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Doub
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Re: Archipel abandonné

le Sam 12 Jan - 0:05
https://www.youtube.com/watch?v=ojL5Y5HvOlE (vitesse x2)

Vel écarquilla les yeux. Il pensait qu'après avoir complètement immobilisé son adversaire dans la glace, il aurait effectivement remporté le combat et son défi. Mais son adversaire... Quel...
Le Gijinka Lockpin avait envie de hurler, alors qu'il n'avait peut-être que quelques secondes disponibles pour sauver non seulement sa peau mais aussi celle de Johnny. Mais comment le sauver ? Atténuer les dégâts d'une explosion était un jeu d'enfant pour lui et ses oreilles... mais le problème était tout autre si il s'agissait de protéger la bombe elle-même ! Il devait empêcher complètement le Gijinka d'exploser, et ce, par n'importe quel moyen. Si ce Sinistre avait un dernier recours... alors...

L'aura des poings de Vel passa au rouge. Ses poings brûlaient. Il brisa d'un coup l'entièreté de la glace qu'il avait lui-même eu tant de mal à placer autour de Johnny, saisissant l'homme Smogo avec ses oreilles. Son aura changea à nouveau au jaune, alors qu'il martelait le kamikaze de coups de poing. Il devait lui infliger soixante coups de poing en moins de dix secondes. Vingt coups pour déclencher l'effet final de chaque posture l'un après l'autre. Un, deux, trois, quatre, cinq... Les bras du Gijinka Lockpin bougeaient trop vite pour qu'une personne normale parvienne à les compter. Mais lui y parvenait. Ses yeux étaient crispés. Le sang courant à travers ses veines si vite que c'en était douloureux. Vingt. Toutes les nouvelles marques en forme de tête de lapin s'illuminèrent, électrocutant Johnny Darsh sur l'ensemble de son corps. Une, deux... les secondes qui courent... Vingt. Encore une fois, les vingt marques s'illuminèrent, causant des combustions instantanée sur leurs emplacements. Maintenant, Johnny brûlait. Encore plus qu'avec sa propre technique. Encore vingt coups... 8... 10... 14... 17...

-DERNIER RECOURS !

Vel asséna le vingtième coup. Sur le corps désormais complètement détruit de son adversaire, les vingt dernières marques n'étaient pas en forme de têtes de lapin. Elles avaient l'apparence de vingt étoiles.

L'aura du disciple de Rensha avait disparu complètement. Plus un fragment. Et alors qu'elle disparaissait, les flammes, la glace, le coton qui avaient subsisté sur Johnny se désintégraient... et ses cloques aussi, sa température diminuant brutalement. Et l'aura du Sinistre diminuait, à une vitesse phénoménale. Elle diminua, diminua... jusqu'à disparaître, devenant aussi infime et invisible que celle de Vel. C'était en quelque sorte sa posture ultime. Le vingtième coup réduisait à néant l'aura adverse, mais il fallait avoir enchaîné le vingtième coup de chaque autre élément d'abord. Ce qui faisait un total de quatre-vingt attaques. C'était sa version du Dernier Recours.

Vel tomba sur les fesses, les bras ballants. Il se sentait épuisé. Il restait en garde au cas où Johnny tenterait à nouveau une technique similaire, mais il se sentait désormais clairement incapable de répéter ce qu'il venait de faire par désespoir.

-Putain... Putain... Je t'ai dit de PAS faire ça, merde... Ça va cinq minutes, de jouer les terroristes... En plus j'ai dû détruire le lit que je t'ai fait... Bon, ça va, maintenant ? T'y crois, quand je te dis que tu vas rester en vie, maintenant ?

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Annie Panda
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Re: Archipel abandonné

le Sam 12 Jan - 1:11
-Johnny : ...

Dégonflé, rué de coups, les genoux au sol, l'homme Smogo n'avait plus aucune force en lui. Il avait cru que son instant était venu. Il était enfin heureux. Il avait cette extase qu'il pensait possible qu'à sa mort... Et il est encore là pour en témoigner. Rien à faire... Son adversaire avait gagné son pari. Johnny soupira et se sortit tranquillement un joint avec le peu d'énergie qu'il lui restait, l'allumant et le fumant tranquillement face à l'homme Lockpin.

-... T'as gagné, j'essaierais plus de claquer pour ce combat, t'inquiète... Je crois toujours pas à ton trip, mais en même temps, j'ai ressenti un truc pendant ce combat qui m'a vraiment intrigué... Ca me ferait chier de crever sans avoir essayer de comprendre ce que c'est.

L'homme Smogo laissa échapper une volute de fumée et regarda vers le Sud, l'air pensif, même si ça se voyait peu sur son visage boursouflé.

-... Cependant, j'espère pour toi que c'est le plus fort d'entre vous qui a pris l'île au Sud d'ici. Je pense que oui, il ne doit pas être stupide. Du coup, il a peut-être une chance... M'enfin, si votre défi impose vraiment que vous nous neutralisiez tous les quatre, en plus de cette... condition supplémentaire que vous avez rajouté... Surtout avec ce qui nous attend au bout...

Johnny eut un léger sourire narquois et regarda tranquillement son ancien adversaire.

-Je peux vous assurer que la femme qui lui fait face fera tout l'en empêcher ~ Car même si les Sinistres n'ont pas de chef, si il y a bien une personne qui nous surplombe autant en puissance qu'en désespoir... C'est bien Blizza ~


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https://www.youtube.com/watch?v=ZUlAytznxn4

A côté du vacarme qu'on put causer les trois autres combats des Sinistres et des Disciples de Rensha, l'île juste au Sud de celle-ci semblait particulièrement... calme. Sans le moindre remous. On ne pouvait pas entendre un bruit, même les gouttes de pluie elle-même. En effet... Celles-ci ne s'écrasaient pas sur le sol sur cette île. Formant un véritable dôme, chaque goutte descendant à une certaine hauteur ralentissait progressivement et commençait à s'éloigner de son point d'impact d'origine, traçant une spirale inversée avec son parcours. De plus, au fur et à mesure que les gouttes approchaient du sol, celles-ci se gelaient légèrement et prenaient une nouvelle forme, jusqu'à devenir de grands flocons de neige, sublimes et visibles à l’œil nu, qui venait se disperser contre le sol dans un bruit cristallin que même la meilleure oreille ne pouvait entendre. formant un cercle de poudre neigeuse parfaite au niveau du sol, sur un rayon de plus d'un kilomètre autour de deux combattants de cette île, qui n'était du coup pas du tout atteint par la pluie. La responsable de cet étrange phénomène, la dernière des quatre Sinistres, Blizza, regardait le Ciel l'air mélancolique. Elle détestait la sensation de la pluie contre sa peau, voilà tout. Comme toute autre sensation sur sa peau d'ailleurs. Et puis, les gouttes d'eau lui rappelaient les larmes de son enfance... Ces flocons de neige étaient en soi beaucoup plus agréables et appropriés pour elle.

*Johnny... Mirabelle... Devora... Laissez-moi deux minutes le temps de m'occuper de mon adversaire, et je viendrais vous prêter main forte...*

Ces derniers n'étaient plus à portée de la protection de Blizza. L'homme en armure dorée qui se trouvait devant elle l'avait séparé d'eux. Posant son profond regard violet sur son adversaire, la femme Blizzaroi eut un frisson de malaise et remonta son col, s'assurant que son corps était le plus recouvert possible. Cet homme lui faisait clairement mauvaise impression. Elle avait une impression bizarre de malaise en le regardant. La façon dont elle interpréta cela était un pressentiment... Cet homme allait-il réussir à la toucher ? Cela serait bien la pire chose qui pouvait lui arriver... Pas une seule personne n'avait pu la toucher depuis la mort de son père... C'était hors de question que cela change maintenant. Réprimant ses peurs, le visage glacial de Blizza se posa sans une émotion sur le mystérieux Munja, sa voix étant froide et sans la moindre compassion.

-Blizza : C'est toi et tes compagnons qui avaient brisé notre plan, n'est-ce pas ? Bah, j'aurais du me douter que c'était trop facile... Cependant, je me demande quand même d'où tu sors... Qui es-tu, qui sont tes camarades, et que faîtes-nous face à nous ?

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Joey Kirks
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Re: Archipel abandonné

le Sam 12 Jan - 1:49
L'homme-Munja regardait la neige qui virevoltait autour de lui. La Sinistre ne pouvait pas voir son regard car son épais casque et son masque ne laissaient entrevoir que deux fentes noires, mais il regardait la neige avec une forme de nostalgie et de candeur. Bien sûr, il savait que cette pluie était nécessaire à Basile, mais sur cette île, cela ne lui servait à rien. Cela lui rappelait un ancien élève, qu'il avait eu il y a fort longtemps. Le temps passait vite, et le présent, déjà, devenait Histoire.

Il aurait aimé sentir le froid sur sa peau, mais il ne ressentait rien. Il aurait aimé voir son souffle se changer en une volute de fumée, mais il ne respirait pas. Il n'y avait aucun signe de vie qui émanait de lui et aucune aura, comme s'il n'existait pas, comme si la femme-Blizzaroi faisait simplement face à une armure vide. Elle n'avait pas l'air effrayée, mais elle avait l'air mal à l'aise. Il avait l'habitude de faire cet effet aux personnes qui le rencontrait pour la première fois. Avec l'âge, on s'habituait à tout. Il regarda ensuite autour de lui, sans pour autant bouger la tête. Ils étaient au milieu de ce qui aurait pu être nommé un village, ou du moins ce qu'il en reste. Au loin, il voyait une statue d'un Munja terrassant un Ninjask. Les maisons, semblable plutôt à des huttes, étaient espacées et délabrées depuis longtemps, laissant le champ libre aux adversaires. Combien de personnes étaient mortes sur cet archipel ? Beaucoup trop. Il fallait faire en sorte que cela n'arrive plus. C'était son rôle. Son but. Son passé, son présent et son avenir se résumait à cette unique tâche. Protéger les hommes qui l'entourent et, surtout, protéger le fragile Équilibre de ce monde vacillant sans cesse entre le chaos et la beauté...

L'homme-Munja écouta calmement la question de la Sinistre, bien qu'aucun signe physique ne prouvait qu'il était attentif. C'était une question sensée. Il se demanda si les autres adversaires avait demandé cela à ses élèves... Bah, c'était sans importance. Comment répondre en cette question avec de simple mots ? Il viendra un temps où il faudra lui répondre par la force de ses actes. Mais faire chaque chose au bon moment, c'est aussi une façon de préserver l'ordre du monde. Il répondit, sa voix résonnant dans l'esprit de la jeune femme, terriblement grave et ancienne, une voix ancestrale, écrasée par le temps, où semblait résonner la force et la noblesse de l'homme en armure.


-Je ne suis qu'un simple Précepteur, et ce sont mes élèves. Si je devais nous définir, je dirais que nous sommes...

Il marqua une courte pause, ses paroles suspendues dans les airs, avant de conclure :

-Une École philosophique. Ou une École tout court. J'enseigne ; ils apprennent, et j'apprends aussi dans ce qu'ils m'enseignent. Qu'y-a-t-il de plus beau ? Oui, nous vous avons séparés. C'était nécessaire pour neutraliser Eins. Pour neutraliser les Stalkers, peut-être... Mais nos ambitions sont plus grande que cela, et tu le saura un jour, peut-être, si le Schème du monde te le permet.

Il marqua à nouveau une pause, comme s'il avait tout son temps et que rien ne pressait pour l'instant. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Il arrivait à voir cette femme comme une adversaire, mais pas comme une ennemie. C'était peut-être ce qui l'avait poussé à demander à ses élèves de ne pas tuer un seul de ces Sinistres. Sa foi en ses principes, en ses valeurs humaines, étaient trop inébranlable pour que même un groupe d'assassin ne mérite pas la vie sauve.

-Par ailleurs, mon nom est Genkishi. Cela signifie "Guerrier Fantôme". J'aimerai aussi savoir qui tu es et quelles sont tes motivations. Par ailleurs, j'ai quelque chose à te proposer. Une idée... Fascinante. Oui, c'est le mot.

En un instant, alors qu'il ne semblait pas avoir pris le temps de bouger, le dénommé Genkishi changea de posture, les bras grands ouverts, ne bougeant à nouveau plus comme une statue. Il proposa alors à Blizza un paris insensé. Quelque chose de fou. Une histoire qui brillait d'espoir et d'assurance. Une histoire que le Précepteur savait atroce pour un Stalker et magnifique pour un disciple de Rensha. Un pari qui lui donnait envie de vivre et de se battre.

A nouveau, sans qu'aucun mouvement ne soit perceptible, le guerrier fantôme disparut cette fois-ci, pour réapparaître à seulement un mètre de Blizza, sa stature imposante dominant de loin la Sinistre et son regard semblant sonder à même l'âme de la jeune femme. Il ne bougeait toujours pas, mais son bras était tendu vers la Sinistre, dans un signe qui semblait appeler à l'amitié.


-Qu'en penses-tu ? J'ai confiance en mes élèves et toi en tes camarades. Nous n'avons donc aucune raison de refuser ce paris... Ne t'amuse-t-il pas, après tout ?

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Annie Panda
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Re: Archipel abandonné

le Sam 12 Jan - 2:30
La femme Blizzaroi fixait longuement son adversaire dénommé Genkishi, écoutant avec une attention toute particulière les propos de l'homme Munja sans se laisser perturber par sa voix mystique et presque télépathique. Elle n'interrompit pas une seule fois ce dernier, l'écoutant avec ce qui semblait être une forme de respect, même si c'était difficile de déterminer si c'était de la simple politesse voir même juste un silence appuyé. La femme ne cilla pas d'un pouce face au premier déplacement de Genkishi, semblant absolument imperturbable, et fit de même sur le second déplacement juste devant elle. Mais ce coup-ci, la Sinistre avait reculé calmement et posément son pied droit d'un cran, prenant clairement une posture défensive alors que ses yeux vides d'émotions ou d'espoir fixèrent d'abord le masque du Munja, puis sa main gantée.

*Bon, à la teneur de son pari, je pense que les autres ne devraient pas être en danger de mort... Ou s'ils le sont, c'est qu'ils l'auront choisi. Je ne suis pas en droit de leur voler ce choix.*

Blizza laissa passer un petit silence face à la proposition du Précepteur, puis leva finalement de nouveau son regard glacial vers le masque de l'armure, parlant toujours de cette voix calme et vide. Malgré sa posture prête à agir, la femme Blizzaroi ne semblait pas avoir la moindre peur que son ennemi l'attaquait par surprise, et ceci malgré ses déplacements instantanés. Ou en tout cas, elle ne semblait pas avoir peur des conséquences des dites attaques.

-Blizza : Tu me semblais être un homme sage et avisé... Je me suis de toute évidence trompée. Quel est ce défi ridicule ? Le sujet même est déjà en soit assez douteux, mais en plus, qu'est-ce qui me prouve que vous respecterez votre part de marché ? Et même en admettant que vous soyez tous des combattants d'honneur... Qu'est-ce qui VOUS prouve qu'on tiendra parole si vous y arrivez ? Vous lancez dans une telle aventure sans ces précieuses garanties, avec tous les risques et difficultés que cela fait courir à tes élèves... Je suis clairement dubitative.

La lieutenant Stalker croisa les bras impassiblement, avant de compléter sa réponse d'un ton catégorique.

-Je refuse de participer à ce défi. Il va à l'encontre de mes principes. Je n'ai aucune bonne raison d'accepter. Votre garantie de nous laisser rejoindre Eins et de ne plus intervenir dans la bataille, je n'en aurais plus besoin si j'arrive à t'éliminer toi et tes disciples. Ca, pour moi, c'est un résultat fiable. Tu meurs, je gagne.

Blizza laissa passer un nouveau silence, ne montrant pas plus que ça d'animosité envers son adversaire. Elle s'éloigna cependant de l'homme en armure de quelques pas en arrière, sans pour autant quitter celui-ci des yeux, laissant la main de Genkishi en suspens. L'air se refroidissait de plus en plus, jusqu'à faire possiblement geler l'armure du Munja à ce rythme-là.

-Maintenant que je suis libérée de mes craintes, je vais pouvoir prendre mon temps pour me battre... Je préfère ça, personnellement... Je peux donc te parler de moi, pour le peu que j'ai à dire. Je me nomme Blizza, et je suis l'une des quatre Sinistres. Notre objectif est assez modeste, puisque nous voulons juste faire notre chemin à notre façon, à l'encontre de ce monde gangrené. Mon amie Mirabelle cherche à accomplir ses désirs, sans regretter ses erreurs. Ma camarade Devora cherche à se venger sans une once de pitié pour autrui. Mon compagnon d'arme Johnny veut juste voir la mort l'atteindre, sans attendre quoique ce soit de l'avenir... Quant à moi...

La femme Blizzaroi tendit ses deux mains sur le côté, paumes levées vers le haut, alors qu'une fine poudre de neige commençait à se former dans de jolies spirales au creux de celles-ci, comme-ci la Sinistre tenait en ses mains des galaxies aussi pures que blanches.

-Je n'ai plus aucun espoir en ce monde. J'aide donc mes camarades à atteindre leur propre désespoir... Avant de me laisser ronger par le mien. Je ne compte plus pleurer mon sort. Je ne compte pas non plus le haïr, encore moins prier pour une vie meilleure. Je n'en rigole pas non plus. En fait, je n'y réagis plus. La vie n'est plus en moi depuis longtemps, et je ne compte pas la laisser retrouver mon corps d'aussi tôt. Une charpente de désespoir et et de glace me sied complètement.

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Joey Kirks
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Re: Archipel abandonné

le Sam 12 Jan - 12:20
L'homme-Munja écoutait calmement les paroles de la Sinistre. Malgré son absence d'expression physique, on pouvait sentir qu'il était concentré sur chaque mot prononcé par la jeune femme, les répétant mentalement pour saisir tout leur sens. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle accepte ausside facilement de toute façon. Son regard se focalisa sur la statue derrière lui. Combien de personnes devraient sombrer dans le désespoir sans jamais voir le monde tel qu'il est ? Combien de personnes ne pourrait-il pas sauver ? Il resta plongé dans ses intenses réflexions pendant un moment, jusqu'à percer le silence.

-Je vois.

Il avait dit ça calmement, ne semblant pas consterné du tout. C'était une façon pour lui de montrer qu'il essayait vraiment d'adopter le point de vue de son adversaire. Et pourtant...

-Et pourtant, ton raisonnement est plein de failles. Tu ne nous fais pas confiance, mais tu apparais plus relaxée. Tu es donc sûre que tes amis vont vaincre mes élèves, ou alors tu me crois lorsque je dis que nous ne tuerons aucune personne lors de ces combats. De même, tu dis qu'il n'y a aucune vie en toi, qu'il n'y a que du désespoir. C'est quelque chose que j'ai longtemps cru moi aussi. Pourtant, n'as tu pas l'espoir de revoir tes camarades ? N'as tu pas l'espoir qu'ils gagnent ? Et paradoxalement, n'as tu pas l'espoir que vous sombriez tous dans un profond désespoir ?

L'homme en armure doré secoua la tête, de façon tout à fait normale cette fois-ci, semblant contrarié par tant de paradoxes. Il baissa alors légèrement la tête et remarqua que son armure commençait à givrer de part en part. Sok regard se concentra à nouveau sur celui, vide et froid, de la femme Blizzaroi.

-Enfin, n'as tu pas un coeur qui bat et qui irrigue ton corps ? N'as tu pas un souffle ? N'as tu pas des pensées ? Nul ne choisit la vie ou non, pas même celui qui se suicide. Le nihiliste ne vit que dans l'illusion de la mort et d'un monde «gangrené» alors que la vie est partout, incassable, immortelle, subsistant dans un fragile Équilibre, horrible et belle, froide et chaleureuse, paradoxale mais pleine d'espoir... Comme l'homme.

Alors que son armure gelait de plus en plus, sans qu'il soit possible de savoir si le Précepteur subissait vraiment le froid ou non, il continuait à parler sans se préoccuper de ce qui se passait autour de lui. Au bout d'un moment, de façon instantanée, une seconde armure apparue juste à côté de celle givrée, celle-ci ne semblant plus du tout être affectée par le froid. Genkishi laissait donc geler son ancienne armure à côté de lui, tandis que l'autre bougea de façon instantanée à nouveau, prenant tout à coup une pose consternée, les bras croisés.

-Tu trouves mon pari stupide et je ne peux pas t'en vouloir. Tu es aveuglée par ton désespoir qui t'empêche de voir le monde avec lucidité. Tu ne peux donc pas comprendre ce qu'il y a de beau dans un acte de foi... Oui. Ce pari est un acte de foi, un acte d'espérance et tu te forces donc à croire que c'est stupide car tu refuses l'appel de l'espoir. L'espoir de voir mes élèves gagner. L'espoir de préserver l'Équilibre. L'espoir de vivre. L'espoir de vous neutraliser, encore et encore, seul ou à plusieurs, si jamais vous tentez de nous trahir. L'espoir de sauver les personnes comme vous, pauvres Sinistres, de vous extirper de votre marasme de désespoir pour vous montrer que l'espérance et la foi en soi sont des valeurs qui vacillent parfois mais qui ne meurent jamais. Es-tu capable de comprendre une telle chose, toi qui te crois morte et désespérée ? J'étais comme toi il y a bien longtemps, mais l'expérience m'a prouvé que j'avais tort.

En un instant le Munja changea à nouveau de posture, ses mains sur les hanches, l'air déterminé.

-En tant que Précepteur, laisse moi te donner une leçon particulière. Une leçon d'espérance. Oui, c'est cela même. Mon École va neutraliser vos corps mais il va tuer votre désespoir.

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Annie Panda
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Re: Archipel abandonné

le Sam 12 Jan - 13:41
Même si l'air continuait de refroidir drastiquement, Blizza n'avait toujours pas agi pendant tout le temps où l'homme Munja défendait son point de vue. Tout au plus, elle avait analysé avec prudence le fait que chaque nouvelle image échappait aux gelures, comme-ci chaque apparition réinitialisait Genkishi. Mais elle se contenta de se le noter dans son esprit, restant toujours aussi imperturbable face aux propos du Percepteur. De toute évidence, cet homme faisait preuve d'une foi inébranlable. Il ne pouvait pas être plus aux antipodes des principes de la femme Blizzaroi, mais au moins, elle devait reconnaître qu'il avait l'allocution pour défendre de tels préceptes dans un monde aussi tourmenté. La Sinistre laissa échapper un léger soupir, fermant les yeux dans ce qui semblait être une réflexion aussi paisible que maîtrisée. Encore une fois, la Stalkeuse ne semblait pas craindre un seul instant que son adversaire l'attaquait par surprise pendant ce temps. Elle brisa alors le silence en rouvrant les yeux, toujours aussi glacial, semblant avoir fait profit de ces quelques secondes de recul.

-Effectivement, comme tu dis, espérer du désespoir est paradoxal. Mais c'est là juste ton interprétation de ma vision des choses, pas la mienne. Je ne me vois que comme un outil. J'ai dédié mon corps, mon âme, mon esprit, tous usés et brisés par la vie, à une autre cause : Celle des Sinistres. Certes, je me consacre toute entière à faire en sorte que mes camarades atteignent leurs sinistres objectifs, mais ce n'est pas là de l'espoir. L'essence même de l'Espoir est faite de lumière. Moi, je me contente d'appliquer ce pourquoi je me suis abandonnée. Je suis une arme de désespoir, qui a laissé ses émotions et ses sensations en arrière au profit de cette apogée que des personnes comme toi ne peuvent comprendre.

Une légère poudreuse semblait s'échapper des vêtements et des cheveux de Blizza, s'envolant aux quatre vents. Elle n'avait pas pour habitude d'expliquer ses pouvoirs à ses adversaires, mais celui-ci le méritait, et de toute façon, ce combat était plus verbal qu'autre chose. Pas comme-ci il avait une chance de la neutraliser malgré ses explications.

-Tu l'en viens maintenant à la question de mon corps... Je trouve cela fallacieux et déplacé, mais très bien. Je vais te donner tort là-dessus dans ce cas. Car je n'étais pas métaphorique quand je disais n'être qu'une charpente de désespoir et de glace. Non, mon cœur ne bat plus pour ce monde. Mon corps ne s'irrigue plus non plus, et n'émet plus de souffle. Car ce corps, je l'ai abandonné. C'est là le concept même de mon Art Interdit. Celui-ci est passif, constamment activé, et me met en communion avec le temps et l'espace. Cependant... Il me fait perdre en passage toute forme physique, aussi longtemps que je suis sous son effet. Et je ne compte pas le désactiver de si tôt.

La lieutenant Stalkeuse laissa passer un nouveau blanc, puis ajouta finalement, d'une voix froide et implacable.

-Il est temps d'accompagner les mots par des actes, ne crois-tu pas ? Art Interdit, Neige Intemporelle.


https://www.youtube.com/watch?v=ZAZBJ6bNTXU

Blizza commença à expirer calmement les yeux fermés, alors qu'un véritable blizzard s'était abattu sur le terrain, et que le temps semblait perdre contenance autour des deux adversaires. C'était comme-ci ce dernier se pliait désormais à la volonté de la femme Blizzaroi, alors que la peau visible de cette dernière commençait à devenir blanchâtre, la Sinistre parlant d'une voix à la fois forte et parfaitement calme.

-Tu te prétends avoir été comme moi auparavant, n'est-ce pas ? On pourrait dire alors que nous avons fait deux choix différents. Mais de mon point de vue, celui qui se laisse aveugler par ses convictions, ici, c'est toi. Ta foi inépuisable et ta confiance en l'humanité sont louables, mais complètement dénuées de vérité.

Le cours sembla louper un battement, dans une distorsion spatiale qui déforma l'atmosphère environnante, alors que la peau de Blizza était devenue totalement blanche et pure comme de la neige. Ses jambes et ses bras commençaient d'ailleurs eux-même à se transformer en de la poudreuse volant au vent, tournoyant vivement dans un cyclone magnifique. Blizza gardait toujours ses yeux fermés, alors qu'elle parlait sans hésiter un instant.

-Cette Foi que tu bénis tant, est utilisée à tort et à travers pour manipuler et desservir. Tu pourrais toi-même être devenu un instrument inconsciemment, souvent d'une cause que tu n'as pas choisie. Là où moi, je ne crois, et ne peut que suivre ma pauvre voie.

Désormais, c'était presque tout le corps de la femme Blizzaroi qui s'était transformé en poudreuse, seule sa tête restant visible tel le visage d'un fantôme figé dans le temps.

-Cette Foi que tu bénis tant, est l'abri des faibles et des vaincus, ceux qui ne peuvent faire face à la cruauté de la vie. La Guerre hurle sa rage. La Mort se pavane. La Société crie sa corruption. Tout ceci n'est qu'un monde de souffrances continu, sans Paix ni Justice, où les gens préfèrent se blottir bien évidemment dans une foi souvent divine, pour se persuader que tout cela n'est pas vrai, qu'il reste toujours de l'espoir, du moment qu'on croit en nous.

Les yeux de Blizza s'ouvrirent enfin, totalement blancs, alors que la Sinistre terminait ses propos toujours de son ton glacial.

-Cette Foi que tu bénis tant, a tort, Genkishi. Nous sommes nés au dessein même de la souffrance. Nos créateurs veulent notre destruction. Nos supérieurs veulent notre soumission. Nos frères et sœurs veulent notre éviction. L'espoir n'est là que pour que nous survivions psychologiquement, pour pouvoir subir tout cela. Nous servons une cause de malheur auto-destructrice depuis le début, et cette spirale est comme le temps : Elle ne s'arrête jamais.

Finalement, la lieutenant Stalker disparut totalement, ne semblant plus faire qu'un avec la poudreuse tournoyant autour du Munja. La neige semblait dans une phase complètement différente de celle de Genkishi, semblant inatteignable et intemporelle, alors que le temps commençait progressivement à ralentir sur l'île. La voix de la femme Blizzaroi résonnait tout autour du Précepteur, dans un écho glacial et mystique.

-Tu veux... Me faire... Une leçon d'espérance... Prend tout ton temps... Alors que tes mots deviennent de plus... en plus... difficiles à émettre... Moi... Je compte bientôt t'éliminer...

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Re: Archipel abandonné

le Lun 14 Jan - 21:20
L'homme-Munja observa calmement, toujours sans bouger, son adversaire qui se changeait peu à peu en poudreuse, tandis qu'elle discourait longuement sur la profondeur de son désespoir. Genkishi songea tristement à ce qu'avait dû subir cette femme. Lui aussi avait détesté son corps. Lui aussi l'avait renié. Mais il avait rencontré un homme qui l'avait sauvé, lui, parmi tant d'autres, sans qu'il ne sache jamais pourquoi. La tristesse, profonde et sincère, transparaissait dans ses paroles figées par le temps.

-Je vois... Tu n'as... Pas... Encore... Trouvé... La personne... Qui va... Te... Sauver

https://www.youtube.com/watch?v=vbamxVatGjI

La femme-Blizzaroi put alors voir clairement une nouvelle armure émerger lentement de l'ancienne. Les mouvements de la nouvelle armure étaient d'abord lents et lourds comme si elle se muait dans de l'eau, jusqu'à ce que ces derniers deviennent plus fluides et rapides jusqu'à atteindre la vitesse habituelle d'une personne normale. De même, les paroles du Précepteur devenaient de plus en plus rapide, échappant au ralentissement temporel, pour se stabiliser à une vitesse habituelle.

-Je n'ai qu'une certitude, c'est que je suis le maître de mon corps et que personne d'autre que moi ne peut le contrôler. Tu me crois manipulé, je te répondrais simplement en te disant que ma foi, je ne la place qu'en moi-même, et par la même, en me persuadant que je peux faire le bien alors que je ne suis personne d'extraordinaire, je comprends que n'importe qui peut le faire. Croire en soi, devenir maître de soi, c'est comprendre que chaque personne en est capable à son tour. C'est sortir du désespoir... Qu'y-a-t-il de plus beau ?

Le professeur resta silencieux pendant un instant, fixant la neige qui tournait au ralenti tout au tour de lui.

Il revoyait Regen, incrédule, devant le Manoir de ses parents réduit en cendre.


-Nous avons tous goûté au désespoir d'une façon profonde et violente dans mon Ecole. Nous vivons dans une guerre sociale et politique qui ne s'arrête jamais ; la paix n'existe pas. Nous souffrons tous. Même avant la guerre entre les Kentucky et les Dacotas, des gens souffraient.

Il revoyait le visage de son frère et il entendait les cris de la foule tandis que son propre visage était recouvert de terre, pelletée après pelletée.

-Pourtant, trouver la beauté, la vraie, l'espoir, le vrai, c'est cela la force de l'homme. L'homme est cet être qui sait cheminer vers la lumière même au plus profond des ténèbres. C'est cela que je vais te montrer aujourd'hui. L'homme est capable de subir toutes les atrocités et de continuer à espérer, pas parce qu'il est fou ou parce qu'il se berce d'illusions mais parce qu'il sait qu'au fond de lui il a cette force qui le dépasse et qui le pousse à agir, toujours, contre les tempêtes et les vagues du désespoir... Parce que l'homme ne peut renier la vie qui est en lui.

Il revoyait le sourire de Basile se briser au moment où il lui annonçait la mort de sa famille et la prise du pouvoir par Suicune.

-Tu as renié ton corps ? Très bien. Mais tu ne renieras jamais la vie elle-même. Tu ne renieras jamais ton statut d'humaine. Tu es une personne réfléchie, tu sais très bien que tu possèdes le choix entre te morfondre dans un désespoir stérile ou l'utiliser en guise de carburant pour ta force. Je ne crois pas avoir besoin de t'indiquer quel est le bon choix selon moi.

Il revoyait le visage fermé et le regard inquiet de Vel, le soir, lorsqu'il fixait la lune en repensant à sa tribu.

Oui. Ils avaient tous connu un grand désespoir. De grandes souffrances. Et pourtant aujourd'hui ils vivaient et ils avaient tous réussi à transformer ce désespoir en une source d'espérance intarissable. Il revoyait tous ses élèves défiler sous ses yeux tandis que, en un instant, l'homme Munja changea de position, le poing levé maintenant vers le ciel, tandis qu'une puissante bourrasque se fît sentir, signe qu'il venait en réalité de frapper un terrible coup de poing dans le vide. Oui. Tous ses élèves étaient la preuve de la véracité de ses propos, il en était sûr. Ce n'était pas que sa vie. C'était le quotidien de tous ceux qui subissaient la guerre mais qui décidaient de se relever tout de même. Ce combat était une guerre idéologique qu'il ne pouvait pas se permettre de perdre.

Suite à ce coup de poing, la neige fût propulsée dans tous les sens, d'abord lentement à cause du temps qui était figé, puis à une vitesse normale, le gel temporel semblant avoir cessé tandis que la Sinistre sentait son aura chuter de moitié. L'homme-Munja changea à nouveau de posture, à nouveau les mains sur les hanches, semblant satisfait de ce qu'il venait de faire.


-Tu dis vouloir m'éliminer, chère adversaire, mais pour cela il faudrait déjà que tu puisses atteindre mon corps. Évidemment, il en va de même pour moi, il faut que je puisse te toucher, ce qui me semble bien complexe sous cette forme que tu as adoptée. Il me semble donc que nous sommes tous deux dans une impasse. Je n'ai aucun besoin biologique, ce combat pourrait donc véritablement durer une éternité. Nous savons cependant tous deux que le temps presse. C'est moi qui canalise mes élèves, mais s'ils ne me voient pas revenir de mon combat après qu'ils aient gagné, je pense qu'ils n'hésiteront pas à tuer tes camarades tant qu'ils le peuvent et à venir t'attaquer tous ensemble. Qui suis-je pour remettre en cause leur liberté de penser et d'agir après tout ?

A une vitesse normale, l'homme-Munja haussa les épaules en secouant la tête, puis, en un instant, il se trouva les bras croisés.

https://youtu.be/Ak1-qLbHHCM

Sa voix, encore plus sérieuse et profonde que d'habitude, résonnait avec force à travers la tempête de neige.

-C'est pourquoi je t'incite à tout donner face à moi, pour voir si tu es capable de véritablement me blesser. Si c'est le cas, j'admettrai ma défaite et je tuerais mes élèves sous tes yeux, si les Sinistres ne l'ont pas déjà fait. Si tu échoues, tu accepteras mon premier pari.

Le Précepteur prit alors une pose théâtrale, la main grande ouverte et le bras tendu vers le vide, puisqu'il n'avait techniquement plus d'adversaire qui lui faisait face, tandis que dans un bruit sourd, les deux anciennes armures se brisaient. Sa voix résonna à nouveau, toujours sereine malgré la gravité de ses propos :

-Qu'en dis-tu ? N'est-ce pas le meilleur moyen pour toi de préserver tes amis et de me montrer la force et la profondeur de ton désespoir ? OUI ! C'est cela même et tu le comprends maintenant ! Frappe moi avec tout ton désespoir ! Montre moi sa force, sa noirceur ! Noie-moi dans ton désespoir ! J'en ressortirai plus brillant et plus fort encore, je t'en sortirai aussi et plus jamais tu n'aura à te baigner dans l'immondice de ton désespoir !

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Re: Archipel abandonné

le Lun 14 Jan - 23:08
Blizza fut assez agacée. La première chose qui la perturba fut la facilité avec laquelle le Munja s'était délié de son pouvoir. Même si sa petite bourrasque de vent ne représentait absolument rien face aux pouvoirs de la femme Blizzaroi, le fait qu'il puisse ainsi se "redonner vie", dans ce qui semblait être une étrange mue, et ainsi devenir insensible à ce qui venait de l'attaquer, était particulièrement embêtant. La deuxième chose qui la fit tiquer... Fut les mots de Genkishi. Elle avait un peu du mal à trouver quoi répondre face à une telle foi, ce qui fit que sans pour autant approuver ce qu'il disait, la Sinistre se retrouva bien incapable de répliquer quoique ce fut. Ce n'était pas juste des arguments... Elle sentait une vraie volonté, pure, ancienne et sage, derrière ces mots, et il semblait désormais puéril aux yeux de la Stalkeuse d'y répliquer d'une quelconque façon. Elle avait l'impression de faire face à une impasse autant physique que verbale, et soupira longuement alors que l'homme Munja proposait son nouveau deal. Celui-ci l'invitait à tout donner, à briser cette situation sans issue, en mettant en jeu la vie de ses propres élèves. Et Blizza savait ce que ça voulait dire.


https://www.youtube.com/watch?v=IU0rowyzjCY

-... Tu sais déjà que tu as gagné... Sinon, tu ne tiendrais pas un tel discours....

Cela ne faisait aucun doute. Dès qu'elle reprendrait une forme un minimum physique pour essayer de le vaincre, le Précepteur la vaincrait. Elle ne lui accorderait pas ça. Et en même temps, si elle ne faisait rien, ce serait sans aucun doute lui qui gagnerait à l'usure. Et pendant ce temps... Ses compagnons seraient vaincus. La femme Blizzaroi soupira, et lâcha alors d'une voix bien moins glaciale qu'avant, mais beaucoup plus brisée et mélancolique.

-Je vois que tu veux m'acculer... Mais en tant que personne ayant vaincu le désespoir... Tu ne peux pas comprendre ce qu'est le réel néant, le véritable sacrifice... Je te l'ai dit, je suis une arme dédiée au désespoir de mes camarades... Et si donner ma vie leur permet de garder cet objectif, je le ferais sans ciller. Je peux désactiver mon pouvoir à tout moment, et ainsi, me réduire à jamais en poussière. Je n'ai pas besoin d'accepter ton défi... Car j'ai déjà gagné. Adieu, Genkishi. Art Interdit, Neige Intemporelle. Désactivation.

Le temps reprit son cours normal, et soudainement, le blizzard s'arrêta. Tout était soudainement paisible, alors les flocons de neige perdaient tout comportement anormal et tomber lentement vers le sol. Au fur et à mesure que ces derniers chutaient, l'âme de la femme Blizzaroi s'affaiblissait, cette dernière sachant que lorsque le dernier flocon atteindrait le sol, cela en serait terminé d'elle. Une morte lente et paisible... Rien ne pouvait mieux coller à son désespoir actuel. Elle avait gagné son pari contre l'homme en armure. Même si Johnny, Blizza et Mirabelle se faisaient neutralisés, grâce à elle, ils pourraient continuer leur vie en tant que Sinistres, et revenir auprès d'Eins. Elle avait réussi. Elle les avait... protégé...

*Mes camarades... Mes amis... Ma famille... Les seuls que je n'ai jamais eu... Faites payer à cette misérable vie ce qu'elle vous a infligé. Je vous regarderais faire de l'au-delà...*

L'esprit de la Sinistre commençait à s'éteindre, alors qu'elle semblait mourir apaisée, ayant fait le deuil de sa propre personne il y a très longtemps. Dans son être intérieur, la femme se sentait à nue en train de couler dans un océan sans fond, le noir et le néant à perte de vue alors qu'elle effaçait désormais toute trace de sa vie. Mais à cet instant, une légère lumière jaune apparut de la surface de l'eau, la faisant légèrement écarquiller les yeux. Qu'est-ce que c'était que ça ? Des souvenirs ?

-Mirabelle : Tu es sûre que tu ne veux pas goûter, Blizza ? Ces sucettes de miel sont délicieuses, je t'assure, ça ne colle pas tant que ça ! ...

Hmm ? C'était quoi, ça ? Un simple souvenir futile ? D'une certes agréable sucette de miel, mais à quel prix ? La famine de toute une île ? Déjà sur le coup, elle avait repoussé ces pensées stupides pour se concentrer sur leur prochain pillage. Mais à peine eut-il le temps de se dire que ce fut une lumière verte qui apparut à la surface, sa lumière se mêlant à celle de la source jaune.

-Devora : Tu sais, Blizza, au début je te trouvais chiante à mourir, genre, un peu froide comme un frigidaire... Mais bon, en fait, c'était un peu rabaissant pour ce dernier, bwahahah !

Et ça maintenant ? Une énième remarque déplacée de la femme Vortente, qui n'avait jamais fait tiré un sourire à la Sinistre glaciale... Est-ce que cet humour pouvait cacher le désir brûlant de revanche et de meurtre dont la vie avait imprégné Devora ? Clairement pas. Alors pourquoi cela lui venait-il à l'esprit ? Pourquoi elle s'en souvenait d'ailleurs ? Et pourquoi une troisième lumière violette apparaissait au-dessus, semblant la tirer en dehors de cet océan avec l'aide des deux autres ?

-Johnny : Allez, tire en juste une bouffée, Blizza, tu verras, ça te fait planer de ouf... De toute façon, c'est pas comme-ci on allait avoir un lendemain, n'est-ce pas ?

Effectivement... Johnny avait raison, il n'y avait pas de lendemain... Alors pourquoi se sentait-elle désormais... Si mal ? Si mal à l'aider de savoir que ce miel délicieux, ces blagues douteuses, et ce flegme infini... Elle ne les reverrait plus jamais demain ?

*Je suis une arme de Désespoir... Je ne dois pas craindre la mort... Si je ne le fais pas pour eux trois, personne ne le fera...*

Malgré ce qu'elle disait, tout plein de scènes anodines lui vinrent en tête à profusion, la tiraillant de toute part. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi comme ça ? Pourquoi, en cet instant où la mort allait l'emporter... Elle voulait vivre ?

*Ca suffit... Laissez-moi partir vous trois... Vous savez bien que j'ai toujours du vous couver... Laissez-moi aller jusqu'au bout...*

Mais elle n'y arrivait pas... Elle... Devait... Les revoir... A tout prix... Car elle les aimait.

Devant l'homme Munja, la neige reprit légèrement vie, malgré que le pouvoir restait désactivé, et la poudreuse se regroupa pour former une silhouette humaine, jusqu'à devenir finalement le corps de la femme Blizzaroi. Pour la première fois depuis une éternité, des larmes étaient en train de couler de ses yeux, alors qu'elle regardait avec détermination Genkishi. Les autres lui en voudraient peut-être pour ça... Mais elle voulait les revoir. Elle voulait les voir aller jusqu'au bout de leur vie. Peu importait que ce fut du désespoir ou de l'espoir. Elle se battrait jusqu'au bout pour eux. Et elle ne mourrait pas tant qu'ils auraient encore besoin d'elle. Les mots sortirent tout naturellement de sa bouche, comme une véritable source de pouvoir, de courage, et d'un nouvel espoir naissant. Et c'était un véritable paradoxe, car sans doute jamais cette phrase n'avait sûrement autant emplie une personne de fierté et croyance en la vie, alors que Blizza venait de récupérer son corps.

-... J'abandonne.

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Re: Archipel abandonné

le Lun 14 Jan - 23:59
Genkishi acquiesça gravement lorsqu'il entendit son adversaire déclarer qu'il était certain de sa victoire. Évidemment, il ne s'en cachait pas. Il se doutait bien que la jeune femme verrait clair dans son jeu.

Il continua à l'écouter, hochant encore la tête avec une noblesse et une gravité à tout épreuve, ne cillant toujours pas lorsqu'il entendit les derniers mots de la femme-Blizzaroi avant qu'elle ne désactive son pouvoir. Il ne bougea pas. Il n'y avait rien à faire pour empêcher cela de toute façon. Pour le reste, il s'en remettait au Schème. Le monde a-t-il besoin de voir Blizza disparaître pour préserver son Equilibre ? Ce n'était pas à lui d'en juger. Il le savait très bien. Il n'avait donc qu'à attendre. Si son adversaire choisissait de mourir avec sérénité, c'était un choix qu'il ne pouvait lui ôter.

L'homme-Munja releva la tête pour voir la neige qui s'animait à nouveau, tandis qu'il sentait l'aura de la Sinistre se renforcer et se teinter de vie à nouveau. Le masque du Munja se transforma alors, les yeux semblant écarquillé de surprise tandis que la jeune femme réapparaissait sous ses yeux, des larmes roulant le long de ses joues glacées. Elle était là, vraiment là, et Genkishi compris alors qu'il n'aurait plus besoin de la convaincre.


-... J'abandonne.

Les mots sonnaient la défaite physique de Genkishi ainsi que sa victoire morale. De toute façon, tous ces combats n'étaient que des prétextes. Cette fois-ci, il n'était pas question de perdre ou de gagner, il était seulement question de vivre. Il hésita l'espace d'un instant à désactiver le pouvoir de Blizza, puis songea que ce n'était pas nécessaire. Il avait décidé de lui faire confiance. A nouveau, il songea à quel point tous ses actes étaient animé par sa foi, et il songea au fait que même cette femme si froide venait, en quelque sorte, de lui donner raison. En un instant, son masque changea pour afficher un visage souriant avec des yeux rieurs.

-Je n'ai jamais douter de toi et de tes choix, jeune fille.

https://www.youtube.com/watch?v=EOvo0t4qUqw&feature=youtu.be

L'armure dorée sembla s'étirer et sortit un pistolet de détresse qu'il pointa vers le ciel et qu'il actionna, une puissante détonation envoyant un signal de fumée jaune dans les cieux. Une aura rouge entoura alors les deux personnes sur l'île et ces derniers disparurent, pour se retrouver sur l'île de Basile et de Mirabelle, où les autres Sinistres ainsi que les élèves de Genkishi se trouvaient déjà. L'homme-Roigada, sirotant tranquillement son lait de coco, lâcha d'un ton flegmatique :

-Vous nous avez fait attendre longtemps, Maître.

-Haha, désolé les enfants. Je vois que vous avez tous remporté votre pari...

Il avait été hésitant sur ces derniers mots en voyant le corps meurtri de Regen, mais il comprit rapidement néanmoins que celle-ci avait visiblement gagnée, puisque la femme-Vortente se tenait tranquille.

-Et je vois même que vous avez été prêt à tout pour cela, c'est très bien. Il en allait de ma réputation et de celle de mon Ecole après tout, haha ! Je rappelle donc les conditions : des combats en face à face, entre professionnels d'une certaine manière. Chacun de mes élèves ici-présent et moi-même, nous vous avons lancé un gage, Sinistres. Un défi, plutôt, en misant sur notre victoire. Vous aurez compris qu'il s'agissait d'une preuve de confiance entre nous, d'espoir aussi. Le pari était plutôt simple, vous battre ou vous neutraliser sans vous tuer. Si un seul d'entre vous mourrait ou tuait son adversaire, mon camp aurait perdu et nous aurions œuvré aux côtés d'Eins, malgré tout le mépris que nous avons pour l'Art Interdit... Trahissant par la même notre ami Eldor Stein. Autant dire que nous avions beaucoup à perdre, haha ! Mais ce n'est pas grave...

Le ton du Précepteur se fît plus sérieux alors que le regard usé et infini que laissait transparaître son masque visait clairement les Sinistres.

-Puisque nous sommes tous vivant et que vous aussi, il est donc évident que notre victoire et totale ! Je me présente donc à nouveau, Genkishi, unique professeur de mon Ecole tout aussi unique. Notre but est simple : préserver l’Équilibre de ce monde. La vie et la mort sont deux forces antagonistes qui sont dans un perpétuel combat et c'est de ce combat que naît notre monde et notre quotidien. Nous empêchons toute personne de perturber cet Équilibre et de plonger ce monde dans le chaos ou dans une utopie déviante. Certains croient en la sagesse de Rensha, d'autres non, mais nous croyons tous que ce monde doit être préservé de certaines menaces. Nous ne sommes pas des héros. Nous ne sommes pas des sauveurs. Mais nous observons et nous agissons selon notre conviction de ce qu'est un monde meilleur.

Il marqua une pause, regardant avec fierté ses élèves. Jamais il n'avait douté d'eux et il savait que c'était réciproque. Puis il se concentra à nouveau sur le groupe de Stalkers.

-Puisque vous avez perdu... Vous savez ce qui vous attends n'est-ce pas ? Je n'ai aucun doute quant au fait que vous allez tenir parole.

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Re: Archipel abandonné

Hier à 0:19
Blizza, qui avait désormais les joues sèches, écoutait à peine le discours de l'homme Munja, marchant doucement mais très sûrement vers ses trois camarades. Mirabelle était là, emplie de désir et voulant visiblement profiter encore de la vie. Devora, même en perdant, ne semblait pas vouloir trucider instantanément son adversaire. Et Johnny... Fumait un joint l'air blasé... Mais bon, il était toujours vivant, c'était déjà notable en soi. L'homme Smogo regarda la femme Blizzaroi s'approcher, se grattant un peu l'arrière de la tête.

-Johnny : Aïe, elle va nous déboîter... Désolée, Blizza, on a tous perdu, mais je te jure, on a fait ce qu'on a-

Pour seule réponse, la Sinistre enlaça calmement et tendrement Johnny, qui en fit tomber son joint au sol. Puis la femme Blizzaroi fit de même avec Mirabelle, et enfin avec Devora, la femme les regardant fièrement. Les trois Sinistres étaient stupéfaits, la femme glaciale les touchant actuellement pour la toute première fois de sa vie.

-Blizza : Je suis la première à avoir perdue dans cette histoire... Et en même temps gagner quelque chose. Vous avez tous pris votre décision ?

Le regard des quatre Sinistres se croisèrent, et malgré leur sale état psychologique, chacun d'eux comprit parfaitement la volonté des autres, les Stalkers se tournant vers Genkishi et ses disciples.

-Devora : Bon, c'était pas trop du jeu ! Vous m'avez clairement eu à la chance !

-Mirabelle : M'enfin, c'est indéniable, vous avez gagné votre pari, je n'y croyais pas un instant, personnellement.

-Blizza : ...

-Johnny : C'est vraiment chiant... Mais on a décidé de tenir notre part de marché. Nous abandonnons tous les quatre les rangs d'Eins... Et devenons des disciples de Rensha.

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