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Joey Kirks
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Re: L'Archipel du Dingue

le Dim 20 Mai - 11:43
Les soeurs Bolboreta regardaient les deux Stalkers avec un air attristé. C'était bien ça, une famille. Un lien de sang et de souffrance qui ne cesse que par accident. Il y avait presque quelque chose d'ironique dans ce spectacle, deux familles qui se détruisaient. Eleanor lança un rapide coup d'oeil vers sa soeur. Depuis qu'elle était condamnée par le poison, la femme-Charmillon sentait bien qu'Eleador était en proie à un stress immense, à une angoisse qui la rongeait. Elle se mit à se mordiller les lèvres, du moins ce qu'il en restait. Elle devait faire attention. Si Eleador commençait à s'identifier aux deux Stalker alors le combat serait fini, elles n'auraient plus aucune chance de gagner. Si elle y voyait le reflet de leur histoire...


??? : Vos émotions seront toujours vos plus grands adversaires dans une bataille.


Eleanor prit une profonde inspiration. Ce genre de préceptes lui revenaient souvent, comme des flash, lors de combats importants. Elle savait que c'était le cas pour sa soeur aussi. Malgré l'agitation de ses pensées, ces règles mainte fois entendues prenaient toujours le dessus sur leur volonté. Ce triste spectacle de deux soeurs en détresse la désolait, mais elle ne se sentait pas coupable. La perte du bras de Violetta n'était pas sa faute, tout comme elle ne pouvait leur en vouloir pour la mort certaine qui allait bientôt la frapper. Ce ne sont que des scènes du quotidien dans cet horreur perpétuel qu'est la guerre. Elles finiraient toutes broyées par cette machine implacable. Elle tenta de regarder sa soeur de manière à la rassurer. Son visage aurait dû la terrifier mais la peur de la perdre était bien plus forte.

Eleador regardait la scène en tremblant jusqu'à percevoir les yeux de sa soeur. Elle lui faisait tellement de peine... Lentement, elle calma sa respiration. Elle devait réagir. Vite. Si elle n'analysait pas la situation, elle savait que ce n'était pas Eleanor qui le ferait à sa place. Ses pupilles bougeaient sans cesse de gauche à droite, comme si elle lisait, passant rapidement de Violetta à Marisa. La femme-Rafflesia était mal en point ; c'était le bon moment pour attaquer. Encore fallait-il y arriver. L'aura jaune et menaçante de la femme-Joliflor devenait de plus en plus pesante... Elle savait que ce sourire n'était qu'une façade. Il y avait une certaine force là dedans, elle aurait aimé pouvoir se contenir aussi facilement. Elle lança un regard entendu à Eleanor et les soeurs Bolboreta acquiescèrent en même temps. Elles n'avaient pas vraiment d'autre choix. Sa priorité restait de sauver sa soeur... Et elles n'avaient sûrement pas besoin de la femme-Joliflor pour cela.

Eleador : Cette détermination est magnifique... Vous êtes une vraie famille, comme nous...


Elle prit une profonde inspiration et souffla alors une épaisse fumée mauve qui s'éleva pour former un épais nuage au-dessus du champ de bataille. Eleanor regardait tristement ce qui se déroulait sous ses yeux. Si sa soeur s'apprêtait à faire ce qu'elle pensait... De la poudre se mît à tomber du nuage, des spores oranges, verts, bleu... C'était un spectacle magnifique et terrifiant à la fois. La femme-Charmillon lança un regard inquiet vers sa soeur.

Eleador : Mais ce n'est pas pour ta sœur que tu devrais t'inquiéter le plus.

Eleanor prit sa lance à deux mains et la dirigea vers le nuage. Elle savait que sa soeur n'était pas au plus haut de ses capacités, mais elle s'inquiétait tout de même. Si Eleador devait finir le combat seule, alors il fallait qu'elle se ménage pour passer ensuite aux choses sérieuses. De toute façon, ce nuage n'était qu'une tentative désespérée : Violetta pouvait sûrement protéger Marisa des spores... A moins qu'elle n'intervienne. Après avoir dirigé la lance vers le nuage, elle la porta vers elle et l'utilisa à nouveau comme une paille, aspirant chaque spore et même le nuage. Son corps chancela un instant. Elle sentait sa faiblesse. Elle venait de raccourcir le peu de temps qui lui restait encore avec Eleador, mais c'était pour son bien. Sa lance, auparavant d'un noir de jais, était maintenant teinté des couleurs du nuage et des spores. La femme-Papinox lança un regard paniqué à sa soeur, comme si elle ne comprenait pas vraiment ce qu'elle voulait faire. La femme-Charmillon lui sourit faiblement.

Eleanor : Désolé, petite soeur... Les Bolboreta sont des êtres éphémères.

Eleador ferma douloureusement les paupières. Elle ne savait pas si sa soeur allait survivre ou pas, mais elle savait ce qu'elle devait répondre. Elle lui sourit et déclara haut et fort, d'une voix noyée par les larmes


Eleador : Ils ne sont jamais aussi beaux que dans la mort.

Eleanor acquiesça avec son plus beau sourire, un sourire tragique mêlé d'espoir et de crainte, d'amour et de résignation. Une multitude de reflets apparurent alors. La femme-Charmillon semblait omniprésente tant son image était partout. Dans une harmonie et une cohérence spectaculaire, ils effectuèrent tous les mêmes mouvements, comme s'il s'agissait d'une immense chorégraphie, une danse funèbre et guerrière où les Charmillons bougeaient avec une vitesse et une précision déconcertante qui aurait donné le tournis à n'importe quel spectateur. Alors qu'elles couraient toutes autour des deux soeurs Stalker, toutes les Charmillon explosèrent dans une nuée de couleurs et de spores qui semblaient plus être là pour aveugler que pour attaquer. Il n'en restait alors plus qu'une qui, à travers le bruit des explosions, surgit du brouillard multicolore pour projeter sa lance vers le torse de la femme-Joliflor

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Annie Panda
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Re: L'Archipel du Dingue

le Dim 20 Mai - 23:19
Marisa et Violetta restèrent figées de longues secondes face au nuage de spores qu'avaient provoqué leurs adversaires. Le spectacle était magnifique, cependant, en cet instant, les pensées des deux sœurs étaient ailleurs, leur yeux brillant en voyant ce véritable florilège de couleurs, leur rappelant toutes les deux en même temps cet instant qu'elles avaient autrefois partagées devant ce feu d'artifices. Elles furent cependant coupées dans leurs pensées quand le dit nuage fut absorbé rapidement par la lance d'Eleanor. Alors que leurs rêves se faisaient progressivement absorbés par l'arme de leur adversaire, par le fléau de la guerre, révélant de nouveau les pâturages sinistres de cet archipel. Marisa profita de ce court instant pour lancer un nouveau regard à Violetta, cette dernière ne sachant plus quoi dire.

-Marisa : On dirait qu'elles envoient vraiment le paquet ce coup-ci, reste en retrait ~

-Violetta : Sœurette... ?

-Ne t'inquiète pas, je t'ai fait une promesse, je compte bien la tenir !


Les sœurs Jünmager étaient liés par un lien très puissant entre leurs deux regards en cet instant. Marisa avait son plus grand sourire, et l'air le plus rassurant qui fut. Et ce fut exactement pour cette raison que Violetta se mit à trembler. Car c'était le sentiment qui ressortait plus que jamais de leurs yeux en cet instant, tels deux miroirs se réfléchissant éternellement. La même peur pétrifiante qu'elles vivent depuis des années déjà.

*Je ne veux pas te perdre !*

Des dizaines d'Eleanor apparurent alors autour d'elles telles des reflets, entamant une chorégraphie funèbre pour perturber les Jünmager. Mais alors que Violetta restait au sol en retrait comme on lui avait demandé, Marisa se mît à danser également, tournoyant dans tous les sens, son fouet entamant lui-même une chorégraphie aux courbes sublimes, le fouet s'illuminant de plus en plus.

-Marisa : Cesse de tourner autour du pot, je t'attends, Eleanor Bolboreta !

Soudain, tous les reflets explosèrent en des dizaines de spores, aveuglant les deux Stalkeuses alors qu'Eleanor en profitait pour surgir et attaque Marisa. Cette dernière ne paniqua cependant pas, les yeux fermés alors que son fouet semblant grandir de plus en plus, tel un ruban de danseuse, frottait légèrement avec l'air. Concentrant alors tous ses sens sur les mouvements de son arme, la femme Joliflor put sentit l'air se perturber à un endroit précis, et fronça immédiatement les sourcils, interrompant sa joyeuse danse pour abattre d'un seul coup brusque son fouet dans cette direction. Le coup fut d'une telle puissance lorsqu'elle claque de plein fouet sur la lance d'Eleanor, qu'une bourrasque d'air se propulsant depuis les deux combattants dissipa immédiatement les spores dans les airs après la diversion, et repoussa de plusieurs mètres en arrière Eleador et Violetta. Debout l'une face à l'autre, leurs auras éclatant de plein fouet alors que leurs regards se dévisageaient. Elles étaient toutes les deux emplies de détermination et d'un désir de protection intense, sachant qu'elles ne devaient pas reculer.

Car si elles ne faisaient pas ce qu'il y avait à faire, leurs sœurs respectives mourraient. Et il n'y avait aucune chance que cela arrive.


-Marisa : Je vais t'empoisonner jusqu'à ce que tu te décides à tomber ! Quelque soit le nombre de coups qu'il faudra !

En cet instant si court et pourtant si intense pour les combattantes, et alors que Violetta et Eleador n'avaient même pas encore eu le temps de se remettre de la bourrasque et de commencer à se relever, Marisa et Eleador se mirent à s'affronter en un duel frénétique. Tel un concours de danse dont dépendrait leur avenir, les deux femmes bougeaient dans tous les sens, l'une faisant claquer son fouet et l'autre pointant sa lance, chacun cherchant à atteindre l'autre. Toutes deux avaient une arme empoisonnée et mortelle, elle le savaient, et même sans ça, les dégâts d'une telle puissance déchaînée seraient inimaginables. Mais elles ne s'arrêtaient et ne paniquaient pas pour autant. Et leurs pensées et motivations résonnaient dans leur tête à chaque coup esquivé et rendu.

Elles survivraient.

Leurs soeurs allaient survivre.

Tout ceci finirait bien.

Elles se l'étaient promis.

Cela ne pouvait pas finir... Pas ici !


-Eleanor : Lance-Soleil !

Marisa écarquilla les yeux de surprise, Eleanor balançant un Lance-Soleil à bout portant tout d'un coup, malgré la vulnérabilité que ça lui impliquait. La femme Joliflor eut d'abord le réflexe d'esquiver, mais compris vite pourquoi la Charmillon avait fait ça. Dans son angle, juste derrière elle, se trouvait Violetta encore en train de se relever. C'était elle la vraie cible, et que Marisa esquivait ou non, cela ne changeait rien. Marisa grimaça et se mordilla la lèvre, et sans hésiter un instant, au lieu d'esquiver, donna un grand coup de fouet en direction de la rebelle. Le Lance-Soleil jaillit alors soudainement, légèrement dévié par l'influence de la jeune Joliflor, et s'élança dans le vide, passant à quelques décimètres seulement de Violetta. Celle-ci était pétrifiée, encore sous le choc de l'attaque l'ayant frôler de si peu, et regarda en direction de sa sœur. Elle aurait voulu la remercier, mais aucun mot ne pouvait sortir de sa bouche. Pas maintenant.

-Marisa : Dis, Eleanor...

La femme Joliflor était debout, mais avait un immense trou brûlé dans son corps, ayant perdu la moitié de son torse et son bras gauche,  du sang dégoulinant rapidement de sa bouche, alors que face à elle, Eleanor avait une immense plaie profonde le long du torse, laissant même voir ses os.

-Je me demandais... Si on était de bonnes, ou de mauvaises sœurs... pour elles...

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Re: L'Archipel du Dingue

le Mar 22 Mai - 14:26
Un souvenir la hantait. Le premier souvenir peut-être. Eleanor ouvrait les yeux, blottit contre sa sœur dans le lit de sa chambre. Elle ne se souvient plus de l'âge qu'elle avait. Mais c'est sans importance. Les Bolboreta ne font pas attention à leur âge, question de principe... Même une enfant comme elle le sait. Elle se réveille et s'attend à voir le visage de sa soeur Chenipotte. Elle se réveille et pousse un cri strident. Les beaux cheveux rouge de sa soeur sont devenu mauve en l'espace d'une seule nuit et son corps était comme momifié d'un épais tissu de la même couleur, qui ne laissait qu'apercevoir un œil rouge sang. Un œil vidé de vie et d'émotion. Alertée par le cri de la petite Chenipotte, une jeune femme-Charmillon d'environ 25 ans se précipite dans la chambre. Elle qui avait d'habitude un visage si strict et le regard si froid a alors son visage qui s'illumine d'un grand sourire. La petite Chenipotte est perdue. C'est peut-être la première fois qu'elle voit sa mère sourire.

Eleanor : Mais maman, pourquoi tu souris ? Elle est... Elle est toute mourue !

Sa mère rit doucement avec grâce et délicatesse. Elle ne l'a jamais vue aussi heureuse et aussi belle. Pourtant, elle n'arrive pas à partager ce moment avec sa mère ; elle sait qu'elle n'est pas au centre de l'attention. La belle femme-Charmillon se penche vers le lit et, comme si Eleanor n'existait pas, elle prend le corps d'Eleador dans ses bras et la porte. Celle-ci ne réagit pas et ne bouge pas d'un pouce.

-Ta soeur grandit c'est tout... Elle est vulnérable mais bien vivante. Elle évolue, elle.

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Eleanor est presque essoufflée d'avoir suivi sa mère. Le manoir des Bolboretta était immense : il fallait plusieurs minutes pour passer de sa chambre à la cour intérieure ou sa grand-mère, une femme Papinox qui atteignait presque l'âge vénérable de quarante ans, était assise en tailleur au milieu du jardin entre trois grandes stèles ou étaient gravés les noms de leurs ancêtres. Eleanor savait qu'il y avait quelque part le nom de son père et de sa grande-tante, mais elles n'auraient pas su dire où exactement. Elle avait l'habitude de voir sa grand-mère prier ici. Des centaines de papillons volaient autour d'elle. Son visage, si sévère et froid lorsqu'elle regardait sa fille, devenait doux et chaleureux dès qu'elle voyait les jumelles. La femme-Charmillon déposa le corps d'Eleador devant elle. La femme-Papinox alluma sa pipe, tira une longue bouffée et examina la fille-Blindalys. Un doux sourire illumina son visage.



-Bravo, Eleana. Ta fille va bientôt devenir une grande guerrière...

Eleanor : Et moi alors ? C'est moi l'aînée ! De dix minutes en plus...

La fillette soupira. Elle aurait tout fait pour être à la place de sa soeur... Elle la détestait presque pour ça. La grand-mère se mît à rire en voyant la Chenipotte bouder.


-Les enfants se précipitent sans cesse tandis que les vieillards voudraient rattraper le temps... Les Bolboretta sont des êtres éphémères ma chérie. Ils évoluent, grandissent et dépérissent à une vitesse vertigineuse. Ton temps viendra aussi... Ne te hâte pas trop. Vous serez toutes les deux de belles guerrières, de grandes Bolboretta !

Son ton se fît plus dur et amer, alors qu'elle déclarait :

-Pas comme votre mère.

Celle-ci baissa les yeux, regardant Eleador en se mordant la lèvre inférieure. La honte rongeait son coeur. Eleanor le sentait mais elle ne pouvait pas savoir pourquoi.

Eleanor regardait sa soeur endormie. Elle se demandait si elle aussi aurait des cheveux mauve comme cela... C'était injuste qu'Eleador soit la première. Elle prendrait sa revanche.


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Eleana : Bravo, Eleador ! Tu as encore battue ta sœur !

La fille-Papinox était encore félicitée par sa mère. Elle avait pourtant l'air totalement indifférente. Elle regardait sa soeur, au sol, sur le dos... La fillette-Charmillon n'était pas blessée heureusement, elles ne se battaient qu'avec des bâtons. Il ne s'agissait que d'entraînement après tout. Sans même faire attention aux paroles de sa mère, Eleador jeta son bâton au sol et alla aider Eleanor à se relever. Cette dernière n'osait même pas la regarder dans les yeux.

-Et toi, Eleanor... Quelle faiblesse, quelle honte ! Tu dois surpasser ta soeur, tu es l'aînée. Tu m'entends ? Sinon Shibusen ne voudra jamais de toi.

Elle hocha docilement la tête en écoutant sa mère. Surpasser sa soeur... Surpasser sa soeur et enfin exister aux yeux des Bolboretta... Surpasser sa soeur et vivre.


Dernière édition par Joey Kirks le Sam 26 Mai - 19:50, édité 2 fois

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Re: L'Archipel du Dingue

le Sam 26 Mai - 16:00
La famille Balairina était la famille la plus influente et puissante de l'archipel Blumm depuis des générations. Très matriarcale, la famille tournait autour de ses membres féminins, de magnifiques femmes Joliflor, suivies dans l'ombre par les mâles, des hommes Rafflesia, tous globalement en retrait par rapport à elles. Plutôt pacifique dans l'âme, cette famille ne se basait pas sur leur force militaire, mais plutôt sur leur forte pression social et diplomatique, usant de leurs relations et de leur charisme pour arriver à leurs fins. Même quand la situation devenait trop tendue pour être résolue par de simples mots, et que la force devenait nécessaire, les Balairina faisaient alors appel aux autres familles nobles de l'archipel qui suivaient leurs ordres, des familles souvent composées de guerriers ou d'assassins à leur service. La dernière dirigeante en date de cette famille était Angelina Bailarina, une quarantenaire Joliflor à la beauté et à l'intelligence incontestées dans le milieu. Elle possédait au total que deux filles jumelles, qu'elle gardait cependant dans l'ombre le temps de leur éducation et de leur développement personnel, la tradition voulant qu'elles ne fussent révélées au grand public qu'à leur majorité. Vivant dans un immense manoir verdoyant, aux milles et un jardins, et étant accompagnée de familles servantes très fidèles, la famille Bailarina vivait à part de ce monde, dans une bulle qu'Angelina leur dédiait pour que rien ne puisse venir troubler la paix de ses filles.

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-Marisa : Mère, mère, regardez le mouvement de danse que le professeur Sanderina vient de m'apprendre !

Une jeune et rayonnante adolescente Joliflor, d'environ seize ans, était entrée en trombe dans le bureau principal du manoir, celui de sa mère, Angelina Bailarina. Cette dernière était tout aussi belle que sa fille, mais à sa façon. N'ayant pas pris une ride, Angelina avait tout d'une femme Joliflor charismatique, maternelle et pleine d'assurance, alors que les rayons de lumière filtrant à travers la baie vitrée derrière son bureau, donnant sur l'une des plus grandes serres du manoir, rebondissaient sur elle comme un miroir, la faisant briller de mille couleurs, avec un côté presque mystique et inatteignable. Elle regarda avec un sourire sympathique et compréhensif sa fille, regardant avec attention ses pas de danse alors qu'elle était en pleine paperasse avec son mari, un homme Rafflesia beaucoup plus effacé et notoire, mais semblant en complète alchimie avec sa femme. Angelina eut l'air ravie en voyant les pas de danse gracieux et envoûtants de Marisa, son regard empli de fierté.

-Angelina : Effectivement, ma fille, vous avez appliqué son cours à merveille ~~

-Marisa : Avec ça, il ne fait aucun doute que je vais faire craquer tous les hommes de l'archipel, n'est-ce pas ? Vous verrez, pas un ne me résistera !

-Angelina : Huhu, voyons, Marisa... Etre à la hauteur de ses prétendants ne se suffit pas à quelques pas de danse... Ce qui compte, c'est le caractère... Mais je suis confiante également, là-dessus. Vous êtes si rayonnante, joviale, extravertie, tout ce que je pouvais rêver de mieux... ~~

-??? : Madame Bailarina !


Une femme Parasect arriva en toute urgence dans la pièce, à la suite de Marisa, avec une information clairement importante sur le cœur. Elle faisait partie d'une des familles servantes du manoir, celle en charge... Du développement des enfants.

-Angelina : Que se passe-t-il ? Ne me dîtes pas que...

-Parasect : Si, madame, Violetta a évolué !

-Marisa : Vraiment ?! Hihihi, enfin, je savais qu'elle y arriverait ! Je vais la féliciter de suite !

-Parasect : Attendez, mademois...


La servante n'eut pas le temps de rajouter quoique ce soit, la jeune adolescente étant déjà partie en trombe voir sa sœur jumelle aussi promptement qu'elle était arrivée dans ce bureau. La Parasect soupira, et s'approcha à la place d'Angelina, lui chuchotant quelque chose à l'oreille qui fit écarquiller les yeux à la maîtresse du manoir. Marisa, elle, était aux anges alors qu'elle courrait dans les couloirs, sachant parfaitement où trouver sa sœur. Dans la famille Balairina, les évolutions des filles se faisaient particulièrement tôt, et se soldaient toujours par une évolution en Joliflor, pour une bonne raison : Le contexte. Dès leurs évolutions en Ortide, les jeunes filles de la famille étaient isolées du reste, et confiées à la famille Sectina, la famille servante des Parasect. Cette dernière utilisait ses spores et des potions pour créer un climat parfait à l'évolution, où les jeunes filles étaient chouchoutées dans un confort et une isolation du reste du monde parfaite afin de devenir les plus magnifiques qu'il fut possible. Ainsi, Marisa avait fait son évolution sans difficulté, Violetta ayant un peu de retard sur elle. C'était apparemment dû à leurs caractères respectifs, l'une étant sans contexte bien plus confiante et sociale que l'autre, au point d'inquiéter un peu la famille Parasect. Mais finalement, elle avait évolué. Marisa était emplie de joie pour elle, sa sœur lui ayant énormément manquée. Il lui tardait de l'inviter à danser avec elle, dans leurs belles tenues assorties, et de parler des jolis jeunes servants avec elle. Après tout, tout se passait toujours bien pour elles, dans ce manoir. L'adolescente Joliflor rentra en trombe dans la pièce d'évolution, l'air plus enthousiaste et heureuse que jamais.

-Coucou Violetta ! C'est pas trop tôt, je t'ai presque attendue ! Je plaisante bien sûr ! Je savais que tu y arri... Violetta ?

Le sourire et l'enthousiasme de Marisa disparurent rapidement, laissant place à un visage déconfit et choqué, face à sa soeur, assise pliée dans un coin de la pièce, en train de pleurer. Elle n'avait pas de jolies cheveux avec des fleurs comme Marisa, ni un beau teint rayonnant, ni une tenue d'été affriolante. Non, elle était... différente. Elle était une Rafflesia.

-Marisa : Vi... Violetta... Tu es...

-Violetta : Désolée, sœurette... Je suis désolée... J'ai échoué...


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Plusieurs mois avaient passé depuis cette évolution. Marisa et Violetta étaient toutes deux sur l'escalier d'un des couloirs du manoir, la fille Joliflor coiffant les cheveux à sa sœur qui restait immobile, un peu crispée. Comme à son habitude, Marisa blablatait sans s'arrêter, l'air totalement détendu et jovial, là où Violetta était toute gênée et timide.

-Marisa : Et là, madame Sanderina me dit : "Tu bases trop tes mouvements sur tes fesses, là où tu devrais le baser sur tes hanches !", mais elle est marrante, ma tenue ne m'aide pas dans mes mouvements ! Même dans les cours de défense, elle me gênait tout le temps déjà !  C'est facile pour elle, sa tenue est parfaite pour ce qu'elle fait, c'est basé sur la souplesse et non sur l'élégance, elle ne peut vraiment pas comprendre !

-Violetta : Hmm... Te plains pas, toi tu arrives à danser au moins...

-Marisa : Roh, t'inquiète pas ! Tu as juste un style différent que la prof n'arriva pas à concrétiser ! Depuis des décennies elle a toujours fait cours qu'à des Joliflors et à sa propre espèce, normal qu'elle ait besoin de temps pour trouver son propre style !

-Oui, donc c'est bien de ma faute... Parce que je suis différente...

-Marisa : Roh, tout de suite ! Tu n'es pas différente, tu es unique ! La première femme Rafflesia de la famille depuis trois générations, c'est un exploit voyons ! Tu vas marquer l'histoire, tous les hommes ne voudront que toi car tu changeras des autres, je te le garantis !

-Violetta : Si tu le dis... Oh ?


A ce moment là, leur mère approcha du bout du couloir, passant à côté d'elles. Elle était accompagnée d'une autre personne, que Marisa ne connaissait pas, sûrement pour le travail. Les deux jumelles levèrent leur regard vers elle, Angelina les regardant à son tour.

-Marisa : Bonjour, mère !

-Violetta : Bonjour, mère...

-Angelina : ... Bonjour Marisa. J'ai une réunion importante, je ne peux m'attarder ici, on parlera après  ~~


La femme avait toujours son air bienveillant et maternel au regard, si charismatique. Et pourtant, malgré toute sa sympathie envers Marisa, le mépris qu'elle exprima à ce moment-là pour Violetta était omniprésent et brutal. L'adolescente Rafflesia baissa les yeux, l'air honteuse et penaude, alors que Marisa continuait à sourire à sa mère alors qu'elle s'éloignait. Mais derrière son sourire, elle se sentait mal pour sa sœur. Elle essayait sans cesse de rassurer cette dernière, mais c'était un fait : Leur mère détestait Violetta, comme une grande partie du manoir. Seul leur père, de part sa condition, continuait à lui offrir son amour. On ne maltraitait pas la jeune fille pour autant, et on lui assurait toujours son éducation. Mais depuis son évolution, Angelina n'avait plus une seule fois accorder de l'importance ou un sourire à Violetta, et les deux sœurs savaient parfaitement pourquoi. Violetta regarda le sol, la tristesse se lisant sur son visage. Le sourire de Marisa eut un petit rictus, et elle posa sa main sur le dos de sa sœur pour la réconforter.

-Marisa : Roh ne t'inquiète pas, ça va passer, il lui faut juste un peu de temps !

-Violetta : Arrête, ne te fais pas du mal... Tu sais très bien que ce n'est pas vrai...

-... Tu as raison, tiens ! Je ne vois pas pourquoi il faudrait du temps ! Je vais aller lui parler maintenant et lui dire deux mots ! Elle n'a pas à te traiter comme ça ! Ne t'inquiète pas, tout va s'arranger, soeurette !

-Tu dis ça à chaque fois, Marisa... A chaque fois...

-... A tout de suite, je reviens ! ~~


Gardant son faux sourire, Marisa partit en courant vers le bureau de sa mère, laissant Violetta sur place alors qu'elle déprimait. Sa sœur avait raison. A chaque fois que Marisa avait voulu la défendre, cela se soldait par un échec. Mais elle ne pouvait pas abandonner, c'était tout ce qu'elle pouvait faire. Et puis, elles vivaient dans d'excellentes conditions, cela ne pouvait que s'améliorer avec le temps.

-??? : Je vois que nous avons trouver un arrangement !

Alors que Marisa arrivait devant le bureau, elle s'arrêta soudainement en entendant cette voix à l'intérieur. Bizarrement, elle n'aimait pas du tout ce timbre de voix, il ne lui inspirait guère qu'un mauvais pressentiment. Elle eut alors une drôle d'hésitation, et décida d'épier la conversation plutôt que l'interrompre. Ses deux parents parlaient avec la femme inconnue de tout à l'heure, étant d'une espèce que Marisa, elle s'en rendait seulement compte, ne connaissait pas. Angelina parlait calmement, mais on sentait une certaine tension dans la pièce.

-Angelina : Effectivement... Shaymin, c'est cela ? Nous ne voulons poser aucun problème dans ce conflit mondial, ce n'est pas notre raison d'être. Nous vous fournirons toutes les ressources demandées comme prévu.

-Shaymin : Parfait ! Je suis contente que cela vous convienne ! Mais n'oubliez pas le plus important ! Nous voulons aussi votre garantie que lors de leur majorité, vous nous offrirez en offrande l'une de vos filles ~~


Marisa écarquilla les yeux en entendant cela, ne comprenant plus ce qui se passait. Tout cela n'avait aucun sens. Tout ce qu'elle pouvait, c'était regarder sa mère en espérant qu'elle refuserait. Qu'elle mette à la porte cette pimbêche. Qu'elle soit la mère qu'elle avait toujours crû avoir. Mais la vérité était tout autre, et son sang se glaça. Malgré l'air en désaccord de son mari, Angelina soupira et répondit finalement froidement à la dénommée Shaymin :

-Angelina : Si la survie de ma famille en dépend, très bien. Mais n'oubliez pas, ça devra être la Rafflesia.

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Re: L'Archipel du Dingue

le Dim 27 Mai - 13:49
https://www.youtube.com/watch?v=10A5egJh6OQ


Eleanor et Eleador se faisaient face dans la salle de combat du manoir. C'était une salle en retrait par rapport au manoir, en cas d'incident. Eleanor contemplait la salle d'un air impressionnée. C'était la première fois qu'elle y mettait les pieds. D'habitude, l'entraînement avait lieu dans la cour intérieure. Alors qu'elle marchait sur le plancher glacial, elle se demandait combien de ses ancêtres s'était rendu ici pour devenir de grands guerriers, afin de rejoindre Shibusen. Elle entendait les cris de ses ancêtres, elle voyait le sang des Bolboreta tâcher le sol... Son imagination exaltée fût interrompue lorsqu'elle vît sa grand-mère assise sur un cousin de soie, en retrait, pour assister au combat. La fille-Charmillon prit profondément sa respiration. Elle savait que sa grand-mère ne faisait aucune différence entre les deux fillettes. Pourtant, c'était le moment de faire ses preuves. Jusqu'ici, elle avait gagnée chaque combat de ces deux derniers mois, mais elle n'en ressentait aucune gloire. Sa mère avait décidée qu'Eleador se battrait à main nue tandis qu'elle continuerait à utiliser son bâton ou sa lance. De plus, Eleador avait un air sombre ces derniers temps. Elle ne riait plus comme avant. Son regard s'était éteint. L'espace d'un instant, Eleanor fut prise d'une soudaine nostalgie. Elle se rappelait sa petite enfance, lorsqu'elle n'était qu'une petite Chenipotte, tout comme sa soeur. Alors, elles riaient et couraient ensemble dans les jardins du Manoir. Elles discutaient des grandes guerrières qu'elles seraient toutes les deux... Il n'y avait aucune différence de niveau entre les deux filles à l'époque. Elles étaient chacune le reflet de l'autre. Le jour de l'évolution de sa soeur, quelque chose s'était brisée en chacune d'elle...

Sa réflexion fut interrompue par l'entrée de sa mère dans la pièce. Elle affichait un air calme et souriant, comme à son habitude. Elle tenait dans sa main une belle lance noire. L'arme d'Eleanor. La fille-Charmillon fronça les sourcils. Eleador n'avait rien d'autre que ses éventails, elle ! Ce n'était même pas des armes à proprement parler. Sa mère préparait déjà Eleador pour son entrée à Shibusen... Et elle, qu'allait-elle devenir ? Un échec, si elle ne l'était pas déjà. Alors que sa mère s'approchait pour lui donner la lance, Eleanor lui fît signe de ne pas s'approcher.

https://www.youtube.com/watch?v=Vf-GY3ezkHU&t=8s

Eleanor : Si elle n'a pas d'arme... Alors je n'en veux pas non plus.

Eleana : Tu es sûre ?

Le ton de sa mère était ferme et son regard glacé. La fillette frissonna un instant. Puis, tout d'un coup, elle s'emporta. Cette question remettait en cause tout ce qu'elle aspirait à être.

-Bien sûr que oui ! Tu vas voir... Eleador, je vais gagner ! Je vais vous montrer que la force des Bolboretta coule aussi dans mes veines. Avec ou sans armes, je vais vous montrer à tous à quelle point Eleador ne vaut RIEN face à moi !

La petite Papinox écarquilla les yeux et fut prise d'un frisson à son tour. Elle n'avait jamais vu sa sœur comme ça... Elle ne voulait pas la voir comme ça... Elle serra ses éventails, tandis que sa mère reculait et posait la lance au sol, face à elle. Elle était maintenant assise à côté de leur grand-mère, l'une toujours souriante et l'autre toujours passive, semblant plus concentré sur son thé que sur le cours des événements.

-Comme vous voulez. Ça tombe bien, ce combat sera le meilleur moyen pour vous de faire vos preuves. Si je vous amène ici pour la première fois... C'est parce que ce sera votre premier combat où vous avez le droit d'utiliser vos pouvoirs sans aucune restriction.

C'était une grande nouvelle pour les deux filles. Jusqu'ici, l'entraînement n'avait été que physique et mental... Les deux domaines où Eleador semblait meilleure. Les entraînements qui concernaient les pouvoirs des jeunes filles étaient privées et comme leur relation s'était clairement détériorée, les deux fillettes ne s'étaient jamais dits quelles étaient leurs pouvoirs depuis leur évolution. Depuis combien de temps avaient-elles évoluées déjà ... ? Aucune importance. Ce qui important, c'était ce combat où Eleanor allait montrer le fruit de tous ses entraînements. Elle se mît en garde, prêt à combattre.

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??? : Arrête ! Arrête, je t'en supplie !

La voix était déchirée par la douleur et la colère. La douleur physique et mental d'avoir perdu... La colère contre soi-même d'avoir perdu aussi facilement. La fillette-Charmillon se roulait au sol, des larmes coulaient le long de son visage cachée par ses mains. Toute la salle était couverte d'une épaisse couche noire, comme de la suie... De la même manière, le corps d'Eleanor était couvert de brûlures. Elle se roulait dans tous les sens, comme une démente.

-Ça brûle Eleador ! Pourquoi est-ce que ça brûle autant ? Je te hais, je te hais, tu m'entends ?

La fille-Papinox était tétanisée. Tout s'était passé tellement vite... Comment en étaient-elles arrivées là ? Elle voulait seulement donner tout ce qu'elle avait... Et maintenant sa sœur était dans un état pitoyable. La salle d'entraînement aussi... Elle ne comprenait même pas comment le bâtiment avait fait pour ne pas s'effondrer. Elle fut alors interrompue par un bruit d'applaudissement. Sa mère. Elle s'était protégée en combinant son attaque Abri avec celui de sa grand-mère. La femme-Charmillon courut vers Eleador et la prit dans ses bras. Son regard et ses gestes étaient plein de douceur et d'amour, une chaleur qui n'arrivait pourtant pas à atteindre la fillette qui semblait traumatisée et dont le regard restait rivée sur sa sœur en train d'agoniser.

- Tu as été magnifique, Eleador ! Une vraie Bolboretta... Oh, le recruteur de Shibusen sera si heureux lorsqu'il viendra... Tes mouvements, ta grâce, ta force... Lui aussi aimera tout ce que j'aime chez toi, tu sais ?

Le visage d'Elena se tourna vers la grand-mère qui s'avançait vers elle.

-Et vous mère, n'êtes-vous pas fière de moi ? Ma méthode éducative n'est-elle point parfaite ? N'ai-je point formée la plus belle et la plus puissante de toute les Bolboretta ? Êtes-vous aussi heureuse que moi ?

Le discours de la femme-Charmillon fut interrompue par la claque que la chef des Bolboreta venait de lui mettre. Le bruit résonna avec force dans la pièce. Le regard de la femme-Papinox était plein de reproche et de tristesse.

-Petite idiote. Tu n'as rien compris aux valeurs de notre famille.

L'honorable Papinox prit alors Eleador par la main et la tira hors de l'étreinte de sa mère. Elle se dirigea vers la fillette-Charmillon et posa sa main sur son front. Aussitôt, celle-ci tomba dans un profond sommeil. Avec une force déconcertante pour son âge, la grand-mère souleva le corps de sa petite-fille d'une main et la porta, emportant les deux enfants hors de la salle dévastée.

Il ne restait plus qu'Eleana qui poussa un long cri emplit de désespoir, comme une enfant abandonnée.


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https://www.youtube.com/watch?v=10A5egJh6OQ

Eleanor ouvrit douloureusement les yeux. Son esprit et le monde étaient flous. Elle était dans la chambre du médecin, un homme-Maskadra dont la famille soignait les Bolboreta de génération en génération. Elle reconnaissait la pièce, mais il n'était pas là. Le premier visage qu'elle vît était celui de sa grand-mère qui passait sa main dans ses cheveux. Son sourire plein de tendresse lui apparût comme un soleil que l'inquiétude voilait.


-Te voilà enfin réveillée ma chérie...

Eleanor : Grand-mère... Est-ce que... Est-ce que je me suis bien battue ?

La chef de famille fronça les sourcils l'espace d'un instant.

-Est-ce vraiment ce qui t'inquiète ? À mes yeux, tu t'es toujours bien battue. Le problème, ce n'était pas ta technique de combat, ta force ou ton agilité. Le problème c'était ton adversaire. Des sœurs ne sont pas fait pour s'entre-tuer ainsi...

Eleanor bougea avec difficulté pour se relever. Les traces de brûlures sur sa peau étaient parties. Elle se demandait combien de Soin avaient dû être utilisés pour que son corps ne soit plus marqué ainsi. Elle gardait cependant quelques cicatrices par-ci par-là... Son regard s'arrêta alors et elle fut saisie d'une profonde tristesse. Eleador se tenait appuyée sur le bout du lit, endormie. Elle était méconnaissable. Elle avait certainement maigrie car ses joues étaient creusées. Les cernes sous ses yeux trahissaient de nombreuses nuits blanche. Est-ce qu'elle avait veillée tout ce temps sur elle en attendant qu'elle aille mieux ?

-La dernière fois que je l'ai vue ainsi, c'était quand tu étais une petite Armulys. Elle a passée des jours à veiller sur toi, comme elle l'a fait cette semaine. Bien sûr, tu ne peux pas t'en souvenir. Elle était si heureuse que tu évolue et si triste à la fois de ne pas pouvoir jouer avec toi... Elle est restée à te surveiller pour être la première à te voir évoluer. Chaque jour, elle se disputait avec votre mère qui voulait la faire étudier... Elle refusait de te quitter. Cet enfant est d'une pureté...

Son regard se voila à nouveau. Elle prît la main de la fille-Charmillon et la serra contre elle. Pour la première fois de sa vie, elle voyait sa grand-mère exprimer une profonde détresse.

-Eleanor, tu dois la protéger de ce monde. Cette enfant a vite compris qu'elle ne pouvait pas compter sur sa mère. Elle n'a que nous deux et vous ne pouvez pas compter sur moi. Les Bolboreta sont des êtres éphémères et de mémoire d'homme aucun d'entre nous n'a vécu aussi longtemps que moi depuis des siècles... Bientôt, je m'éteindrai. Promet moi que tu la protégera de toutes tes forces.

Cette déclaration avait l'effet d'une tempête dans le crâne encore confus d'Eleanor. Elle ne comprenait rien... Elle serra les poings et la mâchoire tandis que des larmes coulaient le long de ses joues.

-La protéger ? Moi ? Comme si elle avait besoin de moi... C'est elle qui va te succéder, grand-mère. C'est elle la plus forte des Bolboreta.

-Regarde là et ose me répéter ce que tu viens de dire.

Un calme imperturbable se fît alors dans l'esprit de la jeune fille dès qu'elle regarda à nouveau sa sœur. Elle avait l'air si seule et désespérée, même dans un profond sommeil. Depuis combien de temps n'avait-elle pas dormi ? Pour la première fois, sa fragilité lui apparaissait de façon claire. Elle l'avait toujours vue forte, imperturbable en combat. Pourtant, ce n'était qu'une enfant qui ne survivrait pas toute seule. Comme elle. Eleador avait veillée sur elle. Maintenant, c'était à elle de le faire.
Sa grand-mère caressa sa joue et essuya ses pleurs.



-Ensemble, vous serez invincible. Ses pouvoirs sont sa force et son mental sa faiblesse. Elle n'est pas résistante émotionnellement. Toi, c'est tout l'inverse. Ta mère l'a très vite compris... C'est pour cela qu'elle ta donné mon nom. Le nom de la plus grande guerrière des Bolboreta... Eleanor.

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Re: L'Archipel du Dingue

le Jeu 26 Juil - 21:21
A peu près six mois avaient passés depuis que Marisa avait entendu les sinistres paroles de sa mère, mais dans les faits, les choses n'avaient pas vraiment changé dans la vie des jumelles Balairina. La vie suivait son cours, rien ne semblant venir perturber le cadre doux et chaleureux du manoir. Atteignant maintenant leurs dix-sept ans, bientôt dix-huit, Marisa et Violetta étaient cependant assez grandes pour prendre conscience avec du recul de ce qu'il se passait. Il y avait toutes ces rumeurs, sur le fait que le reste des archipels étaient dévastés et que la leur était une des rares à avoir survécu à ce sinistre, en grande partie grâce à l'influence de leur famille et de la prestance de leur mère Angelina. Mais dans le fond, bien qu'elle n'osait le dire à personne, Marisa savait pertinemment pourquoi ils échappaient encore aujourd'hui à tout ceci, avec uniquement quelques récoltes amoindries. Violetta...

-??? : On se concentre, Bailarina !

La jeune fille se prit alors un coup de paume de main à l'épaule, se faisant repousser fortement en arrière, la pauvre Joliflor tombant au sol les fesses la première. Elle ressentit une légère douleur et grimaça, bien que sachant pertinemment que le coup qu'elle venait de recevoir avait été retenu. Elle et sa sœur se trouvaient dans le dojo du manoir, seul endroit où toute violence était autorisée, sous le regard de quelques femmes de noblesse jugeant leurs performances dans ce cours d'auto-défense. Il s'agissait du seul moment où l'on apportait aux jeunes filles des connaissances sur le combat, afin de s'assurer qu'elles puissent se défendre un minimum le temps que les gardes viennent à leurs secours. Les situations de violence avaient beau être rares dans leurs familles, les femmes Bailarina n'étaient jamais à l'abri de l'esprit peu scrupuleux de certains prétendants mal avisés, ne prenant pas conscience de la gravité de leurs actes, et l'objectif de ce cours restait avant tout de limiter les pots cassés. Le professeur, monsieur Bartida, était un homme Jungko assez âgé et ferme, chef de la garde rapprochée des Bailarina, mais malgré son air intolérant, on sentait dans sa posture et sa force qu'il retenait ses coups. Il serait très mal avisé de sa part de blesser sérieusement la probable future dirigeante de la famille. Violetta fixait depuis un peu plus loin la scène, l'air clairement inquiète pour sa sœur, alors que les femmes de noblesse s'offusquaient contre le professeur.

-Femme 1 : Monsieur Bartida, vous êtes bien trop virulent avec cette jeune femme !

-Femme 2 : Tout à fait d'accord, vous vous comportez comme un goujat !

-Bartida : L'agresseur auquel mademoiselle Bailerina fera face sera bien moins tendre que moi. L'objectif de ce cours est de lui apprendre à se défendre, et elle n'atteindra pas cet objectif en rêvassant en plein combat.

-Femme 1 : Comment osez-vous...

-Marisa : Ne vous inquiétez pas, tout va bien ! Je n'ai rien senti, et le professeur a raison, je n'étais pas du tout concentrée ! Désolée, monsieur Bartida !


Mettant fin automatiquement au conflit, Marisa se redressa un grand sourire aux lèvres, toute trace de douleur ayant disparue de son visage. Les dames se calmèrent immédiatement, admiratives face au courage et à la diplomatie de la femme Joliflor alors que cette dernière s'inclinait devant le professeur et quittait le cercle de combat. C'était là la grande spécialité de Marisa, tout résoudre avec un sourire et de l'optimisme. C'était ce qu'on lui apprenait constamment à faire, et elle savait que c'était sa force, aussi la mettait-elle autant à profit que possible. Violetta s'avança alors à la place de sa sœur, prenant place devant le professeur Bartida en s'inclinant fébrilement et poliment. Cependant, malgré son manque évident d'assurance, l'ambiance dans le dojo avait changé, plus personne ne disant mot et Bartida étant nettement moins assuré que face à Marisa. On pouvait même sentir de la crainte dans son regard.

-Bartida : Oh... C'est déjà ton tour, Violetta...

-Ou-oui, j'espère être à la hauteur de vos attentes...

-Hmm... Oui... Hum, allons-y doucement, d'accord ? Je vais commencer...


Après une certaine hésitation, le professeur osa finalement attaquer avec un mouvement beaucoup plus rapide et puissant que contre Marisa. Cependant, là où on pourrait prendre ça pour du favoritisme envers la Joliflor, il s'agissait en vérité de crainte envers la Rafflesia, car celle-ci esquiva sans problème le coup. Des gens toussotèrent dans la pièce, et monsieur Bartida fronça les sourcils, enchaînant les coups sans aucun succès, se donnant pourtant à fond. Malgré son aisance à esquiver, Violetta restait cependant très hésitante, n'osant pas contre-attaquer. Cela dura un long moment, jusqu'à ce que Bartida fasse finalement une erreur : Sentant l'humiliation en public de ne pas pouvoir atteindre cette personne intouchable, il commença à s'énerver et à provoquer son adversaire, espérant la faire flancher.

-Bat-toi un peu ! Tu ne te protégeras pas en esquivant juste les coups ! Tu dois contre-attaquer !

-Violetta : Mais vous dîtes souvent qu'il faut juste gagner du...

-Ça suffit ! Te défendras-tu comme ça si vous êtes deux à être attaquées avec ta sœur ?! Faut-il que je la vise elle pour que tu le comprennes ?!


Violetta écarquilla les yeux en entendant cette phrase, et l'homme Jungko profita de cette occasion pour essayer de l'atteindre de la même façon que Marisa. Cependant, contrairement à sa sœur, la jeune femme Rafflesia ne se laissa pas du tout distraire, bien au contraire, son regard changeant du tout au tout quelques secondes. Encore une fois, elle esquiva le coup, mais cette fois-ci, elle contre-attaqua, une énergie violette surgissant de sa paume de main lorsqu'elle plaqua à toute vitesse celle-ci sur la poitrine de Bartida, qui se retrouva violemment propulser contre le mur à l'autre bout du dojo. Tous furent choqués face à cette scène, les femmes nobles murmurant des bassesses entre elles en regardant avec dédain Violetta. Celle-ci, s'étant calmée, regarda son entourage toute paniquée et se renferma sur elle, apeurée.

-Violetta : D-désolée, je ne voulais pas...

-Marisa : Roh là là, et voilà, professeur, vous avez énerver une demoiselle ! Vous devriez savoir qu'il n'est jamais bon d'énerver une dame, sous peine de telles réprimandes !


Prenant automatiquement la défense de sa sœur jumelle, Marisa s'était approchée d'elle et lui avait pris la main, son sourire enthousiaste toujours présent malgré la situation, alors que le professeur se relevait avec difficulté du coup qu'il venait d'encaisser. La Joliflor s'inclina alors et poussa la Rafflesia à faire de même.

-Merci beaucoup de votre cours, professeur, nous allons prendre congé ! Avec autant de colère, ma pauvre soeur a du se faire mal à ses phalanges !

-Violetta : Euh, non, je n'ai pas...

-Au revoir, monsieur Bartida !

-Balrita : Oui oui, allez-vous-en, ne vous inquiétez pas... Ce cours a bien assez duré...


Entraînant sa soeur par la main, Marisa quitta avec cette dernière le dojo, alors que les messes basses envers la femme Rafflesia continuaient à flots.

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-Violetta : Tu n'as pas à me défendre comme ça, sœurette...

Les deux jumelles s'étaient installés à l'une des fontaines d'un des nombreux manoirs du jardin, Marisa lavant la main droite de Violetta avec attention bien que comme l'avait dit cette dernière, elle n'avait quasiment rien. Jusqu'à maintenant, la jeune Rafflesia n'avait jamais entendu parlé de ce qu'avait décidé Angelina, leur mère. Et Marisa n'était toujours pas prête à en discuter avec elle, surtout dans une situation pareille. A la place, néanmoins, elle faisait tout pour lui faire garder le moral à sa façon.

-Marisa : Bien sûr que si, voyons ! Il t'a littéralement poussé à l'attaquer, ce nigaud ! Tout ça par fierté ! Franchement, il l'avait bien mérité !

-Je suis désolée... C'était l'idée qu'il te fasse du mal, j'ai réagi au quart de tour...

-Et j'aurais fait pareil, ne t'inquiète pas ! Bon, je me serais fait contrer et mettre au sol direct, mais bon, toi au moins tu as la chance de bien savoir te battre !

-Une chance ?!


Violetta sortit directement de ses gonds, regardant sa sœur l'air clairement énervé. Cependant, cette colère semblait plus tournée vers elle-même que face au mensonge totalement illusoire de Marisa.

-Violetta : Tu sais très bien que c'est faux ! Tu sais très bien à quel point la violence et le combat sont mal perçus dans notre famille ! Ce qu'il nous faut ,c'est de la diplomatie, du charisme, du charme, pas de l'agilité ou de la force ! Je suis un intrus dans cette famille !

-Marisa : Violetta... Je... Je...


Pour la première fois, la femme Joliflor ne sut quoi répondre. Elle arrivait toujours habituellement à répondre et à relativiser les propos de Violetta, mais pas ce coup-ci. Ces mots étaient bien trop vrais, bien trop forts pour être contredits. Marisa savait pertinemment que sa sœur avait raison, et elle ne trouvait aucun contre-argument face à ça. Et surtout, les mots de sa mère ce maudit jour lui hantaient en cet instant l'esprit, le fait que sa sœur finisse en offrande d'ici un semestre lui revenant en plein visage. Violetta, voyant alors sa sœur baisser le regard, se contenta alors de soupirer, cachant ses mains entre ses jambes, dans sa jupe.

-Violetta : Je ferais tout pour ne plus être ce que je suis... Vraiment tout...

Marisa ne répondit pas, laissant le silence planer entre les deux sœurs alors qu'aucun mot ne vint réconforter la femme Rafflesia. Ni la femme Joliflor d'ailleurs. Au contraire, ce ne fut pas une bonne nouvelle qui vint alors les accueillir, lorsqu'une servante vint à elles pour s'adresser à Marisa.

-Servante : Excusez-moi de vous déranger, mademoiselle Bailarina, mais votre mère veut vous voir immédiatement dans son bureau.

-Marisa : Très bien... Je reviens plus tard, Violetta, on pourra continuer à en discuter si tu veux.

-Violetta : Oui... Si je veux...


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Marisa se tenait face à sa mère Angelina, seule à seule dans son bureau, la chef des Bailarina restant calmement assise dans son siège à la lumière de la serre derrière elle. Sa fille, elle, était un peu stressée, car elle savait qu'une discussion mère/fille dans un tel contexte, où même son père n'était pas là, était forcément très importante, et possiblement une mauvaise nouvelle pour elle.

-Angelina : Je viens d'avoir des nouvelles du cours de Bartida, ma fille. On m'a tout raconté.

-Marisa : Ah... Et donc ?

-... J'aimerais que vous arrêtiez de vous impliquer dans les déboires de votre sœur. Je comprends l'union qui vous lie et qui forme une telle solidarité, mais défendre votre sœur dans un tel contexte n'est pas acceptable. Vous devez penser à votre image en tant que future chef des Bailarina.

-Marisa : Mais c'est le professeur qui l'a...

-SIlence !


La voix forte, autoritaire et charismatique d'Angelina ne laissa pas la moindre chance à sa fille, cette dernière ne pouvant que baisser les yeux penaude et laisser sa mère continuer. Elle savait pertinemment que dans une telle situation, il ne lui servirait à rien de protester davantage, sa mère ayant son point de vue, qui ne changerait sous aucun prétexte.

-Vous avez un devoir à accomplir, ma fille, qui passe par des sacrifices. Vous ne pouvez pas répondre des erreurs de votre sœur juste par amour, ce n'est pas comme cela que marche notre famille et vous le savez très bien. L'image et nos relations extérieures doivent être votre priorité, quitte à faire des choses qui vous déplaisent, surtout pour de telles futilités.

Marisa serra les dents à cette dernière phrase, et pour la première fois afficha un visage rempli de colère et de rébellion, qui fit face avec force au regard de sa propre mère. Tout cela avait assez duré, il était temps de crever l'abcès.

-Comme sacrifier sa propre fille, par exemple ? C'est une futilité ça aussi ?

Angelina fut autant surprise par le caractère à cet instant de sa fille que par les mots qu'elle venait de prononcer, mais la chef des Bailarina reprit vite son regard calme et ferme.

-... Je ne ferais pas l'affront de vous demander pourquoi vous êtes au courant à ce sujet. Je devrais être plus prudente lorsque je traite de tels sujets avec mes collaborateurs.

-Marisa : Collaborateurs ?! Vous êtes près à sacrifier Violetta juste pour préserver votre position ?! Comment osez-vous lui faire ça ?!

-Pour la sécurité et la prospérité de la famille, oui, je le ferais. Vous comptez m'en empêcher ?

-...

-Si vous décidez de le dire à quelqu'un, y compris Violetta, tel sera votre choix. Mais ça ternira juste notre image, rien de ce qui a été convenu avec ces personnes ne changera. Et ne songez pas non plus à la faire fuir. Premièrement, la vie dehors ne convient pas à une telle incapable, et "ils" la retrouverait rapidement. Deuxièmement, cela pourrait mettre à mal la vie de chaque personne présente dans ce manoir. Seriez-vous à même d'assumer de telles conséquences ?

-... Je ne sais pas...

-Il est vraiment temps pour vous de grandir, très chère. Vous êtes sensée prendre ma place, cela veut dire faire des choix douloureux pour le bien commun. Si vous ne le comprenez pas, vous n'êtes pas digne de me succéder.

-... Je veux que ce soit moi.

-Pardon ?


Marisa gardait son air déterminé malgré les mots de sa mère, ne flanchant pas. Ses poings étaient serrés, et elle ne tremblait pas d'un pouce.

-Marisa : Ils vous ont juste demandés l'une de vos filles, non ? Envoyez-moi à sa place ! Ainsi, je sauverais autant ma sœur que la famille Bailarina. C'est un choix pour le bien commun, ça, non ?

Sa mère soupira face à ses propos, et sans répondre immédiatement, se leva de sa place et s'approcha de Marisa à portée de bras, plongeant son regard profondément dans le sien, ses propos étant durs et secs.

-Angelina : Il est hors de question que je sacrifie ma fille destinée à de grandes choses pour ce déchet que j'ai honte d'avoir mis au monde. Soyez réaliste, vous n'avez clairement pas la même valeur qu'elle.

Ces mots glacèrent le sang de Marisa, qui avait écarquillé les yeux. Quelqu'un frappa alors à la porte, Angelina la laissant rentrer d'un simple ordre oral. Il s'agissait de son mari, qui lâcha d'une voix stressée :

-"Elle" est là pour le rendez-vous hebdomadaire. Elle nous attend dans la salle de réunion Est.

-Angelina : Je vois. Reportons cette discussion, Marisa, j'ai à faire.


Marisa ne bougea pas d'un pouce, ayant baissé le visage et regardant le sol en silence, alors qu'Angelina prenait des dossiers sur son bureau et rejoignait le père avec stature et charisme, s'adressant à ce dernier comme un sous-fifre.

-Angelina : Tu as pris tes dossiers à toi ?

-Je n'ai pas eu le temps... Je suis venu te voir direct, je les ais oublié dans mon bureau...

-Tss... Peu importe, nous ferons sans, on ne peut la faire attendre. Allons-y.


Le couple Bailirina partit alors sans tarder dans le couloir, laissant en plan Marisa qui n'avait toujours pas bougé. Plusieurs secondes, très longues, passèrent sans un bruit, sans un mouvement, puis soudain, la jeune Joliflor leva un regard plein de colère et de détermination en direction de l'entrée, et partit en trombe du bureau, fonçant sans hésiter dans les couloirs. Passant par les raccourcis qu'elle connaissait, et évitant au maximum d'être vue par qui que ce fut, elle termina très rapidement devant le bureau de son père. Comme elle s'y attendait, celui-ci, dans la précipitation, avait oublié de fermer à clé. Entrant avec conviction dans ce dernier, elle fouilla les dossiers de son père, jusqu'à tomber sur celui qu'elle cherchait, ayant exactement la même apparence que celui qu'avait sa mère auparavant. Elle l'ouvrit sans hésiter, et tomba sur un récapitulatif de toutes les transactions dont elle avait entendu parler avec cette dénommée Shaymin, ainsi que des informations précises sur le fait qu'elle gérait, officieusement du moins, tout l'archipel à l'heure actuel. Elle tomba également sur des informations sur le parti rebelle dont elle avait déjà entendu parler, apparemment cachée sur l'archipel du Dingue. Et enfin, elle tomba sur la transaction concernant sa sœur.

-Marisa : ... Je ne te laisserais pas tomber Violetta. Jamais je ne t'abandonnerais, tu peux me croire.

Elle ferma le dossier et repartit dans le couloir avec, fonçant dans une des zones les plus reculées du manoir, là où vivaient les servantes. Elle rejoignit alors celle en laquelle elle avait le plus confiance, et qui l'une des rares à apprécier Violetta : Marlène, l'une des femmes de la famille Parasect. Celle-ci faisait tranquillement la lessive des jumelles, seule dans la salle, et regarda Marisa arriver face à elle l'air très étonné.

-Marlène : Maîtresse... ? Que faîtes-vous ici avec ces documents ?

-J'ai un ordre urgent à te donner, Marlène. Tu m'avais bien confié que tu avais un ami proche chez les rebelles ?

-Chut, pas si fort, Maîtresse, vous savez très bien ce qui m'arriverait si quelqu'un d'autre que nous l'apprenait...

-Je veux que tu lui confies ça immédiatement. Ceux sont des informations très importantes pour lui sur leurs ennemis.

-... Maîtresse, vous êtes sûre ? Que se passe-t-il au juste ?

-Ne posez pas de questions et partez au plus vite par l'un de nos échappatoires secrets. Je peux te faire confiance, Marlène ?

-Très bien, je vous obéirais quoiqu'il arrive de toute façon. J'espère que vous savez ce que vous faîtes...


La servante partit par un couloir isolé avec les dossiers de Marisa en courant, alors que cette dernière expirait en essayant de se calmer, tout en gardant son air déterminé. Elle empêcherait tout cela d'arriver. Elle permettrait aux rebelles d'éliminer ceux qui veulent enlever sa sœur, et dès lors, tout s'arrangera, autant pour elles pour la famille, voir même l'archipel. Cependant, ces pensées positives et ambitieuses biaisa la jeune Joliflor, et ne lui permit pas de voir l'ombre qui se trouvait au coin de la porte par laquelle elle était entrée partir peu après cette conversation.

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Re: L'Archipel du Dingue

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