quelques secondes. Encore une fois, elle esquiva le coup, mais cette fois-ci, elle contre-attaqua, une énergie violette surgissant de sa paume de main lorsqu'elle plaqua à toute vitesse celle-ci sur la poitrine de Bartida, qui se retrouva violemment propulser contre le mur à l'autre bout du dojo. Tous furent choqués face à cette scène, les femmes nobles murmurant des bassesses entre elles en regardant avec dédain Violetta. Celle-ci, s'étant calmée, regarda son entourage toute paniquée et se renferma sur elle, apeurée.

-Violetta : D-désolée, je ne voulais pas...

-Marisa : Roh là là, et voilà, professeur, vous avez énerver une demoiselle ! Vous devriez savoir qu'il n'est jamais bon d'énerver une dame, sous peine de telles réprimandes !


Prenant automatiquement la défense de sa sœur jumelle, Marisa s'était approchée d'elle et lui avait pris la main, son sourire enthousiaste toujours présent malgré la situation, alors que le professeur se relevait avec difficulté du coup qu'il venait d'encaisser. La Joliflor s'inclina alors et poussa la Rafflesia à faire de même.

-Merci beaucoup de votre cours, professeur, nous allons prendre congé ! Avec autant de colère, ma pauvre soeur a du se faire mal à ses phalanges !

-Violetta : Euh, non, je n'ai pas...

-Au revoir, monsieur Bartida !

-Balrita : Oui oui, allez-vous-en, ne vous inquiétez pas... Ce cours a bien assez duré...


Entraînant sa soeur par la main, Marisa quitta avec cette dernière le dojo, alors que les messes basses envers la femme Rafflesia continuaient à flots.

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-Violetta : Tu n'as pas à me défendre comme ça, sœurette...

Les deux jumelles s'étaient installés à l'une des fontaines d'un des nombreux manoirs du jardin, Marisa lavant la main droite de Violetta avec attention bien que comme l'avait dit cette dernière, elle n'avait quasiment rien. Jusqu'à maintenant, la jeune Rafflesia n'avait jamais entendu parlé de ce qu'avait décidé Angelina, leur mère. Et Marisa n'était toujours pas prête à en discuter avec elle, surtout dans une situation pareille. A la place, néanmoins, elle faisait tout pour lui faire garder le moral à sa façon.

-Marisa : Bien sûr que si, voyons ! Il t'a littéralement poussé à l'attaquer, ce nigaud ! Tout ça par fierté ! Franchement, il l'avait bien mérité !

-Je suis désolée... C'était l'idée qu'il te fasse du mal, j'ai réagi au quart de tour...

-Et j'aurais fait pareil, ne t'inquiète pas ! Bon, je me serais fait contrer et mettre au sol direct, mais bon, toi au moins tu as la chance de bien savoir te battre !

-Une chance ?!


Violetta sortit directement de ses gonds, regardant sa sœur l'air clairement énervé. Cependant, cette colère semblait plus tournée vers elle-même que face au mensonge totalement illusoire de Marisa.

-Violetta : Tu sais très bien que c'est faux ! Tu sais très bien à quel point la violence et le combat sont mal perçus dans notre famille ! Ce qu'il nous faut ,c'est de la diplomatie, du charisme, du charme, pas de l'agilité ou de la force ! Je suis un intrus dans cette famille !

-Marisa : Violetta... Je... Je...


Pour la première fois, la femme Joliflor ne sut quoi répondre. Elle arrivait toujours habituellement à répondre et à relativiser les propos de Violetta, mais pas ce coup-ci. Ces mots étaient bien trop vrais, bien trop forts pour être contredits. Marisa savait pertinemment que sa sœur avait raison, et elle ne trouvait aucun contre-argument face à ça. Et surtout, les mots de sa mère ce maudit jour lui hantaient en cet instant l'esprit, le fait que sa sœur finisse en offrande d'ici un semestre lui revenant en plein visage. Violetta, voyant alors sa sœur baisser le regard, se contenta alors de soupirer, cachant ses mains entre ses jambes, dans sa jupe.

-Violetta : Je ferais tout pour ne plus être ce que je suis... Vraiment tout...

Marisa ne répondit pas, laissant le silence planer entre les deux sœurs alors qu'aucun mot ne vint réconforter la femme Rafflesia. Ni la femme Joliflor d'ailleurs. Au contraire, ce ne fut pas une bonne nouvelle qui vint alors les accueillir, lorsqu'une servante vint à elles pour s'adresser à Marisa.

-Servante : Excusez-moi de vous déranger, mademoiselle Bailarina, mais votre mère veut vous voir immédiatement dans son bureau.

-Marisa : Très bien... Je reviens plus tard, Violetta, on pourra continuer à en discuter si tu veux.

-Violetta : Oui... Si je veux...


____________________________________________________________________________________________________________

Marisa se tenait face à sa mère Angelina, seule à seule dans son bureau, la chef des Bailarina restant calmement assise dans son siège à la lumière de la serre derrière elle. Sa fille, elle, était un peu stressée, car elle savait qu'une discussion mère/fille dans un tel contexte, où même son père n'était pas là, était forcément très importante, et possiblement une mauvaise nouvelle pour elle.

-Angelina : Je viens d'avoir des nouvelles du cours de Bartida, ma fille. On m'a tout raconté.

-Marisa : Ah... Et donc ?

-... J'aimerais que vous arrêtiez de vous impliquer dans les déboires de votre sœur. Je comprends l'union qui vous lie et qui forme une telle solidarité, mais défendre votre sœur dans un tel contexte n'est pas acceptable. Vous devez penser à votre image en tant que future chef des Bailarina.

-Marisa : Mais c'est le professeur qui l'a...

-SIlence !


La voix forte, autoritaire et charismatique d'Angelina ne laissa pas la moindre chance à sa fille, cette dernière ne pouvant que baisser les yeux penaude et laisser sa mère continuer. Elle savait pertinemment que dans une telle situation, il ne lui servirait à rien de protester davantage, sa mère ayant son point de vue, qui ne changerait sous aucun prétexte.

-Vous avez un devoir à accomplir, ma fille, qui passe par des sacrifices. Vous ne pouvez pas répondre des erreurs de votre sœur juste par amour, ce n'est pas comme cela que marche notre famille et vous le savez très bien. L'image et nos relations extérieures doivent être votre priorité, quitte à faire des choses qui vous déplaisent, surtout pour de telles futilités.

Marisa serra les dents à cette dernière phrase, et pour la première fois afficha un visage rempli de colère et de rébellion, qui fit face avec force au regard de sa propre mère. Tout cela avait assez duré, il était temps de crever l'abcès.

-Comme sacrifier sa propre fille, par exemple ? C'est une futilité ça aussi ?

Angelina fut autant surprise par le caractère à cet instant de sa fille que par les mots qu'elle venait de prononcer, mais la chef des Bailarina reprit vite son regard calme et ferme.

-... Je ne ferais pas l'affront de vous demander pourquoi vous êtes au courant à ce sujet. Je devrais être plus prudente lorsque je traite de tels sujets avec mes collaborateurs.

-Marisa : Collaborateurs ?! Vous êtes près à sacrifier Violetta juste pour préserver votre position ?! Comment osez-vous lui faire ça ?!

-Pour la sécurité et la prospérité de la famille, oui, je le ferais. Vous comptez m'en empêcher ?

-...

-Si vous décidez de le dire à quelqu'un, y compris Violetta, tel sera votre choix. Mais ça ternira juste notre image, rien de ce qui a été convenu avec ces personnes ne changera. Et ne songez pas non plus à la faire fuir. Premièrement, la vie dehors ne convient pas à une telle incapable, et "ils" la retrouverait rapidement. Deuxièmement, cela pourrait mettre à mal la vie de chaque personne présente dans ce manoir. Seriez-vous à même d'assumer de telles conséquences ?

-... Je ne sais pas...

-Il est vraiment temps pour vous de grandir, très chère. Vous êtes sensée prendre ma place, cela veut dire faire des choix douloureux pour le bien commun. Si vous ne le comprenez pas, vous n'êtes pas digne de me succéder.

-... Je veux que ce soit moi.

-Pardon ?


Marisa gardait son air déterminé malgré les mots de sa mère, ne flanchant pas. Ses poings étaient serrés, et elle ne tremblait pas d'un pouce.

-Marisa : Ils vous ont juste demandés l'une de vos filles, non ? Envoyez-moi à sa place ! Ainsi, je sauverais autant ma sœur que la famille Bailarina. C'est un choix pour le bien commun, ça, non ?

Sa mère soupira face à ses propos, et sans répondre immédiatement, se leva de sa place et s'approcha de Marisa à portée de bras, plongeant son regard profondément dans le sien, ses propos étant durs et secs.

-Angelina : Il est hors de question que je sacrifie ma fille destinée à de grandes choses pour ce déchet que j'ai honte d'avoir mis au monde. Soyez réaliste, vous n'avez clairement pas la même valeur qu'elle.

Ces mots glacèrent le sang de Marisa, qui avait écarquillé les yeux. Quelqu'un frappa alors à la porte, Angelina la laissant rentrer d'un simple ordre oral. Il s'agissait de son mari, qui lâcha d'une voix stressée :

-"Elle" est là pour le rendez-vous hebdomadaire. Elle nous attend dans la salle de réunion Est.

-Angelina : Je vois. Reportons cette discussion, Marisa, j'ai à faire.


Marisa ne bougea pas d'un pouce, ayant baissé le visage et regardant le sol en silence, alors qu'Angelina prenait des dossiers sur son bureau et rejoignait le père avec stature et charisme, s'adressant à ce dernier comme un sous-fifre.

-Angelina : Tu as pris tes dossiers à toi ?

-Je n'ai pas eu le temps... Je suis venu te voir direct, je les ais oublié dans mon bureau...

-Tss... Peu importe, nous ferons sans, on ne peut la faire attendre. Allons-y.


Le couple Bailirina partit alors sans tarder dans le couloir, laissant en plan Marisa qui n'avait toujours pas bougé. Plusieurs secondes, très longues, passèrent sans un bruit, sans un mouvement, puis soudain, la jeune Joliflor leva un regard plein de colère et de détermination en direction de l'entrée, et partit en trombe du bureau, fonçant sans hésiter dans les couloirs. Passant par les raccourcis qu'elle connaissait, et évitant au maximum d'être vue par qui que ce fut, elle termina très rapidement devant le bureau de son père. Comme elle s'y attendait, celui-ci, dans la précipitation, avait oublié de fermer à clé. Entrant avec conviction dans ce dernier, elle fouilla les dossiers de son père, jusqu'à tomber sur celui qu'elle cherchait, ayant exactement la même apparence que celui qu'avait sa mère auparavant. Elle l'ouvrit sans hésiter, et tomba sur un récapitulatif de toutes les transactions dont elle avait entendu parler avec cette dénommée Shaymin, ainsi que des informations précises sur le fait qu'elle gérait, officieusement du moins, tout l'archipel à l'heure actuel. Elle tomba également sur des informations sur le parti rebelle dont elle avait déjà entendu parler, apparemment cachée sur l'archipel du Dingue. Et enfin, elle tomba sur la transaction concernant sa sœur.

-Marisa : ... Je ne te laisserais pas tomber Violetta. Jamais je ne t'abandonnerais, tu peux me croire.

Elle ferma le dossier et repartit dans le couloir avec, fonçant dans une des zones les plus reculées du manoir, là où vivaient les servantes. Elle rejoignit alors celle en laquelle elle avait le plus confiance, et qui l'une des rares à apprécier Violetta : Marlène, l'une des femmes de la famille Parasect. Celle-ci faisait tranquillement la lessive des jumelles, seule dans la salle, et regarda Marisa arriver face à elle l'air très étonné.

-Marlène : Maîtresse... ? Que faîtes-vous ici avec ces documents ?

-J'ai un ordre urgent à te donner, Marlène. Tu m'avais bien confié que tu avais un ami proche chez les rebelles ?

-Chut, pas si fort, Maîtresse, vous savez très bien ce qui m'arriverait si quelqu'un d'autre que nous l'apprenait...

-Je veux que tu lui confies ça immédiatement. Ceux sont des informations très importantes pour lui sur leurs ennemis.

-... Maîtresse, vous êtes sûre ? Que se passe-t-il au juste ?

-Ne pose pas de questions et pars au plus vite par l'un de nos échappatoires secrets. Je peux te faire confiance, Marlène ?

-Très bien, je vous obéirais quoiqu'il arrive de toute façon. J'espère que vous savez ce que vous faîtes...


La servante partit par un couloir isolé avec les dossiers de Marisa en courant, alors que cette dernière expirait en essayant de se calmer, tout en gardant son air déterminé. Elle empêcherait tout cela d'arriver. Elle permettrait aux rebelles d'éliminer ceux qui veulent enlever sa sœur, et dès lors, tout s'arrangera, autant pour elles pour la famille, voir même l'archipel. Cependant, ces pensées positives et ambitieuses biaisa la jeune Joliflor, et ne lui permit pas de voir l'ombre qui se trouvait au coin de la porte par laquelle elle était entrée partir peu après cette conversation.

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Re: L'Archipel du Dingue

le Jeu 13 Déc - 1:14
https://www.youtube.com/watch?v=10A5egJh6OQ

Après cet incident, plus rien n'avait été pareil dans le manoir des Bolboretta. Eleanor ne savait pas vraiment s'il s'agissait d'une bonne ou d'une mauvaise chose, mais sa mère ne s'en prenait plus à elle et ne favorisait plus sa soeur. Elle ne s'était pas adoucie pour autant... Elle était devenue muette, presque absente de sa propre vie. Elle restait souvent assise pendant des heures, perdue dans ses pensées, ne se rendant plus compte de ce qui se passait autour d'elle. Une fois, elle avait passée la journée assise dans le dojo, sans manger ni boire, son seul signe de vie étant qu'elle suivait des yeux les jeunes adolescentes qui s'entraînaient. Cela calmait Eleanor, mais d'un autre côté, elle se sentait observé. Comme si sa mère la fixait sans cesse et scrutait le moindre de ses mouvements. Pendant ce temps, leur grand-mère semblait avoir repris le flambeau de leur éducation. Les journées filaient rapidement, se ressemblant toutes. Les entraînements étaient moins nombreux qu'avant mais toujours aussi exigeant ; leur temps libre leur permettait de visiter l'archipel Blumm ou de passer du temps ensemble. Maintenant, les deux filles étaient plus proche que jamais. La peur d'Eleador de blesser sa soeur lui avait fait comprendre à quel point elle tenait à elle ; elle n'avait jamais voulu des faveurs de sa mère, de toute façon. En retour, après les paroles de sa grand-mère, Eleanor avait développé une profonde tendresse envers sa soeur jumelle. Elles avaient besoin l'une de l'autre pour avancer. Elles savaient qu'elles n'avaient pas beaucoup de temps à vivre ensemble alors elles chérissaient chaque instant. Le temps passe vite pour un Bolboretta. Et il s'arrête brusquement.
C'est ce que leur mère allait leur rappeler. Quelle âge avaient-elles ? Eleanor ne s'en souvenait pas. Sa mère devait avoir trente ans, elle. Elle se souvenait seulement du visage de sa mère. Il n'était ni paisible ni malheureux. Il semblait vide de toute émotion, comme le regard de leur grand-mère face au corps de sa fille. Elle fut placée dans la cour principale du manoir, au pied de la stèle ancestrale, comme le veut la tradition. L'encens et la myrte embrumaient l'esprit de la jeune femme Charmillon. Elle ne savait pas quoi penser. Elle se sentait triste et soulagé à la fois. Sa mère n'était-elle pas passée trop vite du statut de tyran à celui de fantôme ? N'était-elle pas brisée au plus profond d'elle même depuis le début ? ... N'étais-ce pas mieux ainsi ?
À ce moment, sa soeur serra sa main et son esprit s'apaisa tout à coup. Elle tourna la tête pour découvrir le visage en pleurs de la fille Papinox. Alors elle la serra contre elle et décida qu'elles pleureraient ensemble. L'honorable Papinox ne disait rien, elle. Son dos était pareil à un mur impassible. Le silence n'était brisé que par quelques sanglots, jusqu'à ce qu'Eleador demande, d'un ton qui suggérait un reproche :


-Tu ne pleures pas, grand-mère ?

-J'ai pleuré tant de Bolboretta, mon enfant. J'ai pleuré mon mari. J'ai pleuré ma soeur. J'ai pleuré ma première fille. C'est cela, une famille. Des personnes qui s'aiment, se chérissent et se pleurent. Un mouvement qui s'effondre et se bâtit sans cesse. Une mère peut pleurer sa fille. Deux étrangères n'ont plus rien à se dire. Je n'ai jamais rien apporté de bon à ce pauvre enfant.

https://www.youtube.com/watch?v=JA0JaHdovbI

-Les Bolborettas sont des êtres éphémères. Leurs espoirs sont infinis et leurs vies plus courte qu'un instant. Ils ne cessent jamais pour autant de briller... Car ils ne sont jamais aussi beaux que dans la mort.

À ces mots, la matriarche frappa le sol de sa canne, et le vent se mît à souffler. Ce n'était pas une bourrasque mais une brise calme et sereine qui caressa la peau des adolescentes. Au contact du vent, le corps de leur mère se changea peu à peu en une nuée de papillons bleu qui se posèrent un à un sur la stèle ancestrale avant de s'envoler au gré du vent. Lorsqu'ils disparurent, le nom de leur mère était gravé dans la pierre funèbre. La cinquantenaire ferma douloureusement les yeux. Combien de temps devrait-elle vivre encore et voir sa famille disparaître ? Elle se tourna vers les jeunes adolescentes et à cet instant précis, elle les trouva magnifique. Tristes mais pleine de jeunesse. Elle leur offrirait un avenir radieux.

À partir de ce jour, les trois femmes étaient devenu vraiment proche. Le spectre de cette mère effrayante avait disparu. Peu à peu, en grandissant, Eleanor avait compris qu'elle avait été élevée par une enfant déçue qui ne cherchait qu'à impressionner sa mère. Elle n'arrivait plus à lui en vouloir. Parfois, les trois Bolborettas restaient des heures devant la stèle funèbre, en silence, à siroter leur thé et à contempler la pierre. Les morts ne leur avait jamais adressé la moindre parole mais elles s'y sentaient parfois moins seul. C'était un moment de répit et de recueillement entre les entraînements et l'apprentissage des traditions familiale que leur grand-mère n'avait de cesse de leur apprendre. Elles grandissaient dans un foyer paisible, peut-être un peu trop calme et vide mais enfin heureux. Les deux filles, qui chaque jour devenaient un peu plus des femmes, de véritables Bolborettas, pensaient que cela ne s'arrêterait jamais. Malgré la force violente et la détermination que procure la jeunesse, elles ne furent jamais capable de battre leur grand-mère ni même de la mettre ne serait-ce qu'en posture de danger.

-Vous pourriez y arriver à deux pourtant, je ne suis qu'une vieille femme usée jusqu'aux os...

Son regard se perdait alors dans le vide avant qu'elle ne déclare :

-Ma soeur, elle, était véritablement imbattable.

Eleanor était toujours attristée par ces paroles. Elle voyait bien que parfois sa grand-mère les fixait pendant plusieurs minutes, l'esprit ailleurs. Mais ce n'était pas un regard mort comme celui de sa mère ; c'était un regard plein de chaleur et de nostalgie. Tout le monde est obsédé par quelque chose. Sa mère était obsédée par Shibusen et sa grand-mère part sa soeur. Le jour de ses dix huit ans, Eleanor sentit un grand vide en elle lorsqu'elle comprit qu'il était maintenant trop tard ; le recruteur de Shibusen ne viendrait jamais. Eleador et elle étaient la première génération de Bolboretta à ne pas entrer dans cette école. Lorsqu'elle en parla à sa grand-mère, celle-ci lui répondit avec nonchalance que c'était parce que leur mère était la première à en avoir été viré. Eleanor eu alors l'impression que ces obsessions, ces traumatismes, se transmettaient aussi de génération en génération. Une famille ne partage pas qu'un nom mais tout un passé avec sa part de secrets et de tabous. Un soir, elle se coucha auprès de sa soeur et lui fit part de ses angoisses par rapport à Shibusen. La jeune femme Papinox lui répondit avec simplicité :

-Moi, ça me va très bien comme ça. Puisqu'il n'est pas venu, on peut rester comme ça toutes les trois, toute la vie.

Son sourire était si pur et si brillant qu'il asséchait ses doutes.

Le lendemain, une femme Gardevoir vînt toquer à la porte du domaine. Elle discuta longuement avec la chef du clan Bolboretta dans une pièce isolée à laquelle les jeunes femmes n'avaient pas accès. Elles attendaient dans la cours et se partageait leur crainte. Il arrivait souvent à leur grand-mère de partir pendant quelques jours pour une mission, mais du fait de son grand âge, cela n'était pas arrivé depuis plusieurs années. On lui demandait parfois conseil, mais cela n'allait jamais plus loin... Oui, ce n'était qu'une réunion stratégique. Nul besoin d'en douter.
L'honorable femme Papinox sortit de la pièce, l'air impassible.


-La discussion est close. J'irais et ces jeunes filles resteront au manoir.

Elle passa devant ses petites-filles tandis que la femme Gardevoir peinait à la rattrapper. Visiblement, les négociations avaient été longue et houleuses.

-Nous vivons sur l'archipel Blumm depuis des siècles et nous avons prêté allégeance aux grandes familles de ces îles il y a bien longtemps aussi. Les Bolboretta ne sont pas fait pour régner. Ils naissent dans l'ombre, brillent de mille feux et s'éteignent aussi tôt. Nous serons à jamais les lames de la noblesse mais nous avons aussi notre honneur. Il serait indigne de la part d'une famille de guerriers d'envoyer deux idiotes qui n'ont pas fini leur formation. Elles ne feraient que ternir notre nom.

Après quelques minutes de discussion froide et distante, la Gardevoir s'en alla enfin. L'air impassible de la grand-mère disparut pour laisser place à une profonde inquiétude. Elle se mit en tailleur entre les deux jumelles et alluma sa longue pipe dorée.

-Désolé les enfants... Cette mission a l'air dangereuse et je tiens trop à vous pour vous emmener avec moi.

-... Tu reviendras vite, hein ? Comme à chaque fois ?

-Je vais vivre quelque tant dans le domaine des Joliflor. Ils ont besoin d'une protection rapproché. Les Bolboretta sont des vassaux, vous le savez très bien. Un jour viendra où vous aussi vous protégerez leurs vies. C'est ainsi que nous avons toujours pu survivre... Je dois partir dans l'heure.

Elle se leva alors qu'Eleador semblait vouloir la retenir par le pan de son kimono, mais elle était déjà debout avant que la jeune femme puisse l'atteindre. Elle se plaça devant sa famille et regarda les deux femmes tendrement.

-Vous n'êtes ni les enfants que j'ai eu ni ceux que j'ai mérité mais vous êtes ceux que j'ai le plus aimé. Soyez fières de votre nom comme les Bolborettas doivent être fiers de vous avoir comme descendants.

Elle serra une dernière fois les jumelles contre elle. Avant de partir, elle souffla à l'oreille d'Eleanor : "Protège là et ne soyez jamais séparées l'une de l'autre. Le danger rôde sur nos terres... Partez, rejoignez des personnes de confiance s'il le faut et veillez toujours l'une sur l'autre."
Alors que leur grand-mère partait, Eleador serrait sa main si fort qu'il lui semblait qu'elle n'en aurait bientôt plus l'usage.
Autour d'elles, le monde changeait.
Autour d'elles, le monde s'effondrait.
Mais avec elles, leur lien et le nom des Bolboretta serait éternel.

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Annie Panda
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Re: L'Archipel du Dingue

le Ven 14 Déc - 23:59
https://www.youtube.com/watch?v=ubMf__iB8iI

Le Soleil était à son zénith, alors que Marisa était assise au beau milieu d'un des ses jardins favoris. Cet endroit, bien qu'un peu isolé du reste du manoir, offrait une excellente vue sur tout le reste de l'île, l'endroit ayant été érigé sur une vaste colline surplombant le terrain plat mais tout de même fleuri avoisinant. Ayant prétexté avoir besoin de silence et de calme, elle avait quitté son cours de chant en plein milieu afin de venir ici, dans le véritable but de surveiller l'éventuel arrivée de renforts rebelles. C'était peut-être un espoir fou, mais elle voulait y croire dur comme fer, pour Violetta. Cependant, contrairement à ce qu'elle espérait, une présence se fit entendre dans le jardin et s'approcha : Celle de son père. Celui-ci s'approcha d'elle, un peu embarrassé, Marisa le regardant d'un air surpris.

-Papa : Tu étais donc bien ici... J'ai cru comprendre que tu t'étais disputé avec Maman, n'est-ce pas ? Tu veux qu'on en parle ?

Marisa détourna le regard vers l'horizon, l'air clairement contrariée, mais ne refusa pas la proposition de son père pour autant. Ce dernier s'installa à côté d'elle, semblant avoir du mal à trouver par où engager la conversation. Son comportement intriguait la jeune Joliflor, son père étant plutôt quelqu'un de très effacé et pas très entreprenant, sans parler qu'il était sans cesse déborder par le travail que lui donnait Angelina, sans pour autant qu'elle le traite avec respect en retour. En y pensant, elle se comportait exactement avec lui comme elle se comportait avec Violetta, cette pensée faisant frémir de colère Marisa. Mais cette fureur fut vite calmée par le début de propos maladroit mais sincère et plein de gentillesse de son paternel.

-Papa : Ca... Ca fait longtemps qu'on a pas eu un peu de temps comme ça à nous deux, haha... tu connais ta mère, elle laisse ce genre de moments de détente complètement de côté, j'ai du me battre comme un chien pour la convaincre qu'il fallait te parler, hahaha...

-Marisa : ... Elle déteste Violetta, n'est-ce pas ? Pourtant, elle fait de son mieux... Ce n'est pas elle qui a choisie comment elle est née ! Ce n'est pas juste !

-Papa : ...

-Marisa : C'est pareil, elle t'a toujours traité comme le pire des incapables ! Alors que tu travailles encore plus qu'elle pour être à la hauteur ! On ne vaut rien pour elle, tout ce qui compte à ses yeux, c'est la fierté familiale et l'élite ! Je la déteste !


Le père regarda calmement Marisa s'énerver, ne préférant pas l'interrompre et laissant sortir toute la colère de de l'une de ses filles. Puis il laissa échapper un petit sourire, et frotta la les cheveux de celle-ci avec sympathie.

-Papa : ... Il est vrai que le caractère de ta mère est... Virulent... Et peut-être un peu intolérant. Elle est comme ça, déjà quand je l'ai rencontré et courtisé, elle m'avait descendue et balancé à quel point je faisais mal la révérence... Et ce n'était que la première d'une longue liste de critiques envers ma personne... Mais malgré tout, je suis là, marié à elle. Et crois-le ou nous, mais nous nous aimons vraiment tous les deux.

-....

-Papa : Le cas de Violetta est complexe... Maman ne la déteste pas au fond, elle vous apprécie toutes les deux. Mais dans des situations comme celles-ci, où la fierté qu'elle a passée des années à défendre pour le bien de la famille est mise à mal, elle se désolidarise totalement... Et oui, elle est impitoyable avec les "faiblesses" de ta sœur... Et clairement te met sur un piédestal par rapport à elle...

- Tu es sensée la défendre, là, tu sais... ?

-Hahaha, oui, je sais ! Je suis loin d'être aussi doué en social et en rhétorique qu'elle, malheureusement... Mais malgré son comportement par rapport à ta sœur, l'a-t-elle abandonnée ou fait bannir de la famille ? A-t-elle fait en sorte que Violetta ait moins de cours, moins de chances que réussir que toi ?


Marisa ne sut quoi répondre à cette argumentation. Elle continuait à trouver les propos de sa mère impardonnables, mais en même temps, son paternel avait raison : Elles étaient toutes les deux en sécurité, et traiter comme des princesses. Violetta n'avait pas eu un seul cours en moins que Marisa, même là où la Rafflesia n'était pas douée. Cependant, le sort qu'Angelina réservait à sa sœur lui revint immédiatement à l'esprit, et elle prit à nouveau un air renfrogné.

-Tu dis ça, mais elle n'a pas hésité à sacrifier Violetta auprès de ces méchantes personnes ! Si elle nous appréciait vraiment, elle aurait tout fait pour l'empêcher ! Et même si je comprends que c'est pour notre bien à tous, elle a refusé toute solution pour qu'on la sauve ! Elle n'attend que son échange, j'en suis sûr !

-Papa : ... Tu es... au courant... pour ça... ? Ecoute, c'est plus compliqué qu'il n'y parait !

-Ça n'a rien de compliqué ! Vous devriez vous rebeller et la sauver !

-Papa : Arrête, chut...


Assez étrangement, le paternel invita Marisa à baisser d'un ton en regardant autour de lui, mais cette dernière n'y fit pas attention et n'obéit pas non plus à sa demande, se levant de son banc avec colère.

-Marisa : Au final, tu es comme elle ! Vous êtes des lâches qui refusent de protéger leur propre fille par facilité ! Tu parles d'amour ! Mais moi, je vais changer cela, Papa ! J'ai envoyé aux rebelles toutes les données que vous aviez sur ceux qui nous font ça ! Marlène s'est chargée de leur transmettre ! Grâce à ça, les rebelles vont venir et tous les vaincre ! Et Violetta sera sauvée !

A ce moment, le visage de l'homme se décomposa d'horreur, et sa peau prit une teinte blanchâtre. Marisa s'attendait à une réaction surprise, mais pas à une telle terreur, et sa colère laissa place à de la perplexité. Son père tremblait de tout son corps, regardant vivement autour de lui.

-Papa : Tu... Tu as fait ça quand ? Tu les as prises dans l'un de nos bureaux... ?

-Bien sûr, pendant votre réunion juste après votre dispute... ! C'est malin de ma part, hein ! ... Hein... ?

-Marisa... Qu... Qu'est-ce que tu as fait...


A cet instant, des cris légers car éloignés se firent entendre, en direction du manoir,et à ce moment, ce fut la jeune Joliflor qui commença çà être terrifiée.

-Marisa : Qu'est-ce qui se passe, Papa... ? Qu'est-ce qui se passe... ?

-Papa : Angelina... Violetta...


Terrifié par ce qui risquait de se passer, le père partit en courant vers le manoir, Marisa le suivant tout aussi inquiète.


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https://www.youtube.com/watch?v=f5izHod68uI

Marisa et son père se firent transportés jusqu'au centre du manoir, au niveau de la place centrale qui était une grande zone découverte. Rapidement après être entrés dans le manoir, ils se firent capturés par des Gijinkas étrangers, qui les amenèrent au bout de la place où ils furent pousser à s'asseoir au sol, aux côtés de Violetta qui se plongea dans les bras de sa sœur, effrayée et rassurée à la fois.

-M-Marisa ! J'avais si peur qu'ils t'aient fait du mal... Qu'est-ce qui se passe... ?

-Marisa : Je ne sais pas... Je ne sais pas... Où est Maman... ?


Violetta répondit en regardant vers le reste de la place, Marisa prenant le temps de regarder la scène plus en détails, ce qui ne la rassura pas du tout, bien au contraire. Tous les membres du manoir qu'elles connaissaient étaient réunis autour de la place, posés au sol et surveillés chacun par plusieurs de ces Gijinkas qui les avaient attaqués, formant un cercle autour de la verdure au centre du lieu, où se trouvaient deux uniques personnes : Une noble et terrifiante femme, à la robe et au teint blanchâtre, une épée aussi froide qu'elle à la main ; et en face d'elle, Angelina, qui malgré la situation, restait fièrement debout face à la mystérieuse femme, sans ciller. Elle prit même la parole d'une voix assurée et sans craintes, mais tout de même diplomatique comme elle savait tant l'appliquer.

-Angelina : ... Artikodin, n'est-ce pas ? Cela faisait longtemps que nous vous avions plus vu. Que nous vaut donc votre visite très... brusque ? Les visites de "courtoisie" sied désormais plus à votre collègue Celebi.

La femme dénommée Artikodin plissa légèrement les yeux, cachant légèrement son regard glacial et que Marisa trouvait, de son point de vue, sans vie. Un contraste totale avec la forme de noblesse dont elle avait l'habitude, bien plus joviale et florissante, mais elle ne pouvait nier que la présence de cette personne l'impressionnait. La femme Artikodin regarda autour d'elle, et jeta un regard à un de ses sbires qui en le croisant, comprit qu'il devait s'approcher, amenant avec lui la servante de Marisa, Marlène, à qui elle avait demandé pour la tête. En voyant alors le visage décomposé et torturé de la femme qui boîtait, le sang de la fille Joliflor se glaça, une vague de culpabilité montant en elle alors qu'elle commençait peu à peu à comprendre la situation. Artikodin, après un long silence, prit la peine quand Marlène arriva à son niveau d'émettre sa voix, révélant un ton aussi effrayant et froid que le laissait présager son apparence.

-Artikodin : ... Cette personne est l'une de vos esclaves, n'est-ce pas ? Nous l'avons capturée et... Disons, interrogée, apprenant ainsi qu'elle s'apprêtait à révéler des informations confidentielles sur notre partie. Vous vous en doutez, telle l'outil qu'elle est, elle n'a pas pu prendre une telle initiative seule.

La femme tourna en disant ça son regard vers Marisa et la fixa des yeux, cette dernière se figeant de terreur. Elle n'avait jamais rien vu de plus terrifiant, même dans ses pires cauchemars, que le regard froid et inquisiteur la jugeant du regard, telle une épée de Damoclès au-dessus de la tête. La femme continua ses propos sans détacher ses yeux de la jeune Joliflor, avec un ton toujours aussi sinistre.

-Il s'agit bien d'elle, Diego ?

Une ombre apparut alors au sol près d'Artikodin, et un homme Spectrum, le dénommé Diego, en surgit avec un visage diabolique et un sourire carnassier.

-Diego : Oui, Maîtresse... Je l'ai surprise en train de transmettre les documents à la servante, avec la claire volonté de s'allier aux rebelles ~

Marisa écarquilla les yeux, tout comme sa mère qui tourna un air plus surpris et perturbé que réprobateur à sa fille. Artikodin soupira doucement, et pencha légèrement la tête, clairement déconcertée par la situation.

-Artikodin : Je m'avoue surprise... Je pensais que vous prévenir ouvertement que vous seriez surveillés 24h/24 par cet homme Spectrum suffirait à vous empêcher de faire la moindre "erreur de jugement"... Mais je n'avais pas songé à l'idée que quelqu'un d'autre soit au courant pour le sacrifice de la Rafflesia.

Si Violetta fut choquée par les propos d'Artikodin pour des raisons plus qu'évidentes, Marisa, elle, fut marquée par la première partie de ces révélations. Ses parents étaient surveillés... ? Du coup, ça voulait dire que...

-Marisa : Oh non... Oh non...

-Violetta : ... Un sacrifice... ?

-Artikodin : Hmpf. Le contrat que nous avons établi stipulait que toute trahison envers la cause des Légendaires se solderait par votre élimination totale et immédiate, n'est-ce pas... ?


La Légendaire leva son épée vers le ciel en disant cela, la contemplant d'un air pensif particulièrement dérangeant. Angelina, elle, ne disait pas un mot, se contentant de fixer intensément la Légendaire, ne voulant absolument pas l'interrompre. Cependant, ce n'était pas pour autant que la chef des Bailerinas perdait ses moyens, son corps restant ferme et imperturbable. Finalement, Artikodin poussa un petit soupir et rabaissa son épée, ainsi que ses yeux qui se fermèrent légèrement alors qu'elle continuait de parler.

-Ca m'attriste de le dire, mais malgré cela, vous nous êtes très utiles. Vous avez été d'une efficacité impressionnante dans vos relations et dans votre gestion de l'archipel, à tel point que leurs chères responsables Légendaires n'ont quasiment à rien faire. Tous vous éliminer, alors que nous avons une situation où la vermine gère elle-même la vermine, est trop intéressante pour qu'on brise tout à cause du comportement stupide d'une petite idiote. On se contentera d'une punition plus précise et individuelle.

Artikodin claqua des doigts de sa main libre, et le sbire retenant Marlène sortit une lame et trancha la gorge de la jeune femme au visage déjà sans vie. Son sang s'écoula en grande quantité et de manière vive sur l'herbe si belle et pure de la cour, et tous poussèrent des gémissements étouffés de terreur. Seule Angelina, malgré un petit frémissement, garda son calme, prenant enfin la parole.

-Angelina : Votre décision vous honore, Artikodin. Je suis heureuse de votre décision, et infiniment désolée pour toute cette mésaventure. Attendez-vous une rétribution financière ou diplomatique pour compenser cet incident ?

-Artikodin : Hmm... ? Pas vraiment, à vrai dire... Cependant, vu la tournure de la situation, et la raison très probable de toute cette mésaventure...


Artikodin se tourna vers les deux jumelles et commença à s'approcher d'elles, les deux filles se prenant les bras l'une avec l'autre face à la présence menançante que la Légendaire représentait en cet instant.

-Je propose que nous accélérions le processus et récupérions immédiatement Violetta Bailerina. Nous ne sommes plus très loin de ses 18 ans, non ? La raison qu'on vous a accordé, son éducation, doit être quasiment finalisée, quelques mois ne changeront pas grand chose.

Violetta fut absolument horrifiée à cette annonce, tremblant de partout sans trop comprendre ce qui se passait. Marisa, elle, voulut défendre malgré sa peau sa sœur jumelle, envers et contre tout, ne voulant pas de ce destin cruel. Mais à sa grande surprise, quelqu'un le fit pour elle avant : Sa propre mère, Angelina, qui se décala et se mit sur le chemin d'Artikodin, l'interrompant dans sa marche et agaçant suffisamment cette dernière pour que sa poigne sur son épée la démange.

-Artikodin : Hmm ? Que faîtes-vous là ?

-Angelina : ... Je suis vraiment navrée, mais je me dois d'exprimer mon désaccord. Le contrat stipulait certes que toute trahison n'était pas permise et que moi et mon mari ne devions en parler à personne, mais de ce que je vois, les termes ont été respectées, cet incident sort de notre juridiction. Et le reste du contrat précisait bien à la date d'anniversaire de ses dix-huit ans. Bien que la situation soit certes fâcheuse pour vous, nous n'avons qu'à surveiller plus amplement mes deux filles, et non juste moi et mon mari, et suivre le contrat est important si vous voulez que notre relation reste tout aussi productive.

-Artikodin : Hmm... Cela se tient... Cependant, même si vous étiez les cibles principales de ce contrat, vous deviez aussi assurer le soutien total de votre famille envers notre suprématie. Et sur cette partie, de toute évidence, vous vous êtes montrée incompétente.

-Exactement. Mais cela reste en dehors du contrat, et c'est à moi que revient le devoir d'assumer les erreurs commises, et de servir d'exemple. Si cela peut vous permettre d'asseoir votre situation, nous n'avez qu'à m'éliminer ici et maintenant. J'y suis préparée en tant que chef des Bailerinas.


-Hmm, je vois... Eh bien, d'accord.

La reine des glaces planta avec une vitesse surhumaine son épée dans le ventre d'Angelina, la transperçant de part en part, son mari et les jumelles se levant et se mettant à huler vers elle alors que toute la foule était tétanisée par la scène. Cependant, Angelina, malgré les tremblements que provoquaient la douleur, sa plaie qui gelait et le sang coulant de sa bouche, la femme restait droite et regardait Artikodin d'un air toujours aussi fier, qui fit légèrement hausser les sourcils d'Artikodin.

-Artikodin : Celebi ne mentait pas sur votre détermination. Je suis assez impressionnée, ce qui est un exploit venant de personnes inférieures comme vous.

-Angelina : Je... suis une femme de parole... Moi et ma descendance suivront les directives du contrat... Avec honneur et fermeté.

-Artikodin : Je vois. Eh bien, pas moi. Nous récupérons la Rafflesia.


Angelina écarquilla les yeux de surprise, Artikodin restant elle impassible alors qu'elle reposait son regard sur Violetta.

-Angelina : Que... Vous...

-Artikodin : Je n'ai jamais dit qu'après vous avoir tuée, je ne récupérerais pas votre fille. Bon, que préférez-vous, ô grande chef des Bailerinas ? Une morte lente et douloureuse pour vous montrer votre détermination, ou une mort rapide qui me fera économiser les forces de mon poignet ?


La Légendaire appuya ses propos en tournant la lame de son arme dans le ventre d'Angelina, qui cracha légèrement du sang. Cependant, la femme serra les dents en baissant le visage, et répondît avec les forces qui lui restait..

-Angelina : ... Maintenant...

-Artikodin : Hmm, que dîtes-vous ?

-MAINTENANT !


https://www.youtube.com/watch?v=ePKjkPl8jJs

D'un seul coup, des bruits et des attaques surgirent dans tous les sens, éliminant un à un les sbires retenant en otage la famille Bailerina, Artikodin étant autant surprise de la situation que Marisa et Violetta. Des assassins, des guerriers, de toute espèce et origine, avaient surgi de barrières magiques les rendant invisibles, semblant clairement avoir été érigées par une femme Gardevoir se tenant en retrait du combat. Même les Gijinkas retenant Marisa, Violetta et leur paternel furent éliminés d'un seul coup invisible par une vénérable femme Papinox, avec une pipe à une main et un éventail dans l'autre, sa carrure étant absolument impérial. En un rien de temps, tout ce qui restait comme forces ennemies furent une dizaine de Gijinkas qui se regroupèrent par réflexe salvateur vers leur maîtresse, Artikodin, qui face à tout ce vacarme, haussa les sourcils d'une réelle surprise. Elle sentit alors une main agrippée son épée au niveau de la lame, et reposa son regard sur Angelina, qui n'hésitait pas à se geler la main sur la lame de la Légendaire alors qu'elle levait un regard fière et carnassier vers la reine des glaces, et ceci malgré les cernes se formant sous ses yeux.

-Angelina : ... Vous avez vraiment cru que nous vous laisserions ma fille ? Je pense que vous vous êtes fait une très mauvaise image de notre famille. Nous sommes certes pacifiques, et tournées vers le charme et la diplomatie... Mais cela ne fait pas de nous des lâches, et encore moins des personnes abandonnant les leurs au profit de la survie. Alors, certes, cette fille est une incapable même pas convenue de naître correctement, échouant dans tout ce qu'on lui demande... Mais ça reste une Bailerina, et rien que pour ça, elle vaudra toujours beaucoup trop pour être livrée à des monstres sanguinaires et stupides comme vous.

Angelina se tenait désormais dressée, Artikodin retirant sa lame et reculant un peu tout en gardant son calme, la maîtresse des Joliflor continuant ses propos toujours avec cette détermination et présomption sans égales, alors que Violetta pleurait face aux mots de sa mère, Marisa, elle, ne savant plus quoi dire alors qu'elle mesurait toute l'amplitude de son erreur.

-C'est dommageable que la situation nous ait poussé à révéler notre plan plus tôt... Cela faisait des mois que nous préparions la contre-attaque pour le jour où vous viendrez la chercher, utilisant chacun de ces jours que vous nous avez naïvement confié pour préparer la rébellion.  Découvre ici toute la puissance diplomatique des Bailerinas. La capacité de réunir une alliance sous vos yeux sans que vous vous en rendiez compte, avec toutes les familles les plus importantes de l'archipel. Nous avons même réussi à nous lier au groupe de cette Gardevoir, venant de l'archipel Ameaurr, qui nous a servie d'excellente intermédiaire pour préparer ce plan. J'aurais préféré avoir le temps de me lier à ces rebelles entre temps, mais tout ne s'est passé comme prévu... Mais peu importe, ce sera bien suffisant comme ceci...

Artikodin fronça les sourcils, et tourna son visage vers le fameux Spectrum Diego, chargé de surveiller le couple tout ce temps, la femme de glace lui parlant d'un ton très réprobateur.

-Artikodin : ... Et toi, tu n'as rien vu ?

-Diego : D-désolé, ô Maîtresse Artikodin ! Je ne les ais pourtant pas lâché des yeux un seul instant, même quand ils dormaient ! Ca m'a coûté toute mon énergie spirituelle et vitale mais je m'en suis assuré ! Je n'ai vraiment rien vu de suspect !

-Idiot. Tu t'es contenté de la surface de l'iceberg, et tu t'es fait berné comme un aveugle. C'est pourtant évident. Leurs relations sont ancrées depuis des générations, ils ont clairement un langage codé pour communiquer entre eux, ce qui leur a permis de contourner notre surveillance.

-Angelina : Rendez les armes, Artikodin. Autant que pacifistes, si vous acceptez de vous rendre, nous conviendrons de vous entendre. Mais si vous cherchez du mal à notre famille... Nous nous protégerons coûte que coûte.


Artikodin fronça les sourcils, et soupira longuement, laissant un gros silence planer sur l'action, jusqu'à ce que la Légendaire se décide à parler.

-Bravo. Je me dois bien de l'avouer, votre réputation n'était pas usurpée, votre potentiel diplomatique est vraiment une mine d'or dont nous n'avons au final tiré qu'un si petit fragment. C'est vraiment dommage... Car maintenant que le contrat a bel et bien été rompu... Ce potentiel va être lourdement gâché.

Angelina écarquilla les yeux en entendant cela, comprenant alors son erreur et que leur ennemi, au vu de sa confiance, n'était pas du tout du même acabit que celui estimé pour Celebi, et par réflexe, se tourna vers son mari et ses deux filles, son regard empli d'inquiétude croisant celui de Marisa, qui eut un haut-de-cœur.

-Marisa : Ma... Maman... ?

-MARISA ! VIOLETTA ! FUYEZ !


A cet instant précis, la lame d'Artikodin fit un geste brusque à peine visible à l’œil nu, qui trancha net le corps de la chef des Bailerinas, celle-ci s'effondrant au sol en mille éclats de glace et de sang. Trois guerriers d'une famille de Scarabrutes enragèrent en voyant ça et foncèrent armes sortis vers Artikodin, mais avant même de pouvoir être à moins de cinq mètres d'elle, cette dernière put faire trois mouvements vifs et nets dans leurs directions respectifs, les trois combattants finissant dans le même état qu'Angelina, faisant paniquer le reste des troupes. Artikodin, le visage toujours calme et froid malgré les tâches de sang d'Angelina sur sa robe, leva son regard jusqu'à maintenant baissée et prononça ces mots simples et sinistres de l'air le plus impassible du monde :

-... Tuez-les tous.

La bataille s'engagea alors, les sbires de la Légendaire suivant ses ordres revigorés par les actions de leur maîtresse, et éliminant sauvagement tous les membres de la famille qu'il croisait, les combattants du côté des Bailerina ayant du mal à repousser leur assaut avec les attaques de glace que lançait Artikodin sans pour autant bouger de sa position. La Gardevoir, elle, eut un léger sourire en voyant la situation, et alors que personne ne la regardait, se fondit dans le sol pour disparaître hors du combat. Marisa et Violetta, elles, ne bougeaient pas d'un pouce, complètement sous le choc de la mort de leur mère. La culpabilité tambourinait dans la tête de la fille Joliflor, alors que chaque conséquence de ses actes se traduisait par le sang éclaboussé d'un membre de sa famille. Violetta, elle, s'y heurtait avec encore plus de force, prenant conscience que tout ce massacre arrivait pour elle... A cause d'elle. Pourquoi était-elle née alors au juste ? Le père en larmes les prit par le col et les tira alors en arrière pour qu'elles se relèvent.

-Papa : ... Vite, il... Il faut vous mettre à l'abri...

Le père les emmena alors dans un couloir dans un manoir. Deux guerriers déchus se lancèrent à leur poursuite, mais la vieille femme Papinox surgit alors sur leur passage, leur barrant la route. Artikodin, qu in'avait pas perdu d’œil son objectif, lâcha alors sobrement à Diego :

-Artikodin : Voici pour toi une chance de racheter ton erreur, Diego. Ramène-moi la Rafflesia. Je ressens d'ici son potentiel incroyable, Celebi avait vraiment vu juste là -dessus. Le père et la sœur sont faibles et m'importe peu. Tue-les.

-Diego : B-bien, Maîtresse !


L'homme Spectrum disparut alors dans le sol, Artikodin affichant un air amusé alors qu'elle continuait à participer au massacre de toute la famille.

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Marisa et Violetta, en panique et en larmes, arrivèrent à la sortie du manoir avec leur père, dans l'un des jardins extérieurs, dans lequel était dissimulé un passage secret permettant de fuir et de se cacher à l'autre bout de l'île. Le père s'arrêta, essoufflé, et s'adressa alors à ses filles.

-Papa :Ha... Ha... Vite, nous sommes presque au raccourci !

-Marisa : Papa... Je... Je suis désolée...

-Ne t'inquiète pas... Ta mère... Y était préparée... Ce qui compte, c'est que vous soyez encore en v...


Une larme transperça alors la bouche de leur paternel de part en part, les deux jumelles hurlant et reculant subitement. La lame se retira de la bouche de l'homme qui tomba sans vie au sol, tué sur le coup alors que Diego finissait de sortir du sol derrière le corps de leur père, un air sadique sur le visage et une lame générée par les ténèbres à la place de sa main droite.

-Diego : Ah, vous voilà enfin ! J'avais peur de vous avoir perdu, petites salopes !

-Marisa : N-non.. P-Papa...


La jeune Joliflor ne put s'empêcher de vomir sur le côté, alors que Violetta ne bougeait pas, tremblant de tout son corps.

-Violetta : C'est... Tout de ma faute... Si je n'étais pas né...

-Diego : Ta famille serait en vie ! Exactement ! Ca fait mal, hein ? Mais ce n'est pas mieux que ta sœur qui les a carrément envoyé à l'abattoir ! Vous allez devoir vivre avec leurs morts sur votre conscience toute votre vie !... Ce qui s'annonce plus court que prévu pour toi, petite blonde ~~


Diego attrapa Marisa par l'une de ses couettes et la souleva au-dessus du sol, la fille criant de douleur et essayant de se débattre vainement, l'homme Spectrum passant sa langue le long de sa bouche comme-ci il se délectait de la situation.

-Diego : Votre salope de mère a bien failli me faire tué par Artikodin... Et je n'ai même pas m'en venger moi-même vu qu'elle savait pertinemment qu'elle mourrait face à Artikodin. Mais ce n'est pas grave, tu lui ressembles comme deux gouttes d'eau, je vais me défouler sur toi en prenant bien mon temps pour te faire souffrir ~

-Violetta : ... Lâche-la...

-Diego : Hmm ?


Diego regarda alors en direction de Violetta, et écarquilla les yeux de terreur. Face à lui se tenait une petite fille enveloppée d'une redoutable aura destructrice violette. Diego eut un frémissement, puis essaya de se reprendre en se disant que ce n'était qu'une enfant. Il lâcha Marisa et eut un grand sourire carnassier pour reprendre la face.

-Voilà qui est fait, princesse ~ Tu penses faire quoi, au juste ? Même si tu arrivais à la défendre, Artikodin se chargerait de toi personnellement. Tu devrais plutôt te rendre et me supplier de l'épar...

-Ils sont tous morts, à cause de moi... Je suis vraiment une honte pour les Bailerinas... Mais Marisa me l'a dit, il y a bien une chose où j'ai de la chance.. C'est que j'ai les moyens de la protéger...

-Marisa : Vi... Violetta...

-Marisa a toujours été là pour moi... Elle m'a soutenu dans les pires situations, et elle avait toujours ce magnifique sourire sur son visage pour m'aider à tenir... Et vous... Vous... Vous nous avez tout pris... ET L'AVAIT FAIT PLEURE !


L'aura de Violetta éclata encore plus, oppressant complètement Diego complètement sonnél.

-Pour tout ça... JE NE VOUS PARDONNERAIS JAMAIS !

VIoletta tendit sa paume de main en avant, Diego sautant en arrière par réflexe, ne pensant désormais plus qu'à sa survie.

*Bordel, quelle puissance ! Je vais me cacher sous le sol avant que l'attaque me touche !*

Diego écarquilla alors les yeux en sentant tout son corps se ternir en violet instantanément, et s'étrangla de stupeur.

*... Je vois... C'était déjà trop tard... Merde...*

Le corps de l'homme Spectrum se mit alors à moisir en quelques dixièmes de secondes, et explosa en des milliers de morceaux violets granuleux, ne laissant plus rien d'entier de lui. L'aura de Violetta disparut directement après cela, et la fille Rafflesia s'effondra au sol, épuisée par l'attaque, Marisa se précipitant pour la prendre dans ses bras.

-Marisa : Violetta ! Violetta !

La fille Joliflor prit alors conscience que sa sœur s'était évanoui, et la serra fortement dans ses bras, clairement impactée par tout ce qui venait d'arriver et n'ayant d'ailleurs pas tout compris à ce qu'avait sa jumelle.

-... Il faut que je t'emmène loin d'ici... Je te dois bien ça...

-??? : Hahaha, les voilà !


Deux soldats avaient surgi de l'entrée du manoir, leurs lames ensanglantées, alors qu'ils semblaient venir de la cour. Marisa écarquilla les yeux, ne sachant que faire. Elle s'en voulait à cet instant de ne pas avoir plus suivi les cours de défense, et ne voyait juste pas comment défendre sa sœur alors que les soldats fonçaient vers eux. Tout ce qu'elle put faire, c'est blottir son visage contre celui de sa sœur, désespérée.

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A cet instant précis, une étrange ambiance envoûta les lieux, un papillon passant devant le visage de Marisa, qui leva les yeux avec surprise et curiosité. Des dizaines de papillons se tenaient entre elles et les soldats, qui s'étaient stoppés nets l'air prudent. Venant de la droite par rapport au face à face entre les jumelles et les sbires Légendaires, la vieille femme Papinox de tout à l'heure marcha calmement et avec dignité vers le centre pour s'interposer, et se mît noblement face à ses adversaires, fumant de sa pipe sans ciller.

-Vieille Femme : Mon Dieu, quelle tragédie... Voir de jeunes pousses d'habitude si brillantes dans cet état... J'ai vraiment fait déshonneur à ma famille en laissant cela arriver... Je ne suis décidément pas à ta hauteur, chère sœur...

-Soldat 1 : C'est la femme qui a tué Charlie et Ed tout à l'heure !

-Soldat 2 : Vengeons-les en la tuant ! On s'occupera des petites pestes après...

-Vieille Femme : Vous vous en prenez à des enfants et à une vieille dame ?


La femme Papinox tourna légèrement sur ses appuis et passa son éventail devant le bas de son visage, laissant juste afficher un regard sage et puissant.

-Vous êtes décidément bien pitoyables.

-Soldat 1 : Raaaah !


Les deux soldats foncèrent sur leur adversaire en hurlant de rage. La vieille femme fronça les sourcils, et se contenta d'esquiver le premier assaut d'un geste élégant et contrôlé, qui s'apparenterait presque à de la danse. Elle en profita pour infliger un coup d'éventail qui semblait dans le vide, mais qui trancha net la gorge du premier soldat, qui s'effondra raide mort au sol. Le second sbire écarquilla les yeux, mais se lança de nouveau vers la Papinox, qui exécuta la même manœuvre, éliminant sans soucis son deuxième adversaire. Impressionnée par une telle efficacité, Marisa ne sut que dire.

-Marisa : Ma-Madame... M... Merci...

-Vieille Femme : Vous n'avez pas à me remercier. C'est le devoir de ma famille de protéger la votre. Et votre mère m'a confié votre protection à vous deux. Cela doit prouver la valeur que vous aviez à ses yeux.


Elle tourna alors son visage vers la fille Joliflor, l'air sombre, et vit en ces deux jumelles ses petites-filles qu'elle savait désormais pertinemment qu'elle ne reverrait jamais. Elle laissa échapper un long soupir de mélancolie, et prit un air réprobateur et sévère en s'adressant à Marisa.

-Mais cette posture n'est pas digne d'une Bailerina. Savez-vous pourquoi notre famille a porté allégeance à la votre autrefois, et que nous sommes toujours dans leur ombre ? C'est pour leur façon de briller constamment et sur une si longue durée. Nous ne sommes pas destinés à vivre longtemps, et notre éclat se résume souvent à un instant précis de notre vie. Mais vous... Votre charme constant... Vos sourires... Sans même avoir à sortir les armes... C'est ce qui nous a toujours conquis chez vous. N'oubliez pas que c'est votre force, jeune fille.

La vieille femme se tourna alors vers l'enceinte du manoir en faisant claquer son éventail, l'entrée de celui-ci commençant à geler progressivement.

-Fuyez avec votre sœur et survivez par tous les moyens possibles. Car quelque soit la noirceur de votre cœur à l'heure actuelle, le jour viendra où vous brilleriez à nouveau.

-Marisa : ... Mais...

-Cessez de parler et partez vite. Je ne sais pas combien de secondes je serais capable de tenir face à elle.

-... Merci...


La fille Joliflor partit en courant vers le passage secret sa jumelle sur son dos, la vieille femme ne prenant pas le temps de se retourner, fixant Artikodin au loin commencer à sortir de l'entrée. La grand-mère prit un air déterminé.

-Eleanor, Eleador... Mon instant de lumière est arrivé.

Marisa parvint à partir le tunnel secret et s'y faufila en courant, ne se retournant pas en un instant, ne pensant qu'à la survie de sa sœur en cet instant précis. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes de course effrénée qu'elle prit conscience d'une triste vérité : Elle ignorait jusqu'au nom de celle qui venait de donner sa vie pour elles.

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https://www.youtube.com/watch?v=AzdNqDHpNWo

Le coucher de soleil s'estompait au loin alors que les deux sœurs étaient recroquevillées au fond d'une grotte, dans un silence palpable. Violetta tremblait encore, ses mains s'agitant avec force. Marisa, elle, était rongée par la culpabilité. Cependant, malgré tout, elle se redressa et se mit face à Violetta, esquissant avec difficulté un sourire amer mais plein d'empathie, cherchant du fin fond des forces qui lui restait à lui offrir cette lumière dont lui avait parlé la vieille femme. Elle ne trouverait jamais la rédemption pour ce qu'elle avait fait. Mais elle peut protéger Violetta à sa façon, comme elle l'avait toujours fait. Plus jamais elle ne pleurerait, elle sourira quelque soit la situation. Elle portera le poids de son crime le reste de sa vie, et ferait tout pour qu'un jour, une fois tout ceci terminé, sa sœur puisse vivre heureuse.

-Violetta : Ils sont tous partis à jamais... Et c'est de ma faute...

-Marisa : Rien n'est ta faute, ceux sont ces monstres les responsables... Les autres ont juste cherché à nous protéger...

-... Nous sommes seules désormais...

-Oui... Mais ne t'inquiète pas, moi je serais toujours là pour toi... Nous allons survivre ensemble ! Et nous ferons renaître les Bailerina ! Je te le promets !

-??? : Si ceci est votre volonté, je peux vous aider.


Les deux jumelles sursautèrent et se tournèrent vers l'entrée de la grotte, où se trouvait une femme Gardevoir, baignée dans la lumière du soleil couchant comme une déesse. La femme posa son regard sur Violetta. Elle aurait préféré avoir les deux couples de jumelles dans l'histoire, mais de toute évidence, rien qu'elle devrait valoir le coup de ses quelques sbires sacrifiés dans son plan. La femme Gardevoir afficha le sourire qui se voulait le plus rassurant et envoûtant possible.

-Violetta : Vous... Vous êtes la femme Gardevoir de tout à l'heure...

-Oui, je me prénomme Anastasia. Navrée de faire votre connaissance dans de telles conditions, mais sachez que je respectais beaucoup votre mère... Et que je ferais tout pour vous aider à surmonter ceci. J'ai moi-même beaucoup d'hommes là-bas qui comptaient beaucoup pour moi...

-Marisa : ... Vous comptez faire quoi maintenant ?

-Anastasia : Retournez auprès des miens. Et je vous propose de venir avec moi. Ces Gijinkas malveillants vont probablement chercher à vous retrouver, si vous restez sur cet archipel, vous y laisserez la vie. Il faudra probablement changer votre nom aussi.


La femme Gardevoir tendit sa main telle une bénédiction vers Marisa et Violetta, l'aura dorée du Soleil l'entourant toujours.

-Je vous donnerais la puissance pour pouvoir vous défendre vous-même et survivre jusqu'à la fin de cette tragique guerre. Je vous le promets. Pour votre famille et en l'honneur d'Angelina Bailerina.

Violetta regarda Marisa avec hésitation, et celle-ci lui sourit en retour.

-Marisa : Ne t'inquiète pas, allons-y ensemble... Mon sourire sera toujours là pour toi ~

La fille Rafflesia hocha la tête, et les jumelles se dirigèrent vers la dénommée Anastasia, rejoignant ainsi les Stalkers. Mais au final, peu importait chez qui elles finissaient, du moment qu'elles étaient là l'une pour l'autre. Car c'était la dernière raison de vivre de Violetta.

Le sublime sourire de sa sœur.


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-Marisa... Snif... Marisa... Souris-moi s'il te plaît... Juste encore une fois... Même une esquisse...

Violetta, son bras reconstituée totalement en végétation violette à présent, était penchée à genoux au-dessus de sa sœur. Les larmes perlaient sur son visage, alors qu'elle n'obtenait pas de réponse, et que sa main valide se resserrait sur la main droite de Marisa.

-Pourquoi tu ne réponds pas... Tu vas te tourner vers moi et me dire que tout va bien se passer, non ? Tu me l'as promis... Pourquoi faut-il que toi aussi tu me protèges malgré ce que je vaux... Marisa... Marisa...! MARISAAAA ! WAAAAAHHHH !

Violetta hurla de désespoir en posant sa tête sur la poitrine de Marisa. Du moins ce qu'il en restait, tout le haut de son corps jusqu'à la poitrine n'était plus qu'une silhouette totalement calcinée et sans vie. Une silhouette où tout sourire ou lumière ne serait plus jamais possible.

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Re: L'Archipel du Dingue

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